Valérie Bourel, trente ans d'une riche carrière

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À 43 ans, dont trente passés sur les terrains de football, Valérie Bourel a décidé de raccrocher les gants. La gardienne emblématique de Cormelles estime qu'il est « temps de passer le relais ». Elle s'arrête sur une ultime bonne note, une montée en deuxième division. Valérie Bourel, qui restera particulièrement impliquée au club de l'ES Cormelles, laisse derrière elle un CV impressionnant.


Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Cela fait trois ans que Valérie Bourel souhaite arrêter sa carrière de footballeuse. À chaque fois, l'absence de successeur l'a contrainte à repartir un an de plus. La gardienne cormelloise espère bien que le scénario ne se reproduira pas. « La saison dernière, je n'avais pas débuté. Mais la montée était impérative et pour cela il fallait une gardienne d'expérience. J'ai accepté de reprendre. Je me suis mis la pression toute l'année car si on échouait, c'était la mort du club. Maintenant que l'objectif est atteint, il est temps de passer le relais. Ce n'est pas l'envie qui me manque, mais j'ai plus de mal à récupérer avec l'âge et j'ai peur de ne plus être à la hauteur. Mais je serai toujours là pour épauler. » Valérie Bourel, dont le mari est aussi l'entraîneur adjoint de son équipe, veut finir sur un compte rond (30 ans de carrière) et une bonne note. Or, de toutes ses années passées devant sa ligne de but ou sur le terrain, ce sont les accessions qu'elle retient en premier. Valérie Bourel en a connu une en D1, au début des années 2000, et deux en D2 avec Cormelles.


Valérie Bourel a débuté le football « par hasard » à l'âge de 13 ans. « Quand j'étais au collège, je voulais faire un sport collectif mais je ne savais pas lequel. Ma maman a lu dans un magasine qu'une équipe de foot féminine allait se créer à Hérouville, où j'habitais. Je suis allée voir, et j'ai attrapé le virus. » Hormis deux pauses maternité (deux fils, footeux, évidemment), elle a enchaîné les saisons sans jamais s'arrêter. Après Hérouville, elle est partie au Stade Malherbe avant de rejoindre Condé. Pendant huit ans, elle a joué sur le champ là-bas. Puis en 1993, elle s'est installée à Cormelles. Dans les buts, définitivement. « J'aime m'envoler, dit-elle. Être gardienne, c'est pratiquer un sport individuel dans un sport collectif. C'est beaucoup de responsabilités. » Le CV de "Boubou", comme l'appellent ses coéquipières, est éloquent. 24 saisons et 305 matchs au niveau national (de D1 à D3), quatorze victoires en Coupe de Basse-Normandie sur les seize finales disputées... Un palmarès qui inspire le respect.


Le foot est loin d'être terminé pour elle


En trente ans de carrière, Valérie Bourel a eu le loisir d'observer l'évolution du ballon rond dans sa version féminine. Elle a pu constater qu'il se féminisait (« au début, il y avait beaucoup de garçons manqués ») et, surtout, élevait son niveau de jeu sous l'impulsion d'un meilleur encadrement. « Avant, il n'y avait pas de formation. J'ai commencé avec les seniors. C'était du pousse-ballon. Maintenant, on travaille plus à la base. Cela se répercute sur la qualité de jeu. Et on verra dans quelques années les conséquences des efforts entrepris aujourd'hui. »


Ces efforts, Valérie Bourel y contribue amplement dans son club. Sa « retraite » ne fera qu'accroître son rôle dans d'autres domaines. Déjà secrétaire du club et responsable de l'école de foot féminine, elle entraînera la saison prochaine l'équipe des U18, vainqueur de la Coupe de Basse-Normandie cette année. « Même s'il y a une vie à côté », le foot continuera d'occuper une bonne partie de son temps libre, à côté de son travail en milieu hospitalier. « Le foot est un besoin, il permet de s'évader. Il fait partie d'un équilibre. Je redoute un peu d'arrêter car je n'aurai plus cette dépense. Il y aura un manque. » Malgré sa décision, Valérie Bourel se tient prête, consciente qu'on pourrait encore avoir besoin de ses services la saison prochaine. « Dans ma tête, c'est fini. Je n'ai pas envie de reprendre, mais je n'ai pas non plus envie de laisser le club dans la difficulté. » Il y a des joueuses qu'il n'est pas simple de remplacer...

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