Antoine Vigier se fait une place parmi les Drakkars

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Sourire timide accroché au visage, Antoine Vigier renvoie l'image d'un garçon poli, bien élevé, gentil. Un peu trop même, aux dires de ses coéquipiers, qui apprécient cependant le calme et l'humeur égale du jeune homme. Âgé de 22 ans, le défenseur des Drakkars est arrivé cet été en provenance de Mont-Blanc, club qu'il retrouvera ce soir avec la volonté de prendre « une petite revanche personnelle ». Recruté comme septième défenseur, il s'impose progressivement dans les rangs caennais.


Comment es-tu venu au hockey ?

Complètement par hasard. J'ai un frère qui a un an et demi de plus que moi. Quand on était petits, on faisait connerie sur connerie. Pour qu'on se dépense et qu'on se calme, nos parents ont voulu nous inscrire dans un sport. Le hockey était le seul sport qui nous acceptait car on était très jeunes. J'avais 4 ans. J'ai commencé à Clermont, où mes parents ont déménagé quand j'avais deux ans.


Quel a été ton parcours ensuite ?

J'ai joué à Clermont jusqu'à 12 ans. Après, l'entraîneur que j'avais là-bas est parti au Canada. Il m'a proposé de faire un essai. J'y suis allé. J'ai été pris dans une très bonne équipe à Drummondville. Ça valait la peine de rester. J'ai passé deux années là-bas en catégorie Piwi. Ma mère a voulu me faire rentrer plus près de la maison. Je suis allé à Genève. J'y ai passé six années. J'ai ensuite passé mes deux dernières années à Mont-Blanc.


Aller sur un autre continent à 12 ans, ce n'est pas rien !

Sur le moment, je ne me rendais pas compte. Je me sentais assez mature et assez prêt. Avec du recul, je me rends compte que j'étais vraiment jeune. Les six premiers mois ont été très difficiles. Après, j'ai passé deux années excellentes. Ça m'a apporté beaucoup de choses humainement. Je suivais les cours normalement et j'avais deux entraînements et deux matchs par semaine.


Pourquoi être parti à Genève à ton retour ?

Parce que c'est un bon club, avec de bonnes structures, un championnat plus évolué qu'en France, avec plus de matchs, moins de déplacements... Les entraîneurs de Genève étaient Canadiens et connaissaient ceux que j'avais là-bas. La relation s'est faite comme ça.


Pourquoi Mont-Blanc ensuite ?

J'avais fini mes années junior en Suisse. Soit je me trouvais un club en LNB en Suisse, soit en Ligue Magnus ou D1 en France. Comme Mont-Blanc est juste à côté de Genève, il y a eu des contacts entre les coachs. Cela s'est fait assez rapidement.


Ça s'est passé comment à Mont-Blanc ?

J'ai eu besoin d'un petit temps d'adaptation car c'est un jeu adulte, qui n'a rien à voir avec le jeu junior que je connaissais en Suisse. Sportivement, ça a été difficile car on a joué deux fois la relégation. Mais j'ai passé deux bonnes années, j'ai rencontré plein de personnes supers, c'était sympa. J'en garde un bon souvenir.


Pourquoi es-tu parti alors ?

Ça ne s'est pas super bien passé l'année dernière avec le coach. Et puis on avait convenu certaines conditions par rapport au contrat et peu de temps avant la saison les dirigeants ont dit qu'ils ne pourraient pas les respecter. Je ne pouvais pas rester. Ça ne me laissait que deux ou trois semaines pour trouver un nouveau club, à une période où les équipes sont déjà faites.


Tu as stressé ?

Oui, j'ai eu une période où j'étais très stressé. Je ne pouvais pas me permettre de retourner à Mont-Blanc, financièrement et pour des histoires personnelles. Pendant un moment, je me suis posé la question de savoir si je pourrai jouer cette saison. J'ai envoyé quelques CV et Bertrand m'a contacté.


C'est particulier de retrouver Mont-Blanc (ce soir) ?

Oui, j'ai hâte d'y être ! J'ai beaucoup d'amis dans l'équipe. J'ai aussi envie de montrer au coach avec qui ça ne s'est pas très bien passé que j'arrive à faire mon chemin dans un autre club. Si on pouvait les battre, ça serait une petite vengeance personnelle, même s'il n'y a rien de méchant là-dedans.


Vous allez aborder deux matchs capitaux à domicile contre Mont-Blanc et Gap avant la fin de l'année ?

Mont-Blanc, il faut absolument les battre et le faire de préférence dans le temps règlementaire pour éviter qu'ils prennent un point. Gap est un peu plus haut au classement, mais c'est une équipe largement à notre portée.


Comment te sens-tu dans l'équipe ?

Au niveau humain, bien, il y a une bonne ambiance dans l'équipe malgré les résultats. Sur le plan sportif, il y a du mieux. Il faut qu'on arrive à rester humbles pour ne pas s'enflammer. Personnellement, ça a été un petit peu difficile au début, il y a quelques matchs que je n'ai pas joués. Depuis quelques temps, j'ai pas mal de temps de jeu, plus que ce à quoi je m'attendais en début de saison. Il faut que je continue dans ce sens-là.


Quand tu es arrivé, Caen avait déjà ses trois lignes de défenseurs. Étais-tu le septième dans la hiérarchie ?

Les choses étaient claires avec Bertrand, il m'avait dit, quand il m'a contacté, que son équipe était faite en défense et que s'il me prenait, c'était pour avoir un défenseur supplémentaire. Si je voulais jouer, il fallait que je fasse mes preuves. Je ne m'attendais pas à jouer beaucoup. Mais au moins, c'était clair, pas comme à Mont-Blanc. Ça me convenait. Je n'ai pas à me plaindre.


En-dehors de la glace, comment es-tu ?

Je suis assez réservé, calme – peut-être un peu trop d'ailleurs. Parler de moi, ce n'est pas trop mon fort ! Sinon, je fais un DUT techniques de commercialisation à côté du hockey. Je suis en première année. C'est difficile de concilier le sport et les études. J'ai vraiment du mal à l'école parce que je manque énormément de cours. J'arrive à suivre quand même, mais je ne sais pas si ça durera.

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