Cédric Delaplace, en route vers les sommets

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Son nom sera forcément familier aux afficionados de la petite reine. Dans la famille Delaplace, il y a bien évidemment l'aîné de la fratrie, Anthony, mais pas que... Du haut de ses 21 ans (depuis le 5 avril) et de son 1.82 m, Cédric a depuis l'an dernier élu domicile à Caen où il concilie le cyclisme avec la préparation d'un BTS en Management des Unités Commerciales au lycée Ste Ursule. Ce Contentinois pure souche s'est tout d'abord « essayé au tennis puis au football, mais sans réelle passion ». Rencontre avec un garçon attachant, passionné et des rêves plein la tête.



C'est presque par hasard, « boosté par les résultats d'Anthony » que Cédric a fait la découverte de ce sport pour le moins exigeant, en prenant une première licence dans le club local de l'AS Tourlaville à l'âge de 13 ans. Une motivation mutuelle s'opère et il n'en faut pas plus pour que se déclenche une véritable passion. Ses premières années dans les pelotons font de Cédric un coureur régional reconnu, accumulant les performances locales au rythme de victoires et de reconnaissance qui s'amplifie au fil des kilomètres passés sur les routes normandes.

2009 sera une année charnière pour celui qui obtiendra le titre de champion de Normandie juniors, gagnera une manche du Challenge National et terminera la saison 5ème français de ce même Challenge National. Des performances qui ne vont pas se contenter d’attirer l'attention des spectateurs, mais également celle des recruteurs, à l'affût de jeunes pousses en devenir...

 

Le passage à l'étape supérieure


Fort de ses faits d'armes lors de sa dernière année en juniors, celui qui se considère comme « un rouleur, sans qualités particulières, qui passe bien les petites bosses et qui limite la casse dans les contre-la-montre » attire l'oeil des dirigeants de l'équipe Sojasun Espoirs qui l'intègrent dans ce qui est considéré comme le centre de formation de l'équipe professionnelle Sojasun. La structure dont le siège est basé en région rennaise comprend un vivier de quatorze coureurs, répartis au fil de la saison en deux équipes de sept coureurs. Cédric passe donc sa semaine sur Caen où son emploi du temps est rythmé entre ses études et les séances d'entraînement hebdomadaires réparties en moyenne sur six jours, à raison de quinze à vingt cinq heures, « sans occulter les activités parallèles comme les étirements, massages, transcription du suivi des séances sur un serveur informatique propre à l'équipe, et bien sûr les déplacements sur toute la France qui prennent du temps et pompent de l'énergie ». La présence de trois membres de chez Sojasun Espoirs à Caen permet d'agrémenter ses sorties de leur compagnie.


Des hauts et des bas


Mais l'arrivée dans la catégorie Espoirs s'est vite révélé être une autre dimension, avec un côté « certes formateur mais qui m'a fait galérer la première année, devant notamment me familiariser avec des courses de cent soixante kilomètres au lieu de cent vingt en Juniors, ainsi qu'une manière de courir différente ». Et dans la série "vogue la galère" Cédric a fait l'apprentissage des chutes dont on se souvient. Fin juillet 2011, lors du Tour d'Auvergne, c'est en contrebas d'un ravin de quatre mètres que notre apprenti coureur a fini sa course après avoir perdu le contrôle dans un virage. Résultat : fracture de la rotule et fracture du rein (c'est l'appellation médicale). A défaut de gagner l'épreuve, c’est un séjour d’une semaine dans l'hôpital le plus proche qui fera office de trophée. Il héritera en conséquence d’un arrêt total tout le mois d’août. Dommage pour quelqu'un qui se dit « toujours plus en forme pendant la saison estivale, en période de fortes chaleurs ».

Sa deuxième année Espoirs lui donna la possibilité d'enchaîner les courses, permettant d'acquérir l'expérience nécessaire à la montée en puissance souhaitée, mais là encore, "dans la famille poissard, je voudrais Cédric", c’est cette fois un problème cardiaque qui l’a rattrapé, toujours en pleine période faste, en août 2012. Cette maladie connue sous le nom du syndrome de Wolff-Parkinson-White a pour conséquence de déclencher une forme de tachycardie à l'effort (accélération du rythme cardiaque) et l'opération au laser fut nécessaire pour endiguer le phénomène. Mais une fois de plus sa saison a subi un véritable coup d'arrêt.


Une saison 2013 sur la bonne voie


C’est donc « animé d’un esprit revanchard » que l’espoir normand a démarré sa troisième saison au sein de la structure Sojasun, d’autant plus surpris et heureux d’avoir réalisé un bon début d'année. Bref le moral est au beau fixe et Cédric se sent comme un poisson dans l’eau dans son équipe. « Je pourrais certainement gagner davantage d’argent dans un autre club mais l’aspect financier n’est pas mon leitmotiv. J’ai bien sûr comme rêve de devenir pro comme mon frère, et pour ça, je suis persuadé d’avoir fait le bon choix en intégrant la structure Sojasun. » Sa récente participation au Tour de Normandie qui lui a valu de remporter le classement des points chauds (malgré une nouvelle chute, digne des plus belles, après une échappée de 150 kilomètres lors de la première étape !) ne fait que renforcer ses ambitions personnelles. D’ailleurs, celui qui a longtemps subi le côté « frustrant » de la comparaison avec son professionnel de frère commence à se faire un prénom dans les pelotons.

Les pelotons, il n'y voit cependant pas que des bons côtés. Les affaires, le dopage, tout cela n'a rien de tabou pour Cédric et il est le premier à dire que « l'amalgame trop facilement établi entre cycliste et dopé fait mal ! On paie pour ceux qui déconnent ». Son point de vue sur la question est sans équivoque : « Toute déviance devrait être synonyme de suspension à vie. Le cyclisme c'est trop de sacrifices sur le vélo et dans la vie privée pour que l'on véhicule une fausse image à la place des tricheurs. » Et pan, c'est dit !

Peintre à ses heures perdues, fan des réseaux sociaux et avide de retrouvailles entres amis « dans la limite du raisonnable, je ne me couche jamais après 23 heures », Cédric aspire plus que tout à franchir un nouveau pallier dans les deux ans à venir, avec en vue un premier contrat professionnel. Pourquoi pas une approche dès cet été, l'équipe professionnelle offrant la possibilité aux meilleurs espoirs de la structure de signer un contrat stagiaire et ainsi pouvoir se frotter l'espace de certaines courses aux pros ? Sa troisième place dimanche dernier sur la Classique bretonne Redon-Redon peut être un catalyseur pour les échéances à venir. Quoi qu'il en soit, sa détermination fait plaisir à voir et nul doute qu'elle lui permettra d'aller encore plus haut, tout là haut vers les sommets.



En parallèle, Cédric a aimablement accepté de se prêter au jeu d’un questionnaire décalé, version vie privée. Merci à lui.

Les 7 pêchés capitaux de Cédric


La gourmandise :

Aimes-tu cuisiner ?


J'adore ça, sûrement parce que c'est tout nouveau pour moi.

Ton plat préféré ?

Saumon en papillote avec tagliatelles fraîche (huile de noix, gruyère rappé,levure diététique) un délice !

L'avarice :

Cigale ou fourmi ?

Je ne suis pas un grand dépensier cependant j'aime faire plaisir et me faire plaisir de temps en temps.

Ton dernier achat le plus coûteux ?

Une grande télévision écran LED 120 cm.

La colère :

Qu'est ce qui peut te mettre hors de toi ?

La tricherie et le mensonge !

La paresse :

Comment aimes-tu te détendre, te relaxer ?

Passer un après midi chez mon relaxologue, j'y fait du jacuzzi, du sauna et je m'y fait masser !

La luxure :

Que doit posséder une femme pour te séduire ?

Beaucoup de charme (un beau sourire par exemple), de l'élégance et de l'originalité.

L'orgueil :

De quoi es-tu le plus fier ?

De mon vécu. Malgré mon jeune age, j'ai traversé tout type d'épreuve (doutes, joies intenses) et j'ai également beaucoup voyagé.

L'envie :

Qu'est ce qui peut te rendre jaloux ?

Pas grand chose, je ne suis pas de nature jaloux.

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