Ces Français font de beaux champions

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Ils ne réalisaient pas très bien la portée de leur succès, mais les Français étaient évidemment les plus heureux du monde après avoir obtenu leur titre de champion d'Europe des moins de 19 ans. Au stade d'Ornano, ils ont réalisé un véritable exploit en retournant une situation fortement compromise contre les Espagnols. « On a su relever la tête et être très forts mentalement », estiment-ils.


Après les réjouissances sur la pelouse, le tour d'honneur avec la coupe, en maillot, torse nu voire en caleçon, les Français sont apparus posés au moment de passer devant les journalistes. « Je n'ai pas de mot pour expliquer ce que je ressens, confiait Timothée Kolodziejczak. Je ne réalise pas vraiment. » Dans leur jeune carrière, ce titre, le premier pour beaucoup restera comme « quelque chose d'inoubliable », aux yeux d'Antoine Griezmann, qui s'est construit en quelques mois « un palmarès de ouf » (montée en Liga et championnat d'Europe U19). Ce sacre a une saveur d'autant plus belle pour les Bleuets qu'il a été acquis devant leur public français, devant leurs familles également.


Pas seulement pour ces raisons. Le scénario de la finale lui donne un goût encore meilleur. Après l'ouverture du score espagnole en première mi-temps, on ne donnait pas cher de la peau des Français, totalement dépassés par le génie ibérique. Pendant les 45 premières minutes de jeu, la France n'a pas eu un seul semblant d'occasion. « On avait beaucoup de mal à récupérer le ballon, indique Francis Coquelin, peut-être le Français le plus en vue de cette première période. Du fait des efforts consentis pour y arriver, on l'exploitait mal une fois qu'on l'avait. » L'Espagne filait vers un nouveau titre, deux ans après celui acquis en U17. « On était un peu nerveux quand on est entrés dans cette finale », poursuit Francis Coquelin, néo-Lorientais.


La mi-temps a eu pour effet de changer radicalement la donne. « On a réalisé qu'on n'avait plus rien à perdre », décrit l'attaquant sochalien Cédric Bakambu. « On s'est tous remis en question, assure Francis Coquelin. On s'est dit de nous relâcher, que le public était venu nous voir... » « Il fallait rendre aux spectateurs ce qu'ils nous avaient donné pendant toute la compétition », insiste le buteur providentiel, Alexandre Lacazette. Si les Espagnols ont eu quelques temps forts et l'occasion de plier le match dès le retour des vestiaires, les Français sont enfin rentrés dans le match. Motivés, généreux, plus présents dans les duels, plus justes dans leur jeu, ils ont mis à mal leur adversaire. « On a affiché un pressing assez haut, ce qui nous a permis de récupérer le ballon plus haut. C'était plus simple ensuite de contre-attaquer », analyse Francis Coquelin. « On a fait une deuxième mi-temps extraordinaire, juge Timothée Kolodziejczak, latéral lyonnais. On a su relever la tête et être très forts mentalement. Physiquement, on était mieux qu'eux. » L'entrée en jeu de Yannis Tafer à la mi-temps a aussi eu les effets escomptés. Peu à son avantage lors des rencontres précédentes, l'attaquant lyonnais a été très bon et s'est mué en passeur décisif sur l'égalisation de Gilles Sunu. La profondeur du banc français a également fait la différence sur le deuxième but, quand le centre lumineux de Gaël Kakuta a été repris au deuxième poteau par le joker de luxe, Alexandre Lacazette.


Ensemble depuis la mi-juin, les Français étaient préparés comme aucun des sept autres concurrents de ce championnat d'Europe. C'est sans doute la clé de leur succès, autant sur le plan physique que du point de vue de la cohésion d'équipe. « Pendant un mois et demi on a galéré ensemble, rappelle Alexandre Lacazette. On est devenu plus que de simples copains. » D'autant plus qu'une bonne partie de l'effectif français évolue dans cette équipe depuis la catégorie des moins de 16 ans. Jusqu'à quand ces joueurs continueront-ils à faire des étincelles sous le maillot français ? Ceux qui n'iront pas chez les Espoirs joueront la Coupe du Monde 2011 des moins de 20 ans en Colombie. Avec des ambitions légitimes et un statut de champion d'Europe en poche.

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