Valeriya Berezhynska, pivot voyageur

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Vous ne connaissez pas Valeriya Berezhynska ? Filez voir un match de l'USOM à la Halle Bérégovoy et jetez un œil sur le terrain, près des paniers. La plus grande (1m93) et la plus costaude, c'est elle. Blonde, pivot, numéro quinze et un beau sourire constamment accroché au visage. Les ongles colorés ? Un petit caprice lors d'une visite à Paris avec son amie et coéquipière K.B. Sharp.


« C'est une personne facile à vivre, il est rare de ne pas la voir sourire, c'est plutôt agréable », dit d'elle son coach Hervé Coudray. « Elle est affectueuse, originale et toujours partante pour essayer de nouvelles choses », s'enthousiasme Yacine Sene, sa coéquipière, pour qui Valeriya s'appelle en fait « Vali-Valoche ». Arrivée l'an dernier à Mondeville, après une année galère à Reims, la grande Ukrainienne semble s'être bien intégrée au collectif normand. Après sa saison difficile passée dans la Marne, Valeriya n'était pourtant pas enthousiaste à l'idée de continuer sa carrière en France :  « je connaissais Hervé et quelques filles m'avaient dit du bien de lui, que c'était un bon coach, qu'il a toujours été bon. Donc, si je jouais de nouveau en France, je me disais que je n'irai qu'à Mondeville. Je voulais cependant essayer un autre pays avant, mais il n'y avait rien de vraiment intéressant et j'ai réalisé que le niveau en France est vraiment meilleur que dans beaucoup d'autres pays et que sur beaucoup de points, la France était mieux ».

 

Les liens avec la France sont aujourd'hui bien meilleurs qu'ils n'ont été, pour cette jeune basketteuse, habituée à la vie de campus américain (Houston), entourée d'amis:  «  À Reims, ce fut un peu dur. C'était ma première année, j'étais seule, je ne connaissais personne, je ne parlais pas la langue; socialement, ce n'était pas facile ». À Mondeville, elle trouve un groupe soudé,  un club aux petits soins et un coach plus que compétent. La grande blonde est donc « chanceuse d'avoir eu l'opportunité de venir et heureuse d'être ici ».

Il faut dire que la joueuse a du caractère et est consciente des efforts à fournir pour devenir incontournable en Europe. Partie de son Ukraine natale dès l'âge de 13-14 ans pour intégrer un programme d'étude-basket à Miami, elle s'est habituée très tôt à se débrouiller seule. « J'étais habituée à vivre par moi-même. Quand mon père jouait en Pologne (il était basketteur professionnel), je suis partie avec lui. Nous étions, ma sœur et moi, des enfants très indépendants ». Avant de traverser de nouveau l'Atlantique en 2008, Valeriya a ainsi passé quatre ans dans une famille d'accueil en Floride puis quatre autres à la Rice University de Houston (Texas). « Les années à Houston étaient fantastiques. J'ai eu beaucoup de plaisir, c'est là que j'ai rencontré mes meilleurs amis, j'ai beaucoup étudié et joué au basket ». Au bout d'une saison comme remplaçante, celle qui étudie la psychologie intègre le cinq majeur de son équipe et peaufine son apprentissage.

Sa taille et sa force sont aujourd'hui ses atouts. Ils peuvent parfois la desservir, cependant :  « elle a de grosses qualités d'attaque. La défense, elle sait que c'est son pêché mignon », glisse Yacine Sene pour décrire la pivot. « Je travaille sur cette thématique des fautes, je n'en suis pas fière, mais j'y travaille », analyse Valeriya qui souhaite passer un peu moins de temps sur le banc à cause d'un trop plein de fautes et « être plus utile et aider sur le terrain ». « Elle doit être un point de fixation mais ne pas se contenter de ça », ajoute son entraineur, « elle mériterait d'être capable d'être un peu plus agressive dans le un contre un y compris dans l'utilisation du dribble où elle ne cherche pas suffisamment à fixer pour attaquer ou à fixer pour redonner la balle », précise-t-il. Consciente de ses lacunes, elle se trouve néanmoins « plutôt rapide pour un pivot » et dotée d'un « bon tir ».

Celle qui a joué une coupe d'Europe pour son pays et n'en garde pas un souvenir enchanté, « ils ne me connaissaient pas, donc c'était un peu dur pour moi de comprendre les coaches, les joueuses et leurs systèmes », a joué mercredi son premier match d'Euroligue: « Je suis excitée à l'idée de jouer contre des filles de meilleur niveau, de progresser et d'apprendre de cela ».

Hors basket, l'Ukrainienne aime découvrir les petits bonheurs de l'hexagone, « j'aime la France ». N'en maitrisant pas encore la langue, elle passe beaucoup de temps avec ses coéquipières. « J'essaie de parler français, mais c'est très dur et quand j'essaie, personne ne comprend ! » Elle tentera peut-être aussi de maitriser enfin la conduite des voitures manuelles «  Je me souviens de moments très longs en voiture, où je suis à un feu rouge et il passe trois fois au vert sans que je sois capable d'avancer....horrible ! ». Un poil d'auto-dérision, de l'humour et de l'optimisme, le tout sans prise de tête; voilà ce qui caractérise la jeune basketteuse qui ne s'inquiète pas outre mesure de sa vie après le basket :  « je verrai les opportunités qui se présentent à moi. Si je peux travailler dans le sport, je préfèrerais, mais si non, je penserai peut-être à retourner étudier ».

Valeriya sera donc sous le panier, demain soir pour son deuxième match d'Euroligue face à l'équipe slovaque de Kosice. Elle aura fort à faire face aux multiples championnes de Slovaquie, quart de finalistes de la compétition européenne l'an dernier. Il s'agira alors de penser à son jeu défensif pour continuer de soutenir ses coéquipières...sur le terrain.

 

 

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