Chez elle, l'attaque caennaise est à la traine

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Le Stade Malherbe est l'équipe qui marque le moins de buts à domicile cette année, malgré un bilan d'ensemble équilibré bien que légèrement décevant (deux victoires, un nul et deux défaites). Très sûrs en défense, un secteur qui a longtemps constitué leur péché mignon, les Caennais sont souvent en difficulté dès lors qu'ils doivent prendre le jeu à leur compte. Au moment d'accueillir Montpellier (demain, 19h), ils ont conscience des progrès à effectuer en phase offensive.


Le Stade Malherbe de Franck Dumas a la réputation solidement ancrée d'être une équipe portée vers l'avant, plaisante à observer. « Ça passera toujours par le jeu », aime à répéter l'entraîneur malherbiste. « On aime jouer, on a les qualités pour cela », appuient Grégory Leca et ses partenaires. Cette philosophie du beau jeu, qui s'oppose aux verrous défensifs privilégiés par certains adversaires, est une valeur solide et établie de longue date à Caen. Aujourd'hui, et comme la saison dernière, le Stade Malherbe s'appuie pourtant davantage sur la solidité de son bloc défensif pour aller chercher de bons résultats, synonymes d'une huitième place actuelle au classement de Ligue 1.


Le constat vaut essentiellement à domicile, terre où l'équipe receveuse est bien souvent amenée à faire le jeu. Quand Malherbe, grâce aux espaces dont il bénéficie, affiche 10 buts à l'extérieur (troisième meilleure attaque de Ligue 1), il se limite à quatre maigres réalisations chez lui, dont deux pénaltys. Ce très faible total le place tout simplement à la dernière place des attaques de Ligue 1 à domicile, alors qu'il représente la quatrième défense, avec également quatre buts encaissés. Les Caennais sont généralement à la peine dès lors qu'il doivent prendre les choses en main. Ils n'ont que le 16ème pourcentage en termes de possession de balle par match (46 %) et sont 17èmes dans le nombre de ballons joués. Caen préfère laisser faire son adversaire pour ensuite exploiter ses qualités de vitesse, en particulier sur les ailes. Quatrièmes du classement extérieur, les Caennais sont onzièmes chez eux.


« On ne se comprend pas très bien »


« Il ne faut pas se mentir, à domicile on est quand même moins performants qu'à l'extérieur, comme la saison passée, reconnaît Benjamin Nivet. C'est le point négatif de ce début de saison. » Le milieu axial, descendu d'un cran cette saison pour évoluer à un poste plus défensif mais autant apprécié, estime qu'« il faudrait mettre beaucoup plus de folie dans notre jeu chez nous en essayant de garder l’équilibre. Il faut plus se lâcher offensivement appuyer les actions, avoir plus de mouvement, prendre plus de risques. » Désormais privés de Youssef El Arabi, qui avait marqué 17 des 46 buts caennais la saison dernière, les Rouge et Bleu apparaissent parfois en manque de solutions.


Cette impression est rejetée par leur entraîneur, qui estime que « les occasions et les solutions sont là ». Pour Franck Dumas, le problème est essentiellement lié à la dernière passe. « On a beaucoup de choix dans l'animation offensive. Le seul souci, c'est de faire le bon. C'est souvent la répétition de mauvais choix qui laisse à penser qu'il faut être plus performants. » Le technicien caennais, satisfait du comportement de ses joueurs offensifs, concède toutefois que « le rendement pourrait être meilleur ». « J'attends surtout moins de déchet », confie-t-il.


Le public, lui, a signifié plusieurs fois qu'il attendait plus de Pierre-Alain Frau en particulier. Arrivé à l'intersaison comme le remplaçant annoncé de Youssef El Arabi, l'ancien lillois n'est pas encore à son aise dans le rôle de neuf et demi qui lui est octroyé. Il ne s'en cache pas. « On a un peu de mal à combiner, on joue souvent en contre avec des phases d'attaque super rapides où on ne se fait pas beaucoup de passes. On a encore un peu de mal à trouver cette complicité. On ne se comprend pas très bien. Je suis à la recherche de bonnes sensations avec mes partenaires. » La huitième place actuellement occupée par son équipe lui permet toutefois de relativiser le manque de spontanéité qui découle de cette situation. « Il y a des choses à améliorer mais il ne faut pas voir tout en noir. Je pense qu'au fur et à mesure des associations en match on se trouvera de mieux en mieux et ça ne nous empêche pas de gagner des matchs. »


Moins de buts... mais plus de points !


Ce n'est certainement pas anodin si la dernière victoire au stade d'Ornano a été acquise contre une grosse équipe, Lyon, même si ce fut à la faveur d'un pénalty. « Pour faire un bon match, il faut deux belles équipes », entend-on souvent, notamment de la bouche de Franck Dumas. Quand Malherbe doit faire face à un cadenas, il n'a pas toujours les moyens de le faire sauter. « On aimerait bien jouer comme le Barça mais c'est compliqué », en sourit Pierre-Alain Frau. « C'est beaucoup plus difficile de trouver des solutions contre des équipes qui viennent regroupées et qui défendent bien, explique Grégory Leca. C'était le cas contre Nice, on a eu du mal à trouver l'ouverture. Je ne me fais pas de souci, on est vraiment capables de produire du jeu. Après, ce n'est qu'une question de détermination. »


Il n'y a pas si longtemps, le caractère offensif du Stade Malherbe lui faisait perdre de précieux points. Canalisés, les Caennais ont trouvé un équilibre beaucoup plus fructifiant. Ils marquent moins de buts mais en encaissent beaucoup moins également. Surtout, ils ramènent plus de points. C'est bien là ce qu'on leur demande.

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