Raphaël Guerreiro les a tous bluffés

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Patrice Garande l'imaginait en milieu gauche, trop frêle pour jouer en défense, quand d'autres pensaient qu'il passerait le plus clair de la saison en équipe réserve. Raphaël Guerreiro a déjoué bien des pronostics et surpris tout son monde en l'espace d'un an. Abonné aux distinctions individuelles, il a indéniablement constitué la bonne surprise de la saison dans les rangs caennais. Le latéral gauche de 19 ans a beau être suivi de près par plusieurs clubs de Ligue 1, il veut rester en Normandie.


Raphaël Guerreiro a obtenu une récompense de plus au début du mois. Invités à élire le meilleur joueur de la saison, les supporters caennais ont opté sans hésiter pour le jeune gaucher, quasiment inconnu au bataillon un an plus tôt. Même Jérémy Sorbon, son principal challenger dans l'obtention du titre symbolique, y est allé de son commentaire sur Facebook. « Moi, je dis Guerreiro sans contestation possible », peut-on lire sur la page officielle du club. Trois fois « joueur du mois » cette saison, désigné par ses pairs dans l'équipe-type de Ligue 2, Raphaël Guerreiro n'a pas été loin du carton plein sur le plan individuel. Honorifique, certes, mais bien révélateur d'une saison réussie. « J'ai fait une bonne saison, reconnaît-il. J'ai donné satisfaction à toutes les personnes qui m'entourent. Le coach m'a fait confiance et j'ai réussi à lui redonner cette confiance en faisant de bonnes performances. Ça a dépassé mes espoirs. Jouer tous les matchs pour un jeune joueur, ce n'est pas facile. Normalement, ça n'arrive pas souvent. »


Si Raphaël Guerreiro a autant séduit, c'est sans doute parce que personne ne l'attendait à pareille fête. Le Franco-Portugais au visage juvénile et au sourire facile a disputé la première partie de saison sous contrat Élite. Les dirigeants caennais ont néanmoins attendu peu de temps pour le faire passer professionnel. En décembre 2012, au moment de fêter son dix-neuvième anniversaire, il paraphait un engagement de deux ans et demi. Caen ne pouvait pas prendre le risque de laisser filer un garçon au potentiel immense. Raphaël Guerreiro n'a offert qu'un bon aperçu de ses capacités cette saison, comme l'attestent des statistiques somme toute modestes (un but et une passe décisive). Si son travail défensif a été quasiment irréprochable, son apport offensif est resté relativement timide. Le natif de Blanc-Mesnil a eu du mal à se libérer totalement pour faire prévaloir ses qualités de vitesse, de percussion et de frappe. En revanche, son intelligence de jeu et ses qualités physique, notamment dans l'endurance, ont fait merveille. « Quand on lui dit quelque chose, il comprend tout de suite », apprécie Patrice Garande.


38 matchs de championnat disputés


Titulaire à Ajaccio lors de la première journée de championnat en raison de la suspension d'Aurélien Montaroup, Raphaël Guerreiro était retourné sur le banc la semaine suivante contre Auxerre. Patrice Garande a vite révisé ses plans à son sujet. Dès la troisième journée, et après être néanmoins entré en cours de jeu la semaine précédente, le jeune homme était de retour dans le onze de départ. Il n'allait plus le quitter. Seul Jérémy Sorbon, parmi les joueurs de champ, a passé plus de temps que lui sur le rectangle vert. 21 minutes, pour être précis. Son entraîneur est sous le charme. « C'est un joueur extraordinaire et un homme extraordinaire aussi », confie-t-il. La renommée de l'intéressé a dépassé les frontières françaises puisque la sélection espoir du Portugal s'est ouverte à lui. Le Parisien né d'un père portugais et d'une mère française a honoré sa première cape sous la tunique lusitanienne le 20 mars face à la Suède. « La sélection du Portugal a été un choix compliqué parce que j'ai toujours vécu en France et mon objectif principal était de représenter la France. J'ai eu l'opportunité d'aller au Portugal et je l'ai saisie. Ça m'a bien plu. Le choix n'est pas fixe comme je n'ai pas été sélectionné en équipe première. Je peux encore changer. »


Une saison pleine, des récompenses individuelles, une sélection internationale et des louanges unanimes : le cocktail parfait pour ouvrir de nouvelles portes ? Incontestable futur grand, du haut de son mètre 70, Raphaël Guerreiro laisse peu de monde insensible. Marseille, Lyon et Lille s'intéressent notamment à lui. Certains se rêveraient déjà sous les feux de la Ligue 1. Lui, décrit par tous comme un garçon simple et humble, ne voit toujours que par Malherbe. « Bien sûr que j'ai envie de continuer ici quand on voit la confiance qui m'est accordée. J'adore ce club. Il m'a apporté beaucoup de choses, j'ai réussi à progresser ici. » Raphaël Guerreiro, gravement blessé peu après son arrivée en Normandie, n'a pas la mémoire courte. Le Stade Malherbe ne peut que s'en réjouir. « Pour une fois qu'il y en a un qui veut rester chez nous, s'amuse Patrice Garande. Il n'a pas de bon de sortie. C'est la volonté du club. On réfléchira peut-être s'il y a une très bonne proposition à son sujet. Pour lui, en France, ce n'est pas compliqué. A part Lille, personne ne peut l'acheter. Si c'est pour le vendre 1,5 million d'euros, ce n'est pas la peine. Si Digne (actuel latéral gauche lillois, ndlr) vaut 10 millions, Guerreiro en vaut au moins 5. Quand je parle de Lille, ce n'est pas innocent. Le scénario idéal serait que Digne reste un an, que Lille achète Guerreiro 5 millions et qu'ils nous le prêtent un an. Après, Lille aura le même que Digne en plus petit, mais pas en moins bon. » Aux dernières nouvelles, Lucas Digne, 20 ans le mois prochain, pourrait quitter le Nord contre un chèque de 15 millions d'euros. Néanmoins, Jean-François Fortin répétait encore hier sur smcaen.fr sa « détermination » à conserver Raphaël Guerreiro.

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