Laura Georges : « On est des pionnières »

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27 ans et déjà 115 matchs en équipe de France : Laura Georges est une joueuse emblématique de la sélection tricolore. La capitaine de l'Olympique Lyonnais, avec qui elle a remporté une Ligue des Champions et cinq titres de championne de France, a répondu à nos questions avant le match éliminatoire pour l'Euro 2013 contre le Pays de Galles (ce soir, 20h50 au stade d'Ornano).


Vous avez été accrochées par l'Ecosse avant de gagner 2-0. Etait-ce plus compliqué que ce que vous aviez imaginé ?

On savait que c'était une bonne équipe, qui avait progressé, mais je ne pense pas qu'on avait imaginé qu'elles arriveraient à développer un tel jeu. On était étonnées de voir qu'elles pouvaient nous poser autant de difficultés.


Vous faites quand même la différence quand vous êtes mises un peu plus sous pression qu'en temps normal. Qu'est-ce qui fait la différence ?

C'est un peu tout, l'expérience avant tout. On peut être mises en difficulté, mais un match dure 90 minutes et on peut s'appuyer sur le travail fait en club pour tenir. On se dit que tôt ou tard, ça va se décanter.


Vous avez une marge sur vos adversaires dans ce groupe ?

On est en train de faire un bon parcours de qualification, on n'a pas à se plaindre. Après, on ne va pas non plus se vanter. On ne rencontre pas des cadors du football européen, sans les négliger. Ce n'est pas les équipes qu'on a affrontées en Coupe du Monde. On est bien parties.


Est-ce que finalement vous ne regrettez pas de ne pas avoir une adversité plus forte ?

Non, on ne le regrette pas. On est là pour jouer, quelque soit l'adversaire on ne va pas s'en plaindre. En plus, nous avons des matchs amicaux à côté de ces éliminatoires qui nous permettent de juger notre niveau. On a joué les Pays-Bas, on a participé au tournoi de Chypre où il y avait de bonnes équipes dont l'Angleterre et le Canada. Que les équipes n'aient pas le même niveau aux matchs de qualif', ce n'est pas forcément regrettable puisque le but est de se qualifier pour la compétition qui nous permettra de nous jauger auprès des plus grosses nations européennes.


« Il faut travailler sur la masse »


Vous aviez souffert au début du match aller contre le Pays de Galles. Êtes-vous à l'abri d'une nouvelle surprise ou particulièrement méfiantes ?

Il faut toujours être méfiantes, surtout quand on se souvient qu'on a pris un but au bout de deux minutes au match aller. On sait qu'il n'y a pas de petite équipe et que tous les matchs sont différents. On aura forcément à coeur de mieux faire qu'au match aller.


Avez-vous ce sentiment à chaque rencontre d'être des ambassadrices du football féminin dans son ensemble ?

Oui, on joue ce rôle, c'est pour cela qu'on se déplace dans différentes ligues, afin de promouvoir notre discipline. C'est vrai qu'on est de plus en plus regardées, mais à chaque fois il faut bien figurer, il faut faire un beau jeu pour que les gens aient envie de continuer à nous suivre. Si on peut être les pionnières, c'est un plus. Faire partie de cette génération qui fait découvrir la discipline, c'est une belle chose. Demain, on sera fières de ça.


Avec cette génération dont vous parlez, avez-vous le sentiment que le football féminin français vit un tournant ?

Oui. Il y avait eu des plans de développement autour du football féminin auparavant mais ça n'avait pas forcément pris, malheureusement. Ce qui pousse les gens à pratiquer une discipline, c'est de voir des résultats, voir de l'engouement. Le fait que nos matchs soient retransmis à la télévision donne encore plus de crédibilité au jeu.


Le problème ne se situe-t-il pas dans le déséquilibre qui existe entre le très haut niveau, symbolisé par l'équipe de France et Lyon, et le reste ?

On parle beaucoup de l'élite, mais il faut aussi travailler sur la masse. Il ne faut pas oublier les autres clubs, la D2 notamment. L'équipe de France féminine, ça marche, mais ce qui va lui permettre de poursuivre ses bons résultats, c'est la formation des jeunes. Cela passe par le travail en club et le développement de la masse. Il faut aider les clubs, que les filles aient de meilleures conditions de jeu, des meilleurs terrains d'entraînement, etc.

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