Marcos Madrid, déterminé, ambitieux et plein d'avenir

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Marcos Madrid a achevé au début du mois de juin sa première saison en championnat professionnel de tennis de table. Ce joueur plein de promesses, âgé de 23 ans, a rejoint le Caen TTC il y a deux ans pour évoluer dans un premier temps en équipe réserve. La relégation en Pro B lui a permis de s'exprimer à un niveau de compétition tout autre. Arrivé du Mexique dans un pays qu'il ne connaissait pas et dont il ne parlait pas la langue, il a immédiatement fait l'unanimité. Portrait d'un joueur d'avenir.

À l'heure où son pays humiliait la France en Coupe du Monde de football, Marcos Madrid était dans l'avion. Pour son plus grand désarroi. Le Mexicain a beau être un cas à part en pratiquant un sport auquel seule une poignée de ses compatriotes s'intéresse (le tennis de table compte environ 600 licenciés au Mexique), il vibre comme toute une nation derrière los Tricolores.


Seulement, malgré son intérêt pour le football, le pongiste du Caen TTC avait plus important à faire que regarder son pays de naissance écourter les tristes vacances de son pays d'adoption en Afrique du Sud. Il volait vers la Chine pour préparer avec les autres membres de l'équipe nationale du Mexique les Jeux des Caraïbes, sorte de mini Jeux Olympiques rassemblant toutes les disciplines sportives. Après la saison de Pro B, Marcos Madrid a eu droit à un repos de quinze jours chez lui avant de reprendre bien vite le chemin du travail. Il passera quatre semaines dans l'Empire du Milieu, référence incontestée du tennis de table, puis débutera avec ambition cette compétition très réputée en Amérique centrale. Bosseur, Marcos Madrid ne ménage pas sa peine pour relever les défis qu'il se lance. « Il a un objectif fort que sont les Jeux Olympiques, explique Xavier Renouvin. Pour l'atteindre, il doit emmagasiner de l'expérience. »

 

Et pour emmagasiner de l'expérience, il doit voyager. À 16 ans, il a passé dix mois en Chine. Au menu : tennis de table, tennis de table et tennis de table. « C'est l'ancien entraîneur du Mexique qui m'avait proposé de venir, raconte-t-il. Le niveau des entraînements était extrêmement plus relevé que chez moi. Je m'entraînais six à sept heures par jour. C'était assez dur au début, mais je m'y suis fait. » Marcos-le-polyglotte a appris une langue de plus (il s'exprime couramment en espagnol, bien sûr, en anglais, en français et en portugais). Il est surtout rentré plus fort. À son retour, il devient champion du Mexique, un titre qu'il a glané à trois autres reprises. Le garçon est des plus prometteurs puisqu'il est numéro 1 national à 17 ans. Pourtant, la fédération s'emploie à lui barrer la route. « Le président avait un fils de mon âge que je battais souvent, indique Marcos. Il n'était pas content donc il m'empêchait de participer à certains tournois. »


Six fois champion d'Amérique latine


Sportif depuis son plus jeune âge, Marcos Madrid a vite été conquis par le tennis de table et a aussi rapidement obtenu ses premiers résultats. Après s'être essayé au football et à la gymnastique, il a découvert la petite balle banche (ou orange) à l'âge de 9 ans. Avec sa ville de Puebla, il s'est mis à sillonner le Mexique. « C'était sympa », se souvient-il. Mais l'ancien éphémère empire de Charlotte et Maximilien de Habsbourg est trop petit, et trop désintéressé par le tennis de mesa, pour Marcos Madrid. Le jeune homme exerce ses talents sur tout le continent sud-américain, décroche trois titres de champion d'Amérique du Sud en cadet, autant en junior. Il fait aussi la connaissance de collègues évoluant en Europe. C'est l'un d'eux, Thiago Monteiro, qui va faire basculer sa carrière.


« J'ai connu Marcos il y a longtemps, écrit ce dernier dans un français parfait en réponse à nos questions, quand il est venu faire un stage au Brésil, au même endroit où je m'entraînais à l'époque, à Piracicaba dans l'Etat de Sao Paulo. On est devenus amis. Quand je jouais à Caen, Xav (Renouvin, ndlr) cherchait des joueurs pour intégrer l'équipe de Nationale 2. Au même moment Marcos est venu me voir au Chili pour demander de l'aide pour trouver un club en Europe. Donc j'ai aidé comme ça, en les mettant en relation. » En septembre 2008, Marcos Madrid a posé ses valises à Caen et intégré l'équipe réserve pour ce qui était tout simplement sa première expérience en championnat (il n'en existe pas au Mexique). Beaucoup se seraient inquiétés à l'idée de débarquer seuls dans un nouveau pays, sur un nouveau continent. Pas lui. « J'aime découvrir de nouveaux endroits et je suis quelqu'un de très sociable. Ce n'est pas une difficulté pour moi de m'intégrer », sourit-il.


Londres 2012 en ligne de mire


Aidé par son coéquipier Jimmy Devaux, il s'est adapté sans problème à la vie française. Mais sa première saison outre-atlantique lui a laissé un sentiment mitigé. « Je n'ai pas beaucoup progressé, estime-t-il. Le niveau de compétition était un peu bas. Par contre, j'ai bien joué dans les opens internationaux et j'ai gagné beaucoup de places au classement individuel. » Auteur d'une « très bonne saison », selon son coach, il a vu la relégation de l'équipe première en Pro B comme un aubaine. Bien décidé à donner sa confiance à la jeunesse, Xavier Renouvin l'a nommé co-numéro 3 avec Jimmy Devaux. Numéro 93 français, Marcos Madrid n'affronte quasiment que des joueurs mieux classés que lui. « C'est très bien pour progresser », se réjouit-il. Moins pour gagner. Obligé de faire une perf' (battre un joueur mieux classé) à chaque match ou presque, Marcos Madrid a

présenté un bilan de 8 victoires pour 16 défaites cette saison, soit 33 % de succès. « Je sens pourtant que je peux gagner tous les matchs, dit-il. Mais il manque encore des petites choses pour cela. Mon gros problème est mental : j'ai du mal à finir. J'aurais pu gagner 30 à 40 % de matchs en plus. Souvent, je mène en cours de match et je perds lors du cinquième set. » Xavier Renouvin en convient, estimant qu'il « s'affole trop » mais précise qu'« il doit aussi améliorer son revers ». Adepte des longs rallyes, Marcos Madrid s'appuie plutôt sur la qualité de son coup droit. « Il exploite bien sa vitesse de bras », souligne Xavier Renouvin.


Avec ce coup fort et une détermination à toute épreuve, Marcos Madrid peut aller loin. Son entraîneur le croit en disant qu'« il peut devenir un bon joueur au niveau international. » Au printemps, lors des championnats d'Amérique latine, Marcos Madrid a perdu en quart de finale (à nouveau en cinq sets) tout en gagnant l'ensemble de ses rencontres par équipes. C'est ce genre de rendez-vous qui le prépare à son grand objectif : les Jeux Olympiques 2012. Six joueurs d'Amérique du Sud ou centrale y seront qualifiés. Il veut en être. C'est aussi pour cela qu'il multiplie les tournois internationaux, où ses résultats lui valent de grimper de mois en moins dans la hiérarchie mondiale. Aujourd'hui, Marcos Madrid est 255ème au classement ITTF alors qu'il ne pointait qu'au 330ème rang en décembre 2009. Il aimerait intégrer les 200 premiers d'ici la fin de l'année. Marcos Madrid, décrit par ses amis Thiago Monteiro et Jimmy Devaux comme « humble, facile à vivre gentil et...très grand mauvais joueur à la PS3 » est ambitieux. Et il s'en donne les moyens.


Ce qu'ils disent de lui...


 

Thiago Monteiro, ancien joueur du Caen TTC

« En tant que joueur, il a beaucoup progressé ces derniers temps, sa technique s'est amélioré d'une façon générale et avec l'expérience en Pro B et dans des tournois internationaux il va encore être plus compétitif. Comme personne, c'est quelqu'un de humble, simple et très facile a vivre au quotidien. Il y a pas de "mauvais temps" avec lui. Il y a un peu de ça en moi et c'est pour ça que j'ai eu envie d'aider. En ce qui concerne sa progression je pense que il est dans le bon chemin pour exploiter son potentiel et j'espère qu'il aidera a élever le niveau de d'Amérique Latine.

 

 

Jimmy Devaux, son coéquipier au Caen TTC

« Marcos est quelqu'un de très gentil, attachant avec qui tu passes forcément des bons moments. En tant que joueur, ce qui me frappe c'est son engagement, sa motivation à toujours travailler plus, plus dur à l'entraînement. Il n'y a jamais une baisse de motivation c'est toujours à 100%. Le fait d'arriver en France sans connaître personne, sans parler la langue montre une grande envie ET une grande détermination à devenir un bon joueur. Il faut aussi beaucoup de courage pour quitter sa famille, ses amis, sa copine... Marcos s'est très vite adapté à la vie française. Il a montré une très grande motivation pour apprendre la langue (tout seul sans cours). Au niveau du club, beaucoup de personnes ont eu une approche rapide vers lui vu sa gentillesse.
En ce qui me concerne , au début quand il avait pas d'appartement il a dormi chez moi, ce qui lui a permis de pas être seul pour les premiers soirs.
J'ai passé beaucoup de temps avec lui, je lui ai présenté mes amis, on a fait beaucoup de soirées ensemble etc. etc. Aujourd'hui nous sommes vraiment des bons amis.

Quelques anecdotes :

- Marcos a découvert la raclette en France et il en mange maintenant à peu près une fois 1 à 2 fois par semaine !!
- On joue souvent a la PS3 à Fifa il perd très souvent et est un très grand mauvais joueur !
- Il dort toujours avec un œil ouvert !!
- Enfin quand il va dans un magasin pour acheter des fringues, c'est pire qu'une fille il met 2h avant de choisir !!!

 

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