Saison noire et gros remous chez les PTT

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Les dirigeants de l'ASPTT Caen ont fini par trancher. Et comme souvent dans pareille situation, c'est l'entraîneur qui a fait les frais d'une saison assez cauchemardesque. Gilles Auzou a été mis à pied le 7 mars après treize défaites et aucune victoire en Nationale 2 féminine de volley. Le technicien arrivé en début de saison ignore les « faits graves » qui lui sont reprochés. Il rencontrera demain le président du club dans le cadre d'un entretien préalable.


La saison catastrophique réalisée par les volleyeuses de l'ASPTT Caen fera sans doute une victime. Gilles Auzou, recruté l'été dernier pour pallier le départ de Thibaut Gosselin, pourrait être licencié dans les jours à venir. Il a reçu en main propre sa lettre de mise à pied le jeudi 7 mars. « Les raisons invoquées étaient assez floues, estime-t-il. On me reproche des "faits graves" que je ne connais pas. Je ne sais pas réellement de quoi je suis accusé. Je suis dans un flou artistique. Ce qui m'arrive est un peu rocambolesque. » La dernière place occupée depuis le début de la saison ne peut pas, juridiquement, être le prétexte de cette mise à pied et moins encore d'un éventuel licenciement. Pourquoi ? « Il n'y a aucune clause de résultats dans mon contrat », indique Gilles Auzou, engagé dans le cadre d'un CDI.


Mise à pied pour raisons sportives ou humaines ?


Les treize défaites concédées en autant de rencontres jusqu'à la mise à l'écart du Parisien auraient pu constituer, pourtant, un argument de taille. C'est d'ailleurs le seul élément avancé par Joëlle Guibert, présidente de la section volley aux PTT, pour justifier la décision prise à l'encontre de son entraîneur. « Quand on accumule les défaites, cela pose problème, confie la dirigeante, visiblement peu à l'aise. Ce n'est pas une décision facile à prendre. On fait confiance jusqu'à un certain point. Nous avons réalisé un bilan à l'issue des matchs allers. Monsieur Auzou devait adopter d'autres stratégies, ce qui n'a pas été fait. Il y avait un problème dans l'équipe, probablement lié à différents éléments. Il fallait qu'on change quelque chose... »


Le déplacement au C.P.B. Rennes, avant-dernier du classement, a été l'élément déclencheur. Le match s'est « très mal passé » (J. Guibert) et les PTT ont enterré leurs derniers espoirs de maintien en cette fin-février. Mais si le problème n'est pas sportif, puisque les dirigeants caennais ne peuvent mettre cet aspect en avant dans leur décision, où réside-t-il ? Sur le plan humain, probablement. Gilles Auzou reconnaît que « la mayonnaise n'a jamais pris » à Caen. Le constat concerne autant ses relations avec les joueuses que celles avec;les dirigeants. Le caractère entier de l'entraîneur n'a pas forcément été du goût de son entourage sportif. « Oui, je suis un râleur, je peux m'énerver et j'ai mon franc-parler, mais je ne vois pas comment un entraîneur pourrait rester sans réaction quand son équipe perd tous les dimanches. Quand ça ne va pas bien, j'ai plus envie de secouer le cocotier que de ne rien faire. » L'équipe caennaise a dû s'adapter à un nouveau coach, aux méthodes bien éloignées de son prédécesseur. À l'arrivée, personne n'a trouvé son compte au long d'une saison pour le moins galère. « On a tous des responsabilités, moi sûrement le premier, admet Gilles Auzou. Sinon, on n'en serait pas là et les résultats n'auraient pas été aussi mauvais. »


Sophie Roullé, entraîneur par intérim


Depuis le départ de Gilles Auzou, Caen a perdu deux matchs supplémentaires. Même le meilleur des techniciens aurait eu du mal à maintenir cette équipe en Nationale 2. « Je suis entraîneur de volley, pas magicien », commente le peut-être futur ex-Caennais. « Après la saison dernière, les malchances se sont multipliées, souligne Joëlle Guibert. Beaucoup de filles sont parties pour leur travail, leurs études, une maternité ou une blessure. On a fait ce qu'on a pu avec nos moyens. Malgré tout, je suis persuadée qu'il y avait la qualité pour se maintenir. Plusieurs équipes étaient à notre portée. Aujourd'hui (dimanche), on a réussi à être au niveau du cinquième alors même qu'on jouait sans libéro et avec seulement sept filles. Cela fait très plaisir, mais aussi regretter certaines défaites, quelques matchs mal gérés... »


Dimanche, les PTT ne sont pas passées loin d'empocher leur première victoire contre La Fère (2-3). Les Caennaises se sont arrachées pour obtenir un cinquième set, perdu 15-10. Le plaisir avait fait son retour, aux yeux de la présidente, et la combativité était évidente. « Les filles ont joué libérées. » Sur le banc figurait une ancienne postière, professeur d'EPS et directrice régionale de l'UNSS, Sophie Roullé. La jeune femme assure l’intérim pendant la mise à l'écart de Gilles Auzou. « Je ne connaissais pas les joueuses et je n'étais venue voir qu'un match cette saison, explique l'ancienne présidente de la Ligue de Basse-Normandie. Quand l'ASPTT m'a demandé un coup de main, j'ai eu envie de l'aider car ce club a déterminé pas mal de choses dans ma carrière. Mon objectif est de préparer la saison prochaine. » Ladite saison se jouera sans elle, annonce-t-elle sans l'ombre d'une hésitation. « Familialement, avec deux enfants, ce n'est pas possible. »


Toutes les possibilités sont envisageables pour Gilles Auzou


Pour l'heure, Sophie Roullé doit composer avec un effectif extrêmement restreint. Elle ne peut bénéficier des services d'Audrey Auzou, partie peu après son mari tant par solidarité avec celui-ci qu'en réaction à cette nomination. « Nous estimons que Madame Roullé n'a plus les compétences pour exercer à ce niveau-là, indique Gilles Auzou. Ma femme n'avait pas envie de se faire entraîner par quelqu'un d'autre qu'un entraîneur de Nationale 2. » Malgré cette défection, Caen espère obtenir au moins une victoire d'ici la fin de la saison. Son calendrier lui permet d'y croire. Dans l'intervalle, il faudra surtout régler le "dossier Gilles Auzou". L'intéressé rencontrera le président de l'ASPTT omnisports, demain, accompagné d'un conseiller. Il saura dès lors ce que ses employeurs lui reprochent exactement, tout comme la décision prise à son encontre. « Rien n'est programmé, assurait Joëlle Guibert dimanche après-midi. C'est une mise à pied à titre conservatoire. On vit au présent. »


Gilles Auzou, qui peut, théoriquement, aussi bien être réintégré dans l'exercice de ses fonctions que licencié, espère un arrangement à l'amiable. « Si je suis licencié, ça se durcira, sauf si on prépare la conciliation à l'occasion de cet entretien préalable. C'est ce qui peut se passer de mieux. Dans la vie comme dans le volley, j'ai plus tendance à secouer le cocotier qu'à me laisser faire... Mais je préfère que les choses se passent bien et qu'on se quitte en pseudo bons termes. Cela passera par un financement de leur part. » Quoi qu'il adviendra demain et dans les jours à venir, Gilles Auzou n'en aura pas fini avec le volley bas-normand. Toujours directeur du centre d'entraînement régional, il a assisté aux deux derniers matchs d'Hérouville (N3), privé de réel entraîneur depuis le départ de Morgan Poutrain en cours de saison. « Je peux donner un coup de main à Hérouville, mais rien ne m'a été proposé et rien n'est dans les tablettes pour l'instant. » La priorité est actuellement ailleurs...

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