Pauline Thizy a une opportunité à saisir

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En l'absence d'Aurélie Bonnan, blessée, Pauline Thizy a pleinement contribué au succès de l'USO Mondeville à Nantes, dimanche dernier. À tout juste 20 ans, l'intérieure stéphanoise est en train de faire sa place dans l'effectif mondevillais. Arrivée à l'USOM l'été dernier avec une blessure à la cheville contractée au Mondial des U19, elle a connu un début de saison très difficile avant de retrouver son niveau. Portrait.


Sa pointure – elle chausse du 47 – aurait pu la mener vers la natation, lui dit-on parfois. « J'ai déjà les palmes », sourit-elle. Mais sa taille – elle mesure 1m92 – l'orientait plutôt vers le basket. Petite – l'a-t-elle seulement été ? - Pauline Thizy faisait déjà « deux ou trois têtes de plus que tout le monde ». A l'école, ses camarades avaient trouvé le bon filon : ils en faisaient leur gardienne de but lors des matchs de football. Cette grande fan de l'AS Saint-Etienne a pourtant eu une courte carrière au poste de dernier rempart. À neuf ans, alors adepte de la danse classique, elle se fait remarquer à un match de basket, où elle ne faisait qu'accompagner son frère. « On m'a dit d'essayer ce sport et il s'est trouvé que je m'y débrouillais pas mal », explique la Stéphanoise. Suffisamment bien pour être constamment surclassée dans le petit club de Saint-Rambert et, après trois ans passés là-bas, rejoindre le pôle espoirs de Lyon. Au moment d'entrer au collège, elle quitte ses parents pour se consacrer au basket.


Une première expérience clermontoise spéciale...


Quelques années plus tard, en 2005, Pauline Thizy franchit une étape importante dans sa jeune carrière en intégrant l'INSEP, cette pépinière de talents extrêmement sélective. Elle y restera trois années, rythmées par les études et le basket. En plus des cours, les douze jeunes basketteuses de la promo s'entraînent deux fois par jour. « Ça a été dur à vivre pendant les trois premiers mois, témoigne Pauline Thizy. C'est une école de la vie. Ce n'est pas évident de mener de front les deux activités et d'être éloignée de sa famille. » Mais l'encadrement est idéal pour y parvenir. Bac STG en poche, option marketing, l'intérieure paraphe son premier contrat professionnel à Clermont-Ferrand en 2008. Un aboutissement. Et, très vite, une grosse frayeur. Clermont est en proie à de très graves difficultés financières. La veille de l'ouverture de la saison, son président, démissionnaire, annonce même le forfait général du club. Mais de Paris où se dispute l'Open LFB, l'équipe ne l'entend pas ainsi et, bien qu'affaiblie par la non-qualification de plusieurs étrangères, elle dispute et remporte son premier match, contre... Mondeville. « Le coeur bat très vite » pour Pauline Thizy, et pas seulement parce qu'elle signe là son baptême du feu à ce niveau. Elle sait que l'aventure clermontoise ne durera qu'une saison, alors qu'elle s'était engagée pour trois ans. Mais les déboires de son club lui permettent de disposer d'un temps de jeu relativement important après le départ des étrangères, qui ne supportaient plus de ne pas être payées. Idéal pour poursuivre sa formation, l'objectif qui était naturellement le sien au sortir de l'INSEP.


Après une première saison en élite, « difficile au départ, on voit la différence au niveau expérience et physique », Pauline Thizy doit trouver un nouveau club. Elle connaît Hervé Coudray, qui était venu mener quelques séances à l'INSEP et qui a la réputation d'être l'un des meilleurs formateurs français. C'est sa présence qui l'incite à rejoindre les rangs mondevillais à l'été 2009. « Je repartais de zéro, assure-t-elle. Je devais gagner la confiance de mon entraîneur, faire ma place dans ce nouveau groupe. Mais une blessure au championnat du Monde des moins de 19 ans a gâché les trois premiers mois de ma saison. » Pauline Thizy, toujours dans une optique de formation, manque le bateau, d'après l'expression de Hervé Coudray, et mettra du temps à le rattraper. « Je perds facilement confiance en moi. Sur le peu de temps de jeu que j'avais, je faisais les choses à l'envers. Mes coéquipières m'ont dit de me lâcher et ça a fini par tourner. »


« A moi de saisir ma chance »


Pauline Thizy a aussi continué à travailler d'arrache-pied pour limiter son manque de mobilité et de « grandes qualités athlétiques ». Elle s'impose du physique supplémentaire en fin de séances. Et peut toujours compter sur sa « bonne main » (elle tourne à 67 % de réussite à deux points), la seule qualité qu'elle veut bien se reconnaître.

Si elle peine à distinguer ses progrès, trop exigeante qu'elle est envers elle-même, son entraîneur les a bien perçus, lui accordant un rôle progressivement plus important au sein de l'équipe. Contre Nantes, où Aurélie Bonnan était absente et Valeriya Berezhynska rapidement handicapée par les fautes, elle a joué 28 minutes et largement contribué à museler l'attaque adverse. Une bonne façon d'aborder une période importante de sa saison, « où [elle peut] avoir plus de temps de jeu ». L'étudiante en gestion des entreprises et des administrations (elle prépare un DUT avec l'idée de travailler dans les ressources humaines « plus tard ») en a conscience : elle a encore « tout à prouver ». De ce fait, elle entend d'abord « finir [ses] trois années de formation » avant de se fixer de nouveaux objectifs. Dans sa volonté d'apprendre, la complice de Fanny Cavallo au sein de l'effectif mondevillais peut compter sur le soutien de son entraîneur. Hervé Coudray croit en cette jeune joueuse souriante et réservée dans la vie, « déterminée et travailleuse » sur le parquet. Il continuera à lui accorder sa confiance, surtout tant qu'Aurélie Bonnan ne sera pas rétablie de son entorse à la cheville. Pauline Thizy peut s'offrir une jolie fin de saison. « À moi de saisir ma chance », conclut-elle.

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