Nicolas Seube : « C'est usant de revivre les mêmes choses »

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Nicolas Seube s'est longuement exprimé en conférence de presse, hier matin, autour du match contre Sochaux, présenté comme « une finale », du niveau du championnat français, « en baisse » et de sa situation personnelle, sous couvert d'un « on » englobant les cadres de sa génération. Le capitaine du Stade Malherbe apparaît serein.

 

 

 

Comment abordez-vous ce match contre Sochaux ?

C'est une finale. Pour nous, c'est l'occasion de se sauver définitivement. Il faut aborder ce match sereinement tout en se mettant une pression positive. Il y a une approche particulière. C'est un match qui peut être décisif, on est conscients de cette situation. On espérait pouvoir jouer le maintien contre Sochaux, c'est le cas aujourd'hui. Il y a un mois de cela, on était au plus mal. Il ne faut pas l'oublier. Aujourd'hui, malgré la déroute qu'on a subie à Lille, on a réussi à relever la tête. Peu importe la manière, ce qui compte c'est de gagner cette finale.


Il peut y avoir de la crispation dans ce genre de match ?

Oui. Ce sont deux équipes qui doutent, deux équipes qui ne sont pas au mieux. Bien souvent, on n'a pas de belles prestations. Ce qui est important, c'est de gagner. Tout est envisageable après cette journée-là. Une victoire et on est sauvés, un match nul aussi. Il ne faut pas non plus s'enflammer et vouloir à tout prix gagner ce match. Un point pourrait suffire. Il ne faut pas l'oublier non plus.


Physiquement, il y a beaucoup de lassitude ?

Oui, mais sur les six-sept derniers matchs qu'on a joués, on a eu une déroute contre Saint-Etienne et Lille, les autres ont été plutôt cohérents et on a tenu physiquement. Toutes les équipes sont un petit peu dans le dur, que les joueurs soient jeunes ou vieux. Ça se joue dans les têtes. On verra les équipes qui auront le plus envie de se sauver, tout simplement.


Ressentez-vous une usure à force de vivre chaque saison ce genre de situation ?

Ce qui est usant c'est de revivre à chaque fois le même genre de saison. Lutter pour le maintien, c'est beaucoup plus difficile que lutter pour une place d'honneur. La seule saison vraiment plus tranquille, où on a fait certainement plus de spectacle, c'est celle où on a terminé onzièmes. Si aujourd'hui on n'avait plus rien à jouer, le spectacle serait différent. C'est usant de revivre à chaque fois les mêmes choses.


Le club connaît souvent des fins de saison comme celle-là. Est-ce que cela sert ou est-ce qu'on repart à chaque fois de zéro ?

L'expérience sert. On n'en est pas à notre première. C'est la sixième fois qu'on vit ce genre de scénario. Ça prouve que cette équipe a des manques mais qu'elle est toujours dans le coup aussi. Il faut positiver, aller de l'avant, ne pas réfléchir. Si on donne le maximum de nous-mêmes, on n'aura rien à regretter à la fin. Il faut que tout le monde soit au taquet et qu'on ne se pose pas de question. On méritera ce qu'on aura fait.


« Le championnat baisse de niveau »


Est-ce un contexte comparable à ce que vous avez connu par le passé ?

C'est un petit peu comparable mais la situation est différente parce qu'en cas de victoire, on est sûrs d'être sauvés, chose qui n'était pas forcément le cas les précédentes années. L'an passé, il nous restait Lyon et Marseille à jouer, on n'était pas encore sauvés. Ce sont des choses comparables parce que comptablement on est encore à la merci d'un retour d'autres équipes, mais on a la possibilité de se sauver en gagnant contre un concurrent direct. L'an passé, on avait deux grosses cylindrées à affronter et tout le monde nous voyait descendre. On est quand même dans une situation plus confortable.


C'est surprenant ?

Vu la saison, oui ! 38 points, ce n'est pas beaucoup. C'est surprenant de pouvoir se sauver à deux journées de la fin en faisant le championnat que l'on fait. On n'a que ce qu'on mérite. On a perdu onze points dans les arrêts de jeu. Avec onze points de plus, on serait devant Evian tout en faisant quasiment les mêmes matchs.


Vous bénéficiez aussi des mauvaises performances de vos adversaires directs ?

C'est un championnat très resserré vers le bas, ce qui nous facilite la tâche. Si ça avait comme l'an passé, je pense qu'on descendait. Maintenant, il n'y a aucune équipe qui a lâché, contrairement à l'an passé avec Arles-Avignon. On est un peu plus dans la réalité de ce qui se passe habituellement, où avec 40-42 points, on se sauve.


Pourquoi y a-t-il pas de ventre-mou ?

C'est de plus en plus vrai, il n'y avait pas beaucoup de ventre-mou non plus l'an passé. Aujourd'hui, on joue soit pour l'Europe, soit pour le maintien, mais peu d'équipes annoncent qu'elles vont jouer l'Europe. Les clubs sont très prudents parce que financièrement tout le monde est un peu à l'agonie. En perdant tous nos meilleurs joueurs chaque année, le championnat baisse de niveau. Le championnat français est composé de clubs plus à même de jouer le maintien que l'Europe.


Qu'est-ce qui manque à Caen pour basculer du bon côté ?

Un peu de sous. Les finances sont un peu à la base de tout, même pour la formation. Si le budget du centre était plus élevé, peut-être serait-on capables d'amener plus de joueurs au haut niveau et d'améliorer ainsi notre équipe première. On a l'image de Montpellier, dont le budget du centre de formation est bien plus élevé que le nôtre, ce qui leur permet de former de très bons joueurs et d'avoir une équipe première composée de joueurs formés au club. Ça leur coûte moins cher et ils sont performants.


« On va devenir des joueurs d'expérience, pour accompagner le groupe »


Avez-vous le sentiment d'avoir progressé cette saison ?

On ne régresse pas, mais progresser, c'est un bien grand mot. L'effectif est très jeune, il y a des joueurs de devenir, mais malheureusement ces meilleurs joueurs-là risquent de partir. C'est compliqué de travailler dans la durée et de progresser ainsi. On est toujours un petit peu obligés de repartir de zéro. C'est un petit peu le même topo pour tout le monde. Quand on finit cinquième, c'est plus facile de se renforcer et de garder ses meilleurs joueurs. Quand on finir quinzième, c'est beaucoup plus difficile.


Donc ce sera pareil la saison prochaine ?

Ça risque d'être semblable. Si on pouvait se maintenir, sur les six dernières années on aurait fait cinq ans de Ligue 1. Ce n'est pas arrivé au club depuis un moment. Avec un effectif réduit et des joueurs de devenir, on est capables de faire des choses. Il faut arriver à passer ce palier-là. Ça ne se fait pas en deux-trois ans mais en une dizaine d'années. Regardez l'exemple de Lorient, qui avait de super joueurs et qui est en grande difficulté après avoir été obligé de les céder à d'autres clubs.


On dit souvent que la deuxième saison est la plus compliquée. Si vous vous maintenez, vous aurez franchi un palier ?

Entre guillemets, oui. Maintenant, on n'aurait jamais pensé qu'une équipe comme Auxerre allait être à cette place-là. On peut avoir un effectif de qualité si on se maintient.


Il sera renouvelé ?

Oui, nécessairement. "On" arrive en fin de carrière donc il va falloir préparer l'avenir. On va devenir des joueurs d'expérience pour accompagner le groupe plutôt que des joueurs à 35 matchs par saison. Il ne faut pas se voiler la face. On est capables de faire pas mal de matchs de qualité, mais sur la durée forcément physiquement c'est beaucoup plus difficile. C'est comme ça dans tout club, il y a des joueurs qui jouent moins mais qui sont importants dans un groupe. Physiquement, ça va sur une quinzaine ou une vingtaine de matchs. Le groupe doit se renforcer avec des joueurs talentueux et de devenir. On fera notre maximum, parce qu'on est des joueurs de tempérament qui ont toujours tout donné pour le club.


Qu'en est-il de votre prolongation de contrat ?

(Sourire) J'ai déjà dit que ce n'est pas moi qui l'annoncerai, c'est le club.

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