Éric Béchaud : « Ça reste une saison correcte »

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Basket. Ouistreham a terminé la saison au huitième rang de Nationale 2 féminine avec dix victoires pour douze défaites. Éric Béchaud, qui a rejoint le club l'été dernier après avoir coaché les garçons de l'ASPTT Caen, dresse un bilan globalement positif de l'exercice écoulé. Néanmoins, il estime que sa formation aurait pu prétendre à quelques victoires supplémentaires avec un peu plus de maturité.


Comment qualifieriez-vous la saison réalisée par votre équipe ?

Sur la partie sportive, on va dire que le bilan est positif au niveau des résultats car l'équipe se maintient à ce niveau-là. C'était l'objectif numéro 1. Je pense qu'on aurait pu avoir trois ou quatre victoires supplémentaires. Il y a des matchs qu'on n'aurait jamais, jamais dû perdre. Je pense à Gravenchon (45-45), Nantes (64-59), Le Poinçonnet, qui me reste toujours au travers de la gorge (69-70), et Ifs (80-84, 73-71). Contre Ifs, c'étaient deux super matchs de basket, dans un état d'esprit irréprochable, mais je pense qu'on aurait pu en récupérer un sur les deux.

Maintenant, il a fallu reconstruire ce groupe, remettre des joueuses à des postes un petit peu différents, donner un nouveau statut à certaines joueuses. Il faut laisser l'assimilation des choses se faire. Ça reste une saison correcte.


C'était une année de transition pour le club ?

Je ne sais pas, tout dépendra du projet que le club va définir dans peu de temps. Je pense que cette équipe est en transition. Ce groupe n'a rien à se reprocher dans l'investissement. Il y a des jeunes filles qui pourraient prétendre à jouer à un certain niveau.


Vous, quand vous vous êtes engagé, c'est certainement sur un projet pour plusieurs années, non ?

J'attendrai de savoir quel est le projet du club pour me réinvestir totalement dans une seconde saison. Je ne suis pas sûr d'être entraîneur à Ouistreham la saison prochaine. Je souhaiterais avoir un projet qui nous permettrait de faire mieux que cette année et d'essayer de titiller les play-offs. Je pense qu'il y a moyen d'avoir ce projet à Ouistreham. La balle est dans le camp des dirigeants.


Ouistreham a-t-il les capacités de viser dès la saison prochaine le haut de tableau ?

Je ne peux pas répondre, ça dépendra du projet des dirigeants. Il n'y a pas une joueuse cadette ou de Pré-Nationale qui peut renforcer le groupe de l'équipe première. Ça veut dire qu'il faut aller chercher à l'extérieur. Pour cela, il faut des moyens. Et je ne parle pas forcément que des moyens financiers, il y a la question du travail, des études...


De ce que vous savez, y aura-t-il une continuité dans l'effectif la saison prochaine ?

Oui, je le pense. Mais certaines joueuses sont dans la même logique que moi. Elles se positionneront réellement quand elles connaîtront l'effectif restant.


Pour revenir à la saison écoulée : qu'est-ce qui vous a apporté le plus de satisfaction ?

C'est de voir un groupe qui a toujours voulu bien faire. Ce groupe partait de très loin, parce qu'il était en reconstruction. Il a fait beaucoup d'efforts sur une période de pré-entraînement entre mai et août. J'avais retrouvé un groupe extrêmement motivé et physiquement prêt le 17 août. C'était une grande satisfaction. Derrière, quand on a eu une période difficile en automne avec quatre défaites consécutives et des blessures liées à des situations antérieures, le groupe ne s'est jamais désuni. Je ne dis pas qu'il a toujours bien vécu, parce qu'il y a toujours des relations d'entraîneur à entraînées ou de joueuses à joueuses qui sont d'ordre humain, quelques fois des incompréhensions, etc., mais je dirais que ce groupe a toujours fait le maximum de ses possibilités.


Votre équipe a-t-elle produit un jeu à la hauteur de celui qu'elle était capable de faire ?

À partir du mois de janvier, oui. On a réalisé de très bons matchs. Le seul non-match qu'on a fait en phase retour, c'est à Rennes. On perd après deux prolongations contre Garnache (N1) en Coupe de France, on fait derrière de très bons matchs contre La Glacerie ou Ifs. On a gagné au Poinçonnet, là où tous les gros on perdu. On a réussi des perf' intéressantes cette année, mais il y a eu des hauts et des bas. Pour prétendre aux premiers rôles, il faut qu'il y ait le moins de bas possibles, donc une maturité plus importante.


C'est un manque de maturité qui explique certaines contre-performances, comme cette défaite contre Le Poinçonnet alors que vous aviez dix points d'avance à deux minutes de la fin ?

Bien sûr, et un problème de niveau aussi. Quand on mène de dix points à une minute trente de la fin, on n'a pas le droit de perdre. Ce n'est pas un problème de motivation, mais plus de rigueur et de niveau de jeu individuel. Les quatre défaites de trop que nous affichons sont le fait des mêmes problèmes.


Êtes-vous malgré tout à votre place cette saison ?

Non. On aurait pu finir facilement trois places au-dessus.


Il y avait une marche importante avec le haut de tableau ?

Non. La preuve en est, on a perdu de peu contre Versailles (1er), on a battu Coulaines (2ème) de 17 points chez nous, contre Ifs (3ème) ça se joue sur une possession de balle à chaque fois, et on gagne de 32 points contre Bresty (4ème). On n'était pas loin.


Personnellement, vous avez dû vous adapter entre la N3 masculine et la N2 féminine. Ça a été simple ?

Oui, parce que le basket est mon métier. Le niveau ne m'a pas posé de problème. C'est clair qu'on n'entraîne pas des garçons comme on entraîne des filles. Il a fallu adapter sa pédagogie. Il y a des grosses différences dans les intensités, dans l'agressivité, dans les aspects physiques, entre les garçons et les filles. Mais sur la partie tactique, les filles n'ont rien à envier aux garçons. Ça va moins vite, c'est tout. Tactiquement, c'est très intéressant d'entraîner un groupe féminin.


En terme d'individualités, quelles joueuses pouvez-vous ressortir ?

Ma grande satisfaction, si je parle de domaine compétition-formation, c'est Sarah Lozouet. Elle avait fait deux années de pré-nat, en mettant le basket un petit peu en suspens par rapport à ses études. Elle a eu une grosse progression cette saison. À côté, Lucie Lefèvre, qui est une compétitrice en match comme à l'entraînement, a tiré le groupe vers le haut. Derrière, chaque fille, dans son domaine, a eu une certaine progression. Ce groupe a progressé. J'ai une grosse déception par contre, c'est sur Flo Gomis. Quand il a fallu remplacer Marion Carbonel en urgence parce qu'elle s'était pété les croisés, elle avait fait de bons matchs. Je ne l'ai pas vu sur le reste de la saison. C'est la joueuse qui n'a pas apporté ce que j'escomptais.


Un mot sur le championnat de Nationale 2. Il est apparu assez hétérogène, notamment avec les centres de formation.

Le centre de formation de Mondeville a très bien joué le jeu. Au match aller, on ne pouvait pas jouer chez elles (défaite 80-60). Pour Calais et Nantes, ils ont eu des problèmes d'effectif. C'est vrai que ça a faussé le championnat.

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