Jean-Charles Monnet, marin poète

Envoyer Imprimer PDF

Quatre navigateurs bas-normands disputent actuellement la Solitaire du Figaro. Parmi eux figurent deux Caennais de 27 ans, Fabien Delahaye et Jean-Charles Monnet. Ce dernier, vainqueur de la Solo Basse-Normandie et 18ème de la Solitaire l'année dernière, présente, à l'entendre, un profil différent de ses semblables. Cela ne l'empêche pas de nourrir de belles ambitions.


Dans le tout petit milieu de la voile caennaise, il y a Fabien Delahaye, son bac +5 et son BE2, sa rigueur et sa méthode, ses résultats qui en font une valeur montante de la navigation française. Il y a aussi Jean-Charles Monnet, même âge, même profession, même terrain de jeu, mais « typiquement l'opposé » de l'actuel troisième de la Solitaire du Figaro. « Je n'ai pas le profil ingénieur des skippers de mon âge, présente Jean-Charles Monnet. Je mets un peu plus de poésie dans la voile, même si mon but est quand même d'avoir un projet rigoureux. Je n'arriverai pas à avoir des résultats tant que je n'aurai pas ce projet rigoureux. »


Jean-Charles Monnet recherche le bon équilibre entre sa nature et les exigences de sa profession, qu'il voit surtout comme une passion. « Le but, c'est de prendre un maximum de plaisir tout en faisant les choses sérieusement. Je suis un bon vivant, j'aime bien rigoler et il y a des choses qui passent un peu à la trappe parfois. » S'il aspire à rester lui-même, à laisser les rapports humains au coeur de sa relation avec ses préparateurs et ses sponsors, Jean-Charles Monnet a conscience qu'il doit faire un peu plus pour « devenir un skipper sur qui il faut compter ».


Ce constat qu'il dresse, c'est pour la partie terrestre : la mise en place du projet et la recherche de partenaires, le pan majeur d'une période hivernale qui contient aussi préparation physique, convoyages, sorties entre amis, voyages... Car sur mer, Jean-Charles Monnet met toutes les chances de son côté pour percer davantage. Voilà plus de quinze ans qu'il fait de la voile son quotidien, et près de dix ans qu'il en vit. « J'ai commencé assez jeune, en faisant des stages de voile vers l'âge de 10 ans à Ver-sur-Mer, raconte ce résidant caennais répertorié à Putot-en-Bessin. Ça m'a plu rapidement. À partir de 13-14 ans, j'ai décidé d'en faire toute l'année à l'école de voile de Courseulles. Les études, c'était pas mon truc. Je ne pensais qu'à faire du bateau. C'est rapidement devenu plus qu'une passion : c'était ce que je voulais faire. »


« Avoir un projet à la hauteur de mes ambitions »


Le bac en poche, Jean-Charles Monnet n'a pas tardé à concrétiser ses souhaits. En 2002, il intégrait le circuit Figaro, sans toutefois s'y consacrer exclusivement. « J'essaie de faire un maximum de courses à côté, explique-t-il. Je cours sur d'autres circuits, en équipage en en double, pour apprendre. J'essaie aussi de faire des régates qui me permettent de travailler des domaines où je suis moins bon. » L'objectif à court terme est de se faire une place sur la Solitaire du Figaro. Jean-Charles Monnet en est à sa cinquième participation. Avant l'étape Caen - Dublin, il aspirait à terminer parmi les quinze premiers au général. « Il faut être objectif. Compte tenu de ma préparation par rapport aux autres concurrents, ce serait un résultats satisfaisant pour moi. Ça correspondrait à mon niveau. » Le classement sera probablement difficile à atteindre, Jean-Charles Monnet étant 28ème à mi-parcours. A plus long terme, le navigateur espère « faire de très bons résultats » dans la prestigieuse course au large en solitaire mais aussi sur d'autres compétitions. C'est là que la rigueur reprend tout son sens. « Pour y arriver, il est indispensable d'avoir un projet qui tient la route, de pouvoir se préparer tôt dans la saison et ne pas être encore à chercher des sponsors en juin. Le but que je me fixe dans l'immédiat, l'année prochaine et l'année suivante, c'est d'avoir un projet à la hauteur de mes ambitions. »


Jean-Charles Monnet veut s'affirmer dans la course au large, en solitaire pour le dépassement de soi, ou en équipage pour le partage. Il se verrait bien faire un tour du Monde sur un bateau anglo-saxon et naviguer sur des 40 ou 60 pieds. Une chose est sûre, il ne voit pas l'avenir ailleurs que sur l'eau. « Ce ne sera pas forcément en compétition, il y a pas mal de choses qui m'intéressent. Je ne serais pas contre de travailler sur des cargos ou des ferries, j'ai des brevets pour ça. Je resterai proche de la mer ou des voyages. » La mer et les voyages, Jean-Charles Monnet l'a déjà expérimenté à l'âge de 19 ans, quand il est parti six mois sur un bateau avec un ami. « C'était très formateur mais au bout d'un moment ça me titillait de faire de la course au large. » La compétition reste au coeur des priorités d'un skipper jeune mais déjà chevronné. « J'ai envie de faire des résultats notoires sur la Solitaire du Figaro et sur des courses importantes. » A défaut de pouvoir jouer les premiers rôles cette année sur la Solitaire, Jean-Charles Monnet espère exploiter les deux étapes restantes pour se mettre en évidence.

Commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!
 

Aidez-nous !

Vous souhaitez contribuer à la pérennité et au développement de Sport à Caen ? Aidez-nous !

Contact

Vous souhaitez :

- Écrire des articles ?
Communiquer des informations ?
-
Devenir annonceur ?

Contactez-nous : redaction@sportacaen.fr