Le Stade Malherbe a-t-il grandi ?

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Les années passent, les hommes changent ou murissent, et pourtant les maux demeurent. Capable de battre brillamment Marseille puis Lyon et d'offrir à Arles la première victoire de son histoire en Ligue 1 trois mois plus tard, le Stade Malherbe s'est mis tout seul dans une situation délicate. Il pointe à une longueur seulement de la zone de relégation. Le groupe caennais va devoir montrer sa capacité de réaction dès samedi contre Lille.


Étonnantes similitudes. Si Damien Marcq estime que le match de Caen à Avignon n'a pas connu le même scénario que celui lâché une semaine plus tôt contre Nancy, on ne peut qu'être interpellé par les ressemblances qui lient les deux rencontres. Pas seulement parce qu'elles se sont conclues sur le même score, avec les mêmes buteurs caennais (dans le même ordre) et un penalty concédé à chaque fois. Encore que cela ferait déjà pas mal d'éléments dans ce sens. Mais c'est aussi, et surtout, parce que Caen aurait empoché six points en deux matchs s'il avait joué à sa juste valeur, s'il n'avait pas perdu ses moyens après l'ouverture du score et s'il n'avait pas, non plus, commis des erreurs aux conséquences directes. « À chaque fois on mène 1-0, on a la situation bien en main et on prend des buts inimaginables, peste Nicolas Seube, dans des propos diffusés sur le site officiel du club. Un contre à l'extérieur de 80 mètres alors qu'on mène 1-0, un énième coup de pied arrêté et un penalty comme la semaine passée. On prend des buts enfantins. Ça fait lourd. »


Tout n'a pourtant pas été mauvais, moins que contre Nancy en tout cas. Quand il est revenu à 2-2, le Stade Malherbe a mis la défense arlésienne au supplice. Sur la physionomie du match, il aurait mérité de ramener quelque chose de Provence. Cela n'atténue pas forcément la déception, au contraire peut-être. « Ce qui me dérange c'est que je n'ai pas grand-chose à reprocher à mes joueurs, ne cache pas Franck Dumas. J'ai honte par rapport aux supporteurs mais il faut séparer l'envie et le contenu qui n'a pas été mal. » Et l'entraîneur caennais de pointer surtout la « naïveté » et les « erreurs individuelles » de ses ouailles. Signe d'une équipe qui doute...


Dix buts encaissés en trois matchs


Cela fait déjà quelques matchs qu'on guette la réaction de cette équipe caennaise, dont le dernier succès remonte au 22 septembre. Après sept matchs sans victoire et dix buts encaissés lors des trois derniers, le sujet devient sensible. « Il ne faut pas s'alarmer, estime Damien Marcq sur le site smcaen.fr. On est dans une spirale négative mais on n'est pas au bord du précipice non plus. » Le milieu de terrain défensif a raison de ne pas vouloir céder à la panique. Mais Caen a trop connu les dégringolades silencieuses pour ne pas s'en inquiéter. Franck Dumas avait déjà tiré la sonnette d'alarme avant le match contre Arles, sans que cela ne se fasse ressentir, à l'image des mots forts prononcés par Jean-François Fortin après la défaite contre Nancy.


Pourtant, il va bien falloir que cette équipe caennaise si cyclique, dont les résultats reposent principalement sur l'aspect mental, trouve les ressources pour réagir. On pensait qu'elle avait grandi, pris de la maturité, retenu les leçons de ses précédents échecs. On la disait armée pour le milieu de tableau grâce à une équipe aux rangs certes peu fournis mais équilibrés, mêlant l'expérience des plus anciens (Tafforeau, Seube, Sorbon, Leca, Traoré...) à la fougue et au talent des plus jeunes (El Arabi, Heurtaux, Mollo, Hamouma...). S'est-on trompé ? Il n'a, en effet, pas fallu grand-chose pour que la machine s'enraye. Des errements défensifs, et c'est tout l'édifice qui s'écroule.


Lille et Paris arrivent


Avec un point d'avance sur la zone de relégation, Caen, dont les quatre défaites en championnat ont été concédées contre des adversaires directs au maintien (bien que Brest ne semble plus faire partie de cette catégorie), pourrait se retrouver dans la zone rouge au soir de la 13ème journée de Ligue 1. Il était encore 4ème du classement il y a un peu plus d'un mois. Dans un championnat qui reste très serré (quatre points séparent le 17ème du 4ème), il lui suffirait d'une mini-série pour revenir dans le ventre mou. Mais les Caennais, pour avoir aligné 15 matchs sans victoires en 2008-2009, savent toute la difficulté de sortir d'une mauvaise passe qui dure. C'est pourquoi leur droit à l'erreur se restreint journée après journée. Samedi, ils retrouveront contre Lille un adversaire européen. Au regard des problèmes qu'ils rencontrent contre les équipes de leur stature, ce n'est peut-être pas pour leur déplaire. Du moment qu'il s'en donne les moyens, ce Stade Malherbe est capable de tout.

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