Des Caennais déçus mais fiers

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La victoire de Sochaux contre Nice hier soir a évité au Stade Malherbe de sombrer dans la zone de relégation, mais les Malherbistes n'ont jamais été aussi proches, en terme de classement, de la ligne de flottaison. C'est tout le paradoxe de la 28ème journée de Ligue 1, qui les a vus produire leur match référence de la saison contre le Paris Saint-Germain tout en réalisant une mauvaise opération comptable. Encourageant malgré tout.


De la fierté et de la frustration : voilà les principaux sentiments qui animaient le camp malherbiste samedi soir au sortir de son match face à Paris. La satisfaction d'avoir dominé le leader du championnat, ses stars et ses pétrodollars se mêlait à la déception d'en avoir obtenu seulement un match nul. Léger, compte tenu de la performance. « C'est rageant parce qu'on a tout mis en œuvre pour avoir un résultat plus que positif et il ne manquait pas grand-chose, reconnaît Franck Dumas. Les joueurs ont fait énormément d'efforts. Il n'y a rien d'exceptionnel, c'est ce qu'on demande aux joueurs chaque samedi, mais là c'était un cran au-dessus et ils ne sont pas récompensés. L'état d'esprit était irréprochable. »


Paris surpris par le positionnement des Caennais


Caen a étonné voire même détonné face à une équipe bien moins séduisante que son classement devrait laisser à penser. Les Malherbistes ont longtemps surfé sur leur très belle entame de match. « J'ai dit aux joueurs avant le match "je m'en fous de perdre 5-0, je veux du contenu, de l'allant, de la percussion..." Je leur ai qu'on allait mettre une grosse pression dans le premier quart d'heure, car Paris allait sans doute être tranquille. C'est ce qui s'est passé. » L'entraîneur caennais avait vu juste et ses ouailles ont su mettre les consignes en application. Les Normands ont joué haut d'entrée de jeu et se sont mis en confiance à mesure qu'ils parvenaient à contenir les Parisiens et, mieux encore, à se procurer des situations.


À la mi-temps, les supporters caennais espéraient que leurs joueurs n'allaient pas regretter de ne pas avoir réussi à ouvrir le score en dépit d'une réelle domination. L'entame de la seconde période allait les rassurer : le Stade Malherbe montrait toujours plus de qualité que son adversaire. Agressifs dans leur pressing haut, organisés défensivement autour d'une charnière Sorbon-Heurtaux impressionnante, les Caennais continuaient de dérouler leur production offensive avec beaucoup d'envie et de mouvement. Le but de Pierre-Alain Frau était une récompense logique, bien que de courte durée. « On prend l'égalisation beaucoup trop vite, c'est rageant, déplore Franck Dumas. On aurait eu un peu plus de profondeur sinon. »


Dans le wagon, mais au fond


Dans la foulée de son but presque gag (un dégagement de Thomas Heurtaux dans les jambes de Javier Pastore), Paris a retrouvé des forces et des armes, contraignant Alexis Thébaux à une première intervention (le gardien caennais n'a réalisé qu'un arrêt !), mais le Stade Malherbe a repris l'avantage sur corner. Souvent dangereux dans ce domaine samedi soir, il a trouvé la faille par Thomas Heurtaux. Les locaux ont alors bien tenu, sans se faire vraiment inquiéter, jusqu'à la remarquable volée de Christophe Jallet dans les arrêts de jeu. « On n'était pas à l'abri d'un beau geste et ça nous tue deux points, constate le coach caennais. Quand la qualité collective n'est pas là, vous avez la qualité individuelle qui peut faire la différence. Paris est conditionné pour aller au bout, ils sont très bien lancés. »


Paris a eu de l'orgueil, à défaut d'avoir eu beaucoup de talent (et de motivation ?), au stade d'Ornano. « Caen nous a beaucoup gênés, notamment en pressant au milieu de terrain, avance Carlo Ancelotti. Ils ont très bien joué. » L'hommage venu d'un des coachs les plus prestigieux au monde pourra donner un peu de baume au coeur des Caennais, chaleureusement félicités également par leur entraîneur. « Je suis vraiment, vraiment fier de mes joueurs. À part le résultat, il n'y a rien à dire sur le reste. On a mis Paris en difficulté. J'espère que vous n'allez pas marqué que c'était un petit Paris. Ce soir, c'était un Paris moyen parce que les joueurs de Caen étaient à la hauteur. J'aimerais bien pour une fois qu'on redonne à mes joueurs ce qu'ils ont fait. » Ils le méritent, en effet, d'autant que le classement se fiche bien du jeu déployé. Caen est premier non-relégable à deux longueurs de la zone rouge. Il aurait été douzième en cas de victoire. Rageant, vraiment.

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