Finalement, les PTT chamboulent (presque) tout

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Après la montée en Nationale 2, l'intersaison devait être placée sous le signe de la stabilité pour l'ASPTT Caen volley. Seules deux à trois arrivées étaient espérées pour renforcer un groupe censé peu bouger. Quelques mois plus tard, cinq départs ou arrêts ont été enregistrés parmi l'effectif, qui compte une seule recrue à l'heure actuelle. Surtout, l'entraîneur Thibaut Gosselin est parti sous d'autres cieux.


Quand il avait présenté son projet pour l'ASPTT Caen*, Thibaut Gosselin avait bien précisé que nul ne devait y être indispensable. Il tenait à ce que n'importe quel départ ne menace pas l'édifice patiemment construit et longuement réfléchi. Le statisticien de l'équipe de France féminine de volley saura bientôt si son vœu était réalisable. Après quatre années à la tête de l'équipe, il a quitté le club et ses fonctions d'entraîneur. « Je pars à Vannes en DEF (deuxième division). Ce n'était pas prévu mais l'opportunité s'est présentée. » Elle était difficilement refusable pour quiconque aspire au professionnalisme et au haut niveau. Thibaut Gosselin n'avait jamais caché qu'il faisait partie de cette catégorie d'entraîneurs. « Tout le monde le savait, je n'ai pris personne de cours au club. Je ne pars pas comme un voleur. » Le Nordiste a annoncé sa décision début juin et a participé au recrutement de son successeur. Il s'agit de Gilles Auzou, arrivé tout droit de Malakoff dans les Hauts-de-Seine. Contrairement à son prédécesseur, qui entraînait sur son temps libre, il sera salarié au club. « Ça va rebooster le club, estime Thibaut Gosselin. Il va travailler sur les jeunes, dans les écoles... Mon départ est un mal pour un bien. D'ailleurs, ce n'est pas un mal. »


Thibaut Gosselin « n'envisageait pas du tout » de quitter son poste suite à la montée en Nationale 2. D'autres, en revanche, lui imaginaient ce destin. C'était le cas des dirigeants d'un club suisse parmi les plus performants du pays. « Ils m'ont contacté, raconte le jeune technicien. La situation se prêtait bien car ma compagne attend un bébé pour décembre. Nous nous sommes dit "pourquoi pas utiliser le congé maternité et prendre une disponibilité pour partir un an ?". Finalement, je n'ai pas été pris en Suisse. Le lendemain de la réponse, Vannes m'a téléphoné pour me demander si son projet m'intéressait. » Après réflexion, Thibaut Gosselin a répondu par l'affirmative. Il s'est engagé pour une saison dans un club qui vise la montée en Ligue A en deux ans. « Ça a été dur de prendre cette décision, mais y a-t-il un bon moment pour partir ? Vannes a monté une équipe plutôt sympa, ça va être une belle expérience. Pour le moment, je pars vraiment pour un an. Je suis en train de déménager mais on garde notre appartement à Caen. J'ai pris un congé sans solde à la ligue, mon employeur. Le bébé a donné l'occasion d'une année libre pour tester ce changement de vie. »


Deux grossesses et trois départs professionnels


Paradoxalement, Thibaut Gosselin assure qu'il avait plus de pression la saison dernière au moment d'attaquer la saison en Nationale 3 qu'il n'en a aujourd'hui trois niveaux plus haut. « Le club est déjà structuré, les joueuses sont pros, il y a moins d'aléas que quand on entraîne des amateurs », justifie-t-il en évoquant sa sérénité actuelle. Son désormais ancien club se pose probablement plus de questions. D'une part, il a perdu un homme extrêmement investi et suffisamment compétent pour faire partie du staff de l'équipe de France. D'autre part, l'équipe brillamment montée en Nationale 2 la saison dernière (trois défaites dans l'année) s'est quelque peu disloquée durant l'intersaison. Deux joueuses, dont Typhaine Caretti, sont tombées enceintes. Trois – Solène Eugène à Paris, Chloé Leterme à Toulouse et Elise Villet à Rouen – partent pour des raisons professionnelles ou estudiantines. Cela fait autant de joueuses importantes qu'il faudra remplacer. Or ce n'était pas prévu.


« C'est le "binz" sur le plan administratif, reconnaît la vice-présidente Sandra Piquot. On doit faire attention au nombre de mutées, au statut des joueuses, au budget que nous avons à notre disposition... Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. » Une seule volleyeuse s'est d'ores et déjà engagée en faveur des PTT. Il s'agit d'Audrey Auzou, dont le CV affiche un passage en Nationale 1, qui rejoint son mari de coach. Une passeuse a donné son accord et devrait signer sous peu. Pour le reste, « il y a beaucoup de contacts mais on préfère attendre, étant donné que nous n'avons vu que des vidéos ». Deux joueuses supplémentaires sont attendues, mais le club n'a le droit qu'à trois mutées. Avec Audrey Auzou, il ne reste plus que deux tickets. Le recrutement à l'étranger vers lequel se destine l'ASPTT pourrait permettre de contourner le problème. Mais il a un coût. « Notre priorité, ce sont les joueuses françaises. Seulement, le recrutement s'est fait tardivement et, à moins d'un coup de bol, ce ne sera pas possible. » Caen reprendra l'entraînement le 24 août, un mois avant le début du championnat. Il lui reste encore du chemin pour disposer d'une équipe au complet.


* Le club, parti de Pré-Nationale, aspire à rejoindre le plus haut niveau français.

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