Caen, au budget limité, devra recruter malin

Envoyer Imprimer PDF

Contrairement à sa précédente relégation en Ligue 2, le Stade Malherbe n'a pas réussi à reprendre l'ascenseur dans le sens inverse dès la première année. Les Caennais ont terminé quatrièmes du classement avec dix-sept victoires, douze matchs nuls et neuf défaites. L'heure est maintenant à la construction d'un nouvel effectif, qui a déjà enregistré plusieurs départs mais connaîtra moins de bouleversements que l'été dernier. Pour son recrutement, Caen dispose de moyens limités.


Le Stade Malherbe a craqué au mauvais moment. Accroché au podium entre août 2012 et mars 2013, il en a décroché dans la dernière ligne droite. Caen avait été pénalisé par ses défaites lors de la phase aller ; ce sont ses nuls qui lui ont coûté cher au retour. « On avait trente-trois points à la trêve, rappelle Patrice Garande. J'avais dit que pour monter il faudrait obtenir au moins autant de points au retour. Ça n'a pas été le cas. On ne monte pas parce qu'on n'a pas transformé les nuls en victoires sur la deuxième partie. On a subi seulement deux défaites à domicile, par contre on a fait huit matchs nuls. Si on avait transformé deux nuls en victoires, on aurait été en mesure de jouer quelque chose sur le dernier match. » Avant le dernier match contre Ajaccio, qui a eu le mérite de valider la quatrième place, Caen avait remporté une seule des huit précédentes rencontres disputées. Ses adversaires directs n'ont pas toujours été extrêmement sereins, mais ils se sont révélés plus solides. Si Monaco s'est incliné deux fois devant Malherbe, Guingamp et Nantes ont pris chacun six points. Les Malherbistes ont aussi laissé beaucoup de plumes contre des équipes positionnées dans la deuxième moitié de tableau, comme Niort (deux défaites), Tours (un nul, une défaite), Le Mans (un nul, une défaite) ou Lens (deux nuls).


Pour Patrice Garande, l'explication principale de la non-montée réside dans un paramètre essentiel : l'efficacité. Le constat est autant offensif que défensif, selon le coach caennais. « Il y a des matchs où on n'a pas mis le but à la fin, d'autres où on a pris un but sur une erreur défensive. Tout se résume à un problème d'efficacité dans le football. On n'a pas su être efficace dans les moments importants de la saison. » Meilleure défense du championnat (28 buts encaissés), Caen a néanmoins assuré dans ce secteur de jeu. Jérémy Sorbon, promu capitaine en début de saison, s'est révélé irréprochable en défense centrale. Au poste de latéral gauche, si défaillant dans le passé, Raphaël Guerreiro a constitué une jolie révélation. Dans le couloir opposé, Jean Calvé a été élu meilleur arrière droit du championnat par ses pairs. Et Molla Wagué a réalisé une première partie de saison – avant sa blessure et la CAN – plus que convaincante. Offensivement, Caen a davantage peiné. Dans la construction comme dans la finition. Brillant en début de saison, Fayçal Fajr est progressivement rentré dans le rang et n'a plus réussi à avoir la même influence sur le jeu de son équipe. Dans le sillage de son numéro 10, Caen a manqué de fluidité et de tranchant. Combien de fois n'a-t-on pas souligné un rythme insuffisant ou un déchet technique anormalement élevé ? Devant, Mathieu Duhamel s'est parfois senti bien isolé. Meilleur buteur caennais avec treize buts (dont trois pénaltys), ce qui le place au septième rang du classement général, il aurait pu (dû ?) faire gonfler ce chiffre. Alexandre Cuvillier a marqué sept buts, Romain Poyet et Livio Nabab quatre. Caen n'a pas fini huitième attaque de Ligue 2 (quarante-huit buts inscrits) sans raison...


D'abord s'occuper des prolongations


Le bilan d'ensemble dressé par Patrice Garande et ses joueurs n'en demeure pas moins positif. Peu de monde imaginait Caen squatter les premières places du classement après les bouleversements de l'intersaison, entre nouvel entraîneur et renouvellement de l'effectif. La stabilité est préconisée, d'autant que le Stade Malherbe doit faire face à une baisse de budget relativement conséquente. Le recrutement devrait être limité. Les noms de Dennis Appiah (Monaco), N'Golo Kanté (Boulogne) et surtout Claudiu Keserü ont été évoqués dans Ouest-France. Les néo-pros Thomas Lemar et Jonathan Beaulieu, qualifiés de « très prometteurs » par Patrice Garande, auront peut-être un coup à jouer. Il faudra bien remplacer les nombreux partants, déjà au nombre de sept. Alexandre Cuvillier est le seul titulaire du lot. Il retourne à Nancy, qui le prêtait. Sidy Koné et Neeskens Kebano repartent aussi dans leur club d'origine. Sans avoir convaincu, le premier ayant même été vertement critiqué par Patrice Garande. Grégory Leca, Thibault Moulin, Branko Lazarevic et Kandia Traoré, tous en fin de contrat, ne sont pas conservés. Caen a fixé ses « priorités » autour de trois autres joueurs en fin de contrat : Damien Perquis, Jérémy Sorbon et Jean-Jacques Pierre.


Pour renflouer les caisses, Caen ne dirait pas non à quelques départs de joueurs sous contrat. « Pour certains, la porte est fermée, pour d'autres non », reconnaît Patrice Garande. Molla Wagué, qui ne manque pas une occasion de clamer son désir de Ligue 1 et son statut d'international, « fait partie des joueurs ayant une valeur marchande ». En cas d'offre intéressante, Caen le laissera partir. L'avenir d'Yrondu Musavu-King est suspendu au cas du Malien et de ses partenaires en défense centrale. « Ça ne sert à rien de garder cinq défenseurs centraux. » Yrondu Musavu-King, en fin de contrat, ne restera que s'il y a des départs. « On est unanime sur ses qualités. Son problème, c'est sa fragilité. » Quid des joueurs à qui il reste un an de contrat ? Douze Malherbistes sont dans ce cas et pensent nécessairement à leur avenir. « Sur le plan économique, on ne peut faire resigner aucun d'entre eux », affirme Patrice Garande. Laurent Agouazi, Fayçal Fajr, Livio Nabab, Mathieu Duhamel, Romain Poyet ou encore Lenny Nangis sont dans ce cas. Malgré tout, et en dépit d'une situation financière moins bonne, la situation est « un peu moins compliqué que l'an dernier », aux yeux de l'entraîneur caennais. « J'ai fait une équipe sur le papier. On sait ce qu'on veut faire mais aura-t-on les moyens de le faire ? Ce qui me réconforte, c'est que beaucoup de joueurs sont intéressés par Caen, y compris des joueurs qui ont des contacts en L1. S'ils ne sont pas pris par un club de L1, ils voudront venir chez nous. »


Commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!
 

Aidez-nous !

Vous souhaitez contribuer à la pérennité et au développement de Sport à Caen ? Aidez-nous !

Contact

Vous souhaitez :

- Écrire des articles ?
Communiquer des informations ?
-
Devenir annonceur ?

Contactez-nous : redaction@sportacaen.fr