Nadège Labbey a bien mérité sa coupe du Monde

Envoyer Imprimer PDF
A 31 ans, Nadège Labbey disputera sa première coupe du Monde en Angleterre du 20 août au 5 septembre. Pour le pilier de l'Ovalie Caennaise, c'est un rêve qui se concrétise. Un rêve né sur le tard, toutefois. Nadège Labbey a débuté le rugby il y a huit ans. À force de travail, elle a gravi les échelons jusqu'à s'imposer en équipe de France. Une telle trajectoire était « inespérée ».


Nadège Labbey est un pilier, une présence qui rassure. C'est une des ces joueuses à côté desquelles ont sait que le « respect, la solidarité, toutes les valeurs que peut représenter le rugby et qu'on recherche aujourd'hui dans la société » ne sont pas des paroles en l'air. Nadège Labbey, dont on voit souvent le sourire avant d'entendre la voix, est une femme qui inspire confiance et sympathie. Avec trois coéquipières de l'Ovalie Caennaise, elle débutera dans moins d'une semaine sa première coupe du Monde de rugby. « Je suis très impatiente de partir, confie-t-elle. À côté du travail, tout est concentré sur cette coupe du Monde. »


L'ampleur de l'évènement mérite bien en effet qu'on y ait « déjà la tête ». Mais le parcours sportif de Nadège Labbey rend l'aventure encore plus belle. « Je viens de tellement loin... Disputer la coupe du Monde, c'est un rêve qui se réalise. J'ai énormément travaillé pour en arriver là. J'ai commencé le rugby il n'y a que huit ans. »


A l'âge où Sandra Rabier était promue capitaine de l'équipe de France, Nadège Labbey participait avec des amis au tournoi néophyte de Bayeux. L'ambiance était festive et la jeune femme de 23 ans n'avait pas spécialement d'idées derrière la tête. Pourtant, ce tournoi a marqué le début de sa carrière rugbystique. « L'équipe féminine de Caen, alors championne de France, était présente, se souvient-elle. Comme j'étais l'une des seules femmes du tournoi, Yannick Amiot (co-entraîneur de l'équipe, ndlr) m'a demandé si je voulais venir jouer avec les filles. Je ne faisais plus de sport depuis cinq ans, je bossais comme une tarée, j'avais pris 30 kilos... Ce n'était plus moi. Je cherchais un sport co, le rugby est tombé pile au bon moment. »


« L'équipe de France, c'était inespéré »


Mais Nadège Labbey ne connaît rien du rugby et doit faire avec une condition physique bien loin des exigences du haut niveau. Les débuts sont difficiles. La Viroise met deux ans à se familiariser avec son nouveau sport, à en apprendre les règles et le jeu. Une entrevue avec l'autre entraîneur de l'époque, Patrick Rémond, change alors la donne. « Il m'a dit que si je voulais me faire plaisir au rugby, il fallait que je prenne des bonnes résolutions, que je fasse les efforts physiques. Il sentait qu'il y avait un potentiel. On s'est mis à bosser et j'ai joué avec l'équipe première. »


Ses performances ont rapidement donné raison à son staff. Elles ont aussi attiré les regard au plus haut degré de la hiérarchie française. Ce qui était « plus qu'inaccessible » devint de l'ordre du possible. « Il y a deux ans et demi, mes entraîneurs m'ont dit que j'avais les moyens de participer à cette coupe du Monde. C'est flatteur, mais il y a toujours un doute. Pour moi qui n'avais jamais fait de sport à haut niveau, l'équipe de France, c'était inespéré. »

 

En février 2008, Nadège Labbey disputait son premier match international, le fameux « crunch » contre l'Angleterre. « J'ai été appelé à la suite d'une blessure. J'ai eu cette chance mais ce sont surtout mon travail et mon expérience qui m'ont menée là. » Même si le jeu est plus rapide et les impacts plus rudes, au poste éminemment exposé de première ligne, la Caennaise a « fait l'affaire ». Elle a toujours été rappelée depuis, jusqu'à cette apothéose, la coupe du Monde. Elle y va avec l'ambition de ramener l'or. « Individuellement, je n'ai pas trop d'objectif. Être championne du Monde, ça serait déjà très bien », rigole-t-elle.

 


Des projets plein la tête


Une fois le Mondial fini, Nadège Labbey en aura terminé avec l'équipe de France. Pour mieux profiter du reste : son travail (elle dessine des plans de construction dans un bureau d'études), son mari (« qui aimerait bien voir sa femme de temps en temps ! »), sa maison à terminer... « On a mis tout ça entre parenthèses il y a deux ans et demi pour se consacrer au rugby. Maintenant, j'ai envie de faire plein d'autres choses. »


Pour ne pas laisser tomber les copines, Nadège Labbey fera toutefois un an de plus à l'Ovalie, la saison prochaine. Elle s'investira aussi auprès des « petites jeunes » et de l'académie des premières lignes, destinée à « appréhender tout ce qui est du domaine de la sécurité au niveau du poste de première ligne ».


Nadège Labbey n'en sera pas tout à fait quitte avec le rugby. En 2011, elle a d'ores et déjà prévu un grand voyage en Nouvelle-Zélande, la nation qu'elle rêve d'affronter en Angleterre, pour assister à la coupe du Monde masculine. Elle aimerait aussi pouvoir regarder jouer son mari, devenu rugbyman il y a quelques années, au bord du terrain. Et fonder une famille, évoluer dans son métier qui la passionne, pratiquer un tas de sports dont elle a envie... « Jusqu'à un an et demi, je vois à peu près ce que je veux faire », sourit-elle. La première étape de ce beau programme est une coupe du Monde, tout simplement.

Commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!
 

Aidez-nous !

Vous souhaitez contribuer à la pérennité et au développement de Sport à Caen ? Aidez-nous !

Contact

Vous souhaitez :

- Écrire des articles ?
Communiquer des informations ?
-
Devenir annonceur ?

Contactez-nous : redaction@sportacaen.fr