Aurélie Bonnan, Dame de coeur (2)

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Aurélie Bonnan, c'est également une tronche, un caractère, une fille que l'on remarque sur un terrain. Nommée capitaine, elle a une âme de leader sur comme en dehors des parquets. Mais son air un peu « brut de décoffrage » cache, selon ses proches, une personne sensible et au cœur gros comme ça. Aurélie ne cherche pas le conflit mais veut simplement qu'on la respecte.

Son départ de Montpellier en témoigne :  « J'étais en désaccord avec le club, et quand on a finalement trouvé plus ou moins un accord, je me suis sentie blessée, par rapport à ce que j'avais donné au club. » Elle assume ce côté " grande gueule ", et partout où elle passe, la joueuse semble laisser de beaux souvenirs.


Tu te définirais comment comme joueuse ?

J’aime jouer physique, que ce soit dur, j’aime quand il y a des contacts, j'ai du plaisir à prendre des gros écrans qui permettent de libérer des joueuses, j'aime faire de belles passes.

Tu es assez altruiste au fond, faire jouer les autres.....

Oui, j’adore ça. Je pense que j'aurais dû être meneuse de jeu ! J’aime ça, j’aime prendre des décisions sur le terrain, faire jouer. Après j'ai un peu de caractère et cela m'arrive de gueuler. Mais forcément, quand tu es exigeante avec toi même, tu l'es aussi avec les autres. Avec l'âge, j'essaie de me calmer un peu...

Pourquoi une fille du sud vient-elle se cailler à Mondeville ?

Je crois que je ne peux pas te répondre !! À l'époque où j'ai signé, je ne connaissais personne. J'avais eu un bon contact avec Hervé. À Bordeaux, je jouais beaucoup mais on avait fini assez bas. Mondeville, c'était quand même un club plutôt haut de tableau qui jouait la coupe d'Europe. Le contact avec le club avait été plutôt intéressant. Le sud me manque parce que j'aime la vie là-bas mais bon ça ne me gêne pas d'être ici. J'adore Caen, sincèrement, c'est une ville super sympa avec des gens cool.

Le rôle de capitaine, comment gères-tu cela ?

J'essaie de beaucoup communiquer avec les filles, d'avoir des retours. L'important dans un groupe, à mes yeux, c'est que tout le monde se sente investit, important et apporte au groupe. Il y a effectivement des choses sur lesquelles je vais me permettre d'intervenir, avant, pendant et après le match, mais comme d'autres doivent le faire aussi. Je pense à Lenae et Yacine. Ces filles-là font partie des leaders de cette équipe avec moi. Le capitaine fait aussi le lien avec le coach. Mais j'ai par moment besoin que les autres soient là pour que je puisse faire mon taf et souffler un peu. Le rôle du capitaine est aussi de faire sentir aux autres qu'ils sont importants et qu'on a besoin de tout le monde.

Tu as toujours été leader ?

Je pense que je suis quelqu'un qui a une grande gueule dans le basket, je suis exigeante, et je pense être un leader. Mais tu ne décides pas de l'être, ce sont les autres qui t'accordent ce rôle, tu ne t'imposes pas. Les gens décident de te faire confiance et de te donner ce rôle dans une équipe. Je pense avoir toujours eu cette personnalité et ce caractère. Après, ça ne passe pas forcément tout le temps et partout, mais bon...

Est-ce que parfois tu te dis que tu as de la chance, que c'est un privilège de faire ce que tu fais, d'avoir ce statut ?

Non, je ne pense pas avoir un statut spécial. Signer des autographes et faire plaisir aux gens, ça ne me déplait pas, mais je suis quelqu'un de très humble, je n'aime pas trop la reconnaissance. Je fais les interviews parce que ça fait partie du truc mais je n'ai pas spécialement envie de me mettre en avant. Quand il faut parler des matchs, parfois je n'aime pas trop. Quand tu as gagné, c'est facile, mais quand tu as perdu, à chaud, c'est difficile d'être vraiment impartiale dans ce que tu peux dire. Je ne me permettrais jamais de critiquer mes coéquipières, même si on peut être énervée après elles ou vice versa. Oui, je dis ce que je pense mais je m'inclue toujours dans les critiques.
je n'ai pas l'impression d'être spéciale parce que je fais du sport de haut niveau, je pense qu'effectivement, j'ai de la chance d'en faire et il y a plein d'avantages, mais comme il y a plein d'inconvénients que tout le monde ne voit pas forcément. Ce qui me fait plaisir c'est de voir les gens et les gamins heureux, de voir enfin mes coéquipières sauter dans tous les sens et s'éclater comme hier à la fin du match (l'interview a été réalisée au lendemain du match contre Cracovie).

J'ai l'impression que tu as des amies un peu partout, que tu fais un peu l'unanimité dans le championnat français, non ?

Oui, je pense que j'ai des potes dans beaucoup d'équipes. Ce serait un peu prétentieux de ma part de le dire à leur place mais je pense que dans le championnat de France, je suis respectée et appréciée. Mais tout comme je respecte et j'apprécie les gens. En général, les gens avec qui  j'ai évolué ont été contents de jouer avec moi, à quelques exceptions près.

Aurélie Bonnan en dehors du basket, c'est quoi ?

Ses potes (on est très amies avec Yacine, avec K.B, mais je m'entends bien avec les autres), mes potes du hand de Blainville, d'autres amies, des balades avec ma chienne; c'est très simple. Je suis de plus en plus casanière. J'aime bien que mes potes viennent manger à la maison, donc c'est plus soirée canapé, tranquille.

Tu es plutôt une fille de caractère sur un terrain....es-tu consciente de cette réputation qui te colle à la peau ?

Je le suis au basket mais en dehors je suis plutôt conciliante et patiente. Sur le terrain, je ne me donne pas un air, je suis là pour faire mon job et mon job c'est d'être dure, de jouer dur. Après en dehors, je suis quelqu'un qui a beaucoup de principes et de valeurs, têtue, qui aime penser qu'elle a raison. Mais j'aime discuter et échanger et j'essaie d'être là pour les gens que j'aime.

Qu’est ce que tu aimes dans le basket ?

J’aime défendre fort, j’aime quand je contre une fille, que je l’empêche de marquer et que je prends le rebond, j’aime faire des écrans pour les shooteuses, faire des passes, l’adrénaline que ça me procure, voir les filles sauter dans tous les sens après un match et être heureuses d’avoir gagné. Comme hier (l'interview a été réalisée au lendemain du match contre Cracovie), ça fait plaisir de voir les filles sourire alors qu’elles avaient tiré la gueule trois jours avant.

Hervé et toi vous connaissez depuis longtemps, on sent que parfois vous n'êtes pas d'accord....

Hervé et moi on est plus que coach et capitaine, on est amis dans la vie. Ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient parce que, quand ça pète c’est multiplié par dix. Et quand c’est bien, c’est multiplié par dix. Je pense qu’il est beaucoup plus exigeant avec moi qu’il n’est avec les autres et vice-versa. Il y a forcément des moments où ce n’est pas simple mais en général, ça se passe toujours bien. C’est quelqu’un que je connais, je sais comment il travaille, ça fait des années que je travaille avec lui, si je n’adhérais, je ne serais pas revenue.
Quand tu ne gagnes pas, ce n'est pas simple, on est tous frustrés. Tu essaies d’apporter et tu vois qu’il n’y a pas forcément de réaction. C’est de la frustration. Moi, je suis sur le terrain et lui sur le banc donc on ne voit pas les choses du même endroit et pas forcément de la même façon. Le but, c’est d’en discuter. Parfois il a raison et parfois il a tort, de même pour moi. Sur le moment, on peut avoir des mots mais ça fait partie du truc. C’est comme ça. Et puis c’est ça qui fait avancer les choses aussi. Si on était toujours d’accord ça n’avancerait pas forcément.

 

 

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