Cyrille Bitter : « On a des arguments »

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Après un parcours fou en championnat la saison dernière, notamment en fin de course, le club de rugby d’Hérouville a eu la possibilité de monter d’un échelon : d’Honneur, l’équipe première joue désormais en Fédérale 3. Passée la première moitié de saison, c’est l’heure des bilans. Le constat est sévère. Il n’est pas compliqué de se rendre compte que le défi du maintien sera de taille. Les Normands sont à ce jour derniers de leur poule avec une seule victoire au compteur… et devront souquer ferme pour revoir la Fédérale 3 la saison prochaine. Difficile, très difficile, mais pas impossible ! Les deux entraîneurs y croient.

 

Les calculs sont vite faits pour les deux entraîneurs d’Hérouville, Cyrille Bitter et Stéphane Guillous. Leur équipe doit gagner 5 des 9 prochains matchs pour espérer se maintenir. Impossible me direz-vous après avoir vu les résultats de la première moitié de saison : huit défaites, dont certaines « fessées », et une victoire. Non, pourtant ! Car, à y regarder de plus près, certains revers sont à mettre sur le compte de l’inexpérience et de la découverte de ce niveau. Il est bien difficile pour un promu d’entamer avec confiance un championnat puisque le programme veut que le petit nouveau se frotte d’entrée aux grosses écuries. Ainsi, Hérouville a-t-il découvert la Fédérale 3 par le biais d’un match face à l’armada rouennaise qui a ensuite mis plus de quarante points à la majorité de ses adversaires. Seul Drancy a gagné contre Rouen et ces deux formations se battent pour la place de leader. Donc, hormis ces deux ogres presque injouables tant ils sont complets et dans une autre dimension, le coup est peut-être jouable pour Hérouville. « Il faut être réaliste », tempère Cyrille Bitter « globalement, nous ne sommes pas très optimistes. Mais nous avons tout de même des arguments ». Son compère technicien, Stéphane Guillous, va dans le même sens : « nous sommes des compétiteurs, nous allons continuer de travailler et croire un peu plus en ce qu’on fait ».

 

Premier point positif pour les joueurs d’Hérouville : ils savent à quoi s’attendre désormais. Terminée la surprise du niveau de jeu totalement différent de ce qu’ils avaient pu connaître jusqu’à présent. « L’écart entre l’Honneur et la Fédérale 3 est trop important... Le championnat Honneur ne prépare pas du tout à la montée. Nous avions décidé de continuer sur le projet de jeu qu’on avait mis en place la saison dernière, mais ce n’est pas possible à ce niveau », explique Cyrille. Habitués à ouvrir rapidement le jeu, à trouver des espaces sur une attaque de première main, les Bas-Normands sont rapidement tombés sur des os. « Face à un premier rideau super dense, qui défend sur le joueur en bloquant le ballon, il nous fallait faire plusieurs temps de jeu afin d’ouvrir les intervalles et créer un déséquilibre. Nous n’étions pas habitués à ça », note l’entraîneur. Stéphane évoque quant à lui un aspect plus mental : « dans la tête des joueurs, il y avait un complexe. Nous avions ainsi du mal à entrer dans nos matchs. Nous devions ensuite sans cesse courir après le score ». Hérouville a donc dû s'adapter et changer son projet de jeu : réduire la voilure, certainement, en s'astreignant à consolider leurs possessions de balles par du jeu d'avants avant de penser à ouvrir à tout prix. Les réflexes défensifs ont également dus être modifiés. 

 

Les problèmes d’effectif n’ont pas arrangé les choses non plus. Privés rapidement de leur charnière habituelle, les deux coachs ont dû travailler dans l’urgence pour pallier ces absences de longue durée. « Ces absences nous ont posé des problèmes dans la gestion des matchs », souligne Cyrille quand Stéphane ajoute : « cela nous a handicapé sur le fait qu’on voulait faire tourner l’effectif. Les joueurs valides ont tiré sur la corde avec l’enchaînement des matchs. Et puis c’est difficile de mettre des choses en place quand il n’y a jamais les mêmes joueurs à l’entraînement.. ». Hérouville n’a ainsi pas pu aligner la même ligne de trois-quarts plus de deux matchs de suite. Mais l’infirmerie devrait désemplir durant la trêve de Noël et le retour de certains joueurs-clés devrait faire du bien au collectif.

 

Côté satisfaction, les entraîneurs soulignent la bonne tenue du pack qui semble solide et n’avoir rien à envier aux autres formations du championnat, exceptés peut-être Rouen et L'Aigle. « Nous avons un pack relativement fort, qui est régulier aux entraînements et qui a des arguments », se réjouit Cyrille. Stéphane se remémore les parties déjà jouées : « à chaque match, on peut tirer du bon. Contre Versailles, par exemple, nous avons réussi à faire une très bonne entame. Ce qu’il faut, c’est parvenir à appliquer toutes ces choses positives au même moment ».

 

Les deux entraîneurs espèrent donc parvenir à tirer les leçons des matchs de la phase « aller » pour faire la différence sur les parties qu’ils ont à l’époque perdu de peu. Chevreuse, notamment, mais également Sarcelles, Versailles, Sucy et même peut-être Evreux sont les cibles des techniciens. « On va jouer différemment. On a élaboré un début de solution et on verra rapidement si c’est efficace », lance Cyrille qui n’espère pas rivaliser contre Rouen, le prochain adversaire d’Hérouville, mais qui attend plutôt la confrontation d’après, contre Chevreuse : « on doit les battre », assène-t-il. Cette rencontre sera déterminante pour la suite. Les joueurs pourront en faire un point de départ d’une fin de saison à quitte ou double. Mais il s’agit avant tout de tenir dans la tête. Après huit défaites, difficile de positiver. « C’est vrai que quand on commence à douter, on ne se fait plus confiance et tout va de travers », confirme Cyrille. « Mentalement c’est dur », ajoute son compère, « il faut arriver à relancer la machine, on discute, on essaye de trouver une solution… Mais on va défendre nos chances jusqu’au bout, même si elles sont infimes ! ».

 

Avec six mois d’expérience en plus, la connaissance des adversaires et le retour des blessés, l’espoir est donc maintenu à Hérouville. Mais il faut tout de même se poser la question de la marche, voir du fossé qui sépare Division d’Honneur et Fédérale 3. Le rugby normand doit encore monter d’un cran pour être en capacité de rivaliser face aux équipes parisiennes, notamment. Mais voilà un tout autre débat !

 

 

 

Au repos ce dimanche, les joueurs Bas-Normands auront donc encore un match à disputer avant les fêtes de fin d’année, celui face à Rouen, le 9 décembre prochain. 

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