« Pourquoi pas penser aux Jeux Olympiques ? »

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François Leufeuvre, 19 ans, est un haltérophile de talent, champion de France junior en titre. Huit ans après ses débuts, c'est un sportif des plus prometteurs, spécialisé dans l'arraché. François Leufeuvre, originaire de Tahiti et licencié au Caen CHM, vise les championnats du Monde 2011 et pense aux Jeux Olympiques 2016.

À travers quelques questions courtes et précises, nous tentons de découvrir l’univers et la personnalité de sportifs caennais en devenir. Ils sont chacun champions et grands espoir de leur sport qu’ils vivent avec passion et détermination. Ils dévoilent, au fil de leurs réponses, l’amour de leur sport, leurs motivations et leurs objectifs pour l’avenir. Ils nous ouvrent de plus les portes de leur espace d’entraînement.

 

D’abord, qu’est-ce que l’haltérophilie ?

L’haltérophilie est constituée de deux mouvements : l’arraché et l’épaulé-jeté. Ma spécialité, c’est l’arraché. Il faut être dynamique et rapide. Pour l’épaulé-jeté, on passe un temps par les épaules et donc on a plus le temps de gamberger et de douter.

Personnellement, ma première qualité est mon mental, je ne me défile pas quand il y a des moments importants ! Par contre, il faut vraiment me pousser à l’entraînement pour que je fasse des performances. Il faut vraiment être derrière moi, sinon, j’ai peur parfois de tout abandonner.


Qui es-tu ?

Je m’appelle Francois Lefeuvre, j’ai 19 et suis actuellement en première ES. Je passe ces jours-ci moins de temps à l’entraînement pour plus me consacrer aux révisions du bac.

Cela fait huit ans que je fais de l’haltérophilie. J’ai découvert ce sport lors d’une initiation au collège avec Régis Bazeille qui est l’un des intervenants du club. Il voulait faire découvrir son sport aux jeunes et ça m’a bien plu. Ce n’était pas véritablement une révélation, mais plutôt comme un loisir au début. Puis, quand je me suis aperçu que je commençais à battre des initiés, je me suis dit : « pourquoi pas aller plus loin » ? Je faisais du judo avant et j’avais du mal à assumer les deux entraînements, donc j’ai dû faire un choix et j’ai choisi l’haltérophilie.

Après un an de pôle espoir sur Amiens en 2007-2008, j’ai intégré l’INSEP l’année dernière où je m’entraînais deux fois par jour. Ça ne s’est pas très bien passé avec l’entraîneur de l’équipe de France parce qu’il ne faisait pas de plans appropriés en ciblant mes points faibles pour que je me perfectionne. Alors, nous en avons discuté et j’ai décidé de faire un retour au club. Mon niveau a stagné pendant deux ans, c’était une décision importante et bonne à prendre.


Quel est ton palmarès ?

Pour mon premier championnat de France, j’ai terminé troisième. L’année d’après, en minimes, j’ai fini premier. Ça m’a renforcé dans l’idée de continuer et d’accentuer les entraînements. Après je suis devenu cadet et je suis arrivé de nouveau troisième au championnat de France, puis premier l’année suivante. J’ai alors fait un stage pour participer aux championnats d’Europe, mais sans succès. Pour ma dernière année de cadet, je me suis vraiment beaucoup investi et je suis devenu champion de France. J’ai cette fois-ci été pris pour les championnats d’Europe où j’ai fini cinquième. Enfin, je suis passé junior lors de mon année parisienne à l’INSEP. Je termine vice-champion de France. Cette année, pour mon retour à Caen, je suis champion de France junior.


Quelles qualités doit-on avoir pour pratiquer ton sport ?

Les aptitudes physiques, cela vient tout seul, à force d’entraînement. Il faut par contre beaucoup de mental, surtout dans les grandes compétitions. Les clés de ce sport sont le mental et l’entraînement. Il faut savoir se faire mal pour y arriver.


Que dire pour donner envie de faire ton sport ?

Ce sport m’a permis de faire moins de « conneries », de ne pas partir vers des chemins détournés, et surtout de me libérer autant émotionnellement que physiquement.

Si je devais le présenter à des jeunes, je leur ferais d’abord une petite initiation puis je leur dirais que tout ce qu’ils croient sur ce sport, tous les clichés, sont faux. Tous les pratiquants ne sont pas gros, petits et idiots et ça ne ralentit pas la croissance. On peut, si on s’en donne les moyens, allier le sport de haut niveau et les études. L’haltéro, c’est un esprit sain dans un corps sain. Ici, certains sont grands et fins, d’autres plus petits !


Quels sont tes objectifs sportifs et extra-sportifs ?

Mon objectif est de retourner en équipe de France, de faire les championnats d’Europe moins de 23 ans, puis les championnats du monde en 2011 sans oublier les jeux du Pacifique l’année prochaine. Et pourquoi ne pas penser aux Jeux Olympiques de 2016 ?

J’essaie de gérer le sport et les études. D’autant plus que l’haltérophilie n’est pas une discipline dans laquelle ont peut gagner sa vie aisément. Cette année, j’ai dû me réaclimater à l’entraînement du club et aux cours en lycée. J’envisage pour plus tard, soit de faire STAPS pour être éducateur sportif soit d’intégrer une prépa HEC.


Quel est ton pronostic pour la coupe du monde de football ?

Je vois soit le Portugal, soit le Brésil.


Quelques précisions: François soulève 123Kg à l’arraché et 148Kg à l’épaulé-jeté. Il est originaire de l’archipel des Tuamotu à Tahiti.


Entretien avec Rodolphe Billet, éducateur sportif au CCHM

À propose de François, dit Samo :

« Il a de belles qualités mentales et beaucoup de rigueur lors des compétitions et ce depuis très tôt. Ce sport nécessite d’être rapide et concentré et il sait l’être. Son point faible se situe au niveau des muscles des cuisses. C’est sur ce domaine que nous accentuons notre travail.

François peut cependant aller loin s’il s’en donne les moyens et s’il est dans de bonnes conditions. C’est un sport très exigeant et il faut avoir envie de faire l’effort. »


Le club comprend 400 licenciés et a accueilli de grands champions comme Romuald Ernault, aujourd’hui entraîneur national et qui a terminé 7ème aux Jeux Olympique d’Athènes en 2004. Le club affiche d’excellents résultats sportifs à tous les niveaux et est régulièrement parmi les trois meilleurs clubs français 

Enfin, Rodolphe Billet ne désespère pas d’avoir une meilleure couverture dans les médias. Les résultats et les champions sont là, mais la presse ne se donne parfois pas assez la peine de s’attarder sur ce sport.

 

Photos à suivre.

 


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