Jérémy Sorbon : « On a tous faim »

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Comme six autres équipes de Ligue 1, le Stade Malherbe prépare l'ultime match décisif pour le maintien. Jérémy Sorbon, qui a déjà vécu deux relégations et deux accessions avec Caen, a l'expérience de ce genre de situation. Pour lui, il sera important de ne pas se disperser et de rester patient contre Marseille, dimanche. « On est chez nous, il faut faire mal », annonce-t-il.


L'impatience monte-t-elle à quelques jours d'une finale contre Marseille ?

Oui, c'est possible ! On a envie de jouer ce match mais il faut être patient, comme il faudra l'être pendant ce match. Quand il y a un enjeu pareil, on n'a pas besoin de motiver qui que ce soit. C'est le match déterminant. On l'a souvent dit cette saison, mais il y avait toujours des petits jokers. Là, il n'y en a plus. Il va falloir gagner, on le sait. C'est le match le plus important de la saison. On a tous faim, on a tous envie de gagner quand on joue à l'entraînement. Ça doit se retrouver sur le terrain contre Marseille.


Le fait que Marseille n'a plus rien à jouer peut-il constituer un avantage pour vous ?

Oui, ça peut l'être. Mais ce n'était pas forcément un avantage de commencer contre eux en début de saison or on a montré de grandes choses. On ne pensait pas qu'on serait dans cette situation au match retour ! C'est un peu particulier de jouer le maintien alors qu'on a 45 points. Ça va être un gros match, il va falloir tout donner.


Comment expliquez-vous que le championnat soit si serré en bas ?

Le championnat devient de plus en plus homogène. Ce n'est pas comme dans les autres championnats où tu as des équipes au-dessus du lot que tu ne peux pas battre. Tout le monde peut battre tout le monde en France. C'est un championnat assez équilibré et ça se retrouve dans le nombre de points requis pour pouvoir se maintenir.


Vous avez déjà vécu deux relégations : c'est quelque chose qui fait peur ?

Je n'ai pas envie de revivre ça, autant pour moi que pour les autres, les supporters et les personnes qui travaillent au Stade Malherbe de Caen. Une descente en Ligue 2, ça fait mal à tout le monde à tout point de vue. Je n'ai pas envie d'être triste à la fin alors qu'on a fait un parcours vraiment pas mal puisqu'on a 45 points. On a eu des hauts et des bas, des bas très bas, mais on a un groupe qui s'entend vraiment très bien et c'est ce qui nous a aidé. C'est aussi ce qui doit nous aider pour le dernier match. Il ne va pas falloir griller les étapes sur le terrain et se concentrer vraiment sur notre match sans écouter ce qui se passera à droite ou à gauche. Le plus important, c'est de gagner ce match. On est chez nous, il faut faire mal.


Les deux relégations vécues ont été d'autant plus dures à vivre en raison des scénarios...

La première année (en 2004-2005), on perd à Istres alors qu'on avait gagné contre Marseille, Toulouse, Nice et Saint-Etienne juste avant. On avait fait un truc de dingue et au final on a perdu contre Istres. La deuxième fois, on a perdu contre Bordeaux alors qu'on avait fait un beau parcours dans la saison. Il y avait eu une dégringolade totale. Personne n'a envie de revivre ça. On doit faire partager notre expérience sur le terrain, nous les cadres.


« Ça va beaucoup mieux »


Vous vous êtes révélé une année de descente, en fin de saison 2004-2005. Quel regard portez-vous sur les saisons écoulées depuis ?

J'ai évolué avec le temps. Lorsque j'ai débuté, j'étais le petit minot. J'écoutais les anciens parler, me donner des conseils. Au fur et à mesure, tu prends un peu plus de confiance et d'expérience, jusqu'au jour où ça fait un bon moment que tu es là et que tu te retrouve dans les cadres. Après, je me considère encore entre les deux tranches, entre les jeunes et entre les anciens. Mais je dois épauler pas mal de jeunes quand ils montent. Quand ils arrivent, je les prends en main entre guillemets.


Le fait que vous soyez à Caen depuis longtemps vous donne un certain statut ?

Oui, ça donne un statut différent mais je ne me prends vraiment pas la tête avec ça. Je suis un peu l'ancien et je pense qu'il y a un respect différent. Je suis l'enfant du pays, l'enfant du club. J'ai tout connu ici.


C'était une volonté de votre part de rester ici toutes ces années ?

J'ai eu des opportunités pour partir. J'en ai discuté avec le coach, il voulait absolument me garder. Dans ce cas-là, la question ne se pose pas puisque je suis lié au club. On a essayé de voir s'il y avait des possibilités d'évoluer ailleurs mais le club avait besoin de me garder. Le choix était vite fait.


Il n'y a pas de regret de ne pas encore avoir découvert autre chose ?

On a toujours envie de découvrir autre chose, forcément. Mais moi je suis très bien ici. Je ne regrette rien, bien au contraire. J'ai envie d'aider le Stade Malherbe et de monter de niveau avec lui.


Vous vous voyez bien terminer votre carrière à Caen ?

Pour l'instant, je vis au jour le jour. Chaque chose en son temps. Ce qui importe, c'est dimanche contre Marseille. Après, on ne peut pas savoir ce qui va se passer dans le futur. On ne sait jamais. Peut-être que le Real Madrid va se dire « tiens, pourquoi pas Jay ! » et hop tu pars comme ça (il se marre avant de reprendre sérieusement). Je ne me prends pas la tête avec ça. On va déjà essayer de se maintenir et on verra ensuite pendant les vacances ce qui va se passer.


Vous avez eu une saison un peu compliquée avec une concurrence peut-être plus vive qu'imaginé...

Il y a toujours de la concurrence. Maintenant, j'ai joué à droite, à gauche, dans l'axe, à droite, à gauche, dans l'axe... Je me balade un petit peu sur toute la ligne de défense. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des blessés et que je suis peut-être le joueur qui peut jouer un peu partout en défense. Ce n'est pas simple pour moi. On essaye de se fixer à un poste et on est trimbalé à droite et à gauche. Ça ne me dérange pas, parce que je le fais pour le bien de l'équipe, mais c'est vrai que pour pouvoir progresser à un poste il faut y enchaîner les matchs. J'ai dû faire moitié-moitié dans l'axe et latéral cette saison. Je me suis aussi blessé, j'ai été opéré. Romain Inez a pris ma place et a fait de très bons matchs, c'est bien, il faut l'en féliciter. J'ai mis un petit peu de temps à revenir de mon épaule. Quand on est absent trois mois, on ne peut pas revenir en un match et demi de CFA. Après l'opération, ça a été un peu compliqué. On a discuté un peu de ce qu'il fallait que je fasse. Derrière, avec les entraînements et les matchs, tu arrives à retrouver ton niveau petit à petit et ça va forcément beaucoup mieux.

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