Maëva Danois, compétitrice exigeante

Comme l'année dernière chez les juniors, Maëva Danois a pris la troisième place des championnats de France espoirs, le 6 juillet à Aubagne. L'Hérouvillaise licenciée à l'EAMH a devancé sa partenaire de club Hanna Del Bianco de sept secondes au 3 000 mètres steeple. La détermination de cette compétitrice exigeante est pour beaucoup dans sa progression continue.


L'heure des vacances ne sonne jamais complètement pour Maëva Danois. Quelques jours après l'ultime compétition de son calendrier estival, la plus importante, l'athlète hérouvillaise était de retour sur les pistes d'entraînement. « Normalement je dois couper, mais j'accompagne mon petit frère qui prépare les championnats de France juniors. Il est tout seul sinon », explique-t-elle le sourire aux lèvres. Alan Danois, spécialiste du 400 mètres haies, aura un bel exemple à suivre ce week-end à Dijon. Pour la deuxième année consécutive, sa sœur est rentrée bronzée des championnats de France estivaux. Et rien à voir avec le soleil de plomb qui régnait sur Aubagne ce samedi 6 juillet. « Il faisait très chaud, se remémore la demi-fondeuse. N'ayant pas l'habitude de courir sous ces températures, j'étais un peu anxieuse. Je ne savais pas trop quoi faire avant ma course, s'il fallait que je boive des litres d'eau ou pas… Je savais que j'avais des chances de podium mais je me disais que sous cette chaleur rien n'était joué. J'ai couru avec beaucoup d'appréhension. Au fil de la course, les filles ont commencé à lâcher et le podium à se dessiner. J'ai fini à l'agonie. Dans les rivières, je me mettais de l'eau dans la bouche tellement j'étais sèche. »


Souffrir pour performer. Maëva Danois connaît la rengaine. « Courir pour se faire mal, c'est un peu sado, rigole-t-elle, mais l'athlé est un sport assez sado ! Il faut aimer se faire mal pour pouvoir progresser. Quitte à finir à genou, j'adore aller au bout de moi-même. Je vais essentiellement à l'entraînement pour le plaisir mais je me fais plaisir en me disant "j'ai bien souffert à cette séance". » C'est en particulier pour ce dépassement de soi que Maëva Danois aime tant l'athlétisme. Née dans le sport « comme Obélix dans la potion magique », la demoiselle a fait ses premiers pas sur un stade, guère loin d'une maman athlète qui semble constituer sa première source d'inspiration. « Ma mère m'a appris à tout le temps à me donner à fond. C'est dans mon caractère et c'est dans mes gènes. » Maëva Danois n'a pas attendu le nombre des années pour briller, obtenant son premier titre régional en cross dans la catégorie benjamines. Depuis, les premières et deuxièmes places départementales, régionales et inter-régionales s'accumulent avec une certaine constance, en cross, en salle comme en stade. C'est à seize ans que la sociétaire de l'Entente Athlétique Mondeville-Hérouville s'est orientée vers le steeple, lasse de ne faire que du plat. « Je m'ennuyais sur 1500 mètres et 3000 mètres. Je n'avais pas cette petite appréhension que j'ai au moment d'attaquer les barrières. » Sur le steeple, discipline féminisée tardivement, Maëva Danois a trouvé son meilleur terrain d'expression.


« L'athlé, c'est une drogue »


Au départ, c'est « pour le fun » que la native de Caen s'est essayée au steeple. Les résultats aidant, elle a très vite accroché. Le 27 juin 2009 aurait pourtant pu marquer un brutal coup d'arrêt. Ce jour-là, Maëva Danois se rompt les ligaments croisés du genou. Pour la quasi-totalité des sportifs, une telle blessure signifie la fin immédiate de leur saison. Pas pour Maëva Danois, bien décidée à finir sa course – qui plus est au premier rang – et à continuer la pratique sportive. « Ça ne tenait pas, j'avais souvent des faiblesses, mais je ne voulais pas m'arrêter. L'athlé, c'est une drogue. Après mon opération (en octobre 2010, ndlr), je suis revenue assez rapidement. Je me suis remusclée et j'ai repris le steeple. Il fallait que je reprenne confiance en moi, que j'enlève la peur de franchir les barrières. » Maëva Danois ne s'est jamais tenue très longtemps éloignée de l'athlétisme. Même son passage par le foot, du côté de la Maladrerie, n'a pas vraiment constitué une infidélité. « Je faisais toujours de l'athlé en parallèle. Je trouvais ça délirant, mais je ne me donnais pas à fond. Je me refroidissais sur le terrain. » L'expérience n'a pas été prolongée. L'athlétisme est resté un « pilier » majeur de son existence. « Si je n'avais pas ça, je serais un peu paumée », reconnaît-elle.


Ce qui pousse l'étudiante en prépa kiné ? Le plaisir de s'entraîner, de tout donner, mais plus encore la compétition. Maëva Danois n'aimerait peut-être pas autant courir si elle n'obtenait pas de si bons résultats, même si « ce ne sont pas non plus des performances de ouf ». Sous son joli sourire, elle cache à peine une détermination sans faille, « une hargne qui fait sa force », à en croire son frère. « Elle a son petit caractère mais elle veut aller loin et se remet toujours en question », précise Alan. La jeune athlète de 20 ans appartient à la catégorie des perfectionnistes, jamais totalement rassasiés de leurs prestations. Sa troisième place à Aubagne lui a même laissé un très léger goût d'inachevé. « On ne va pas cracher sur une médaille mais je ne suis pas satisfaite de ma course. Si je ne suis pas première, je ne suis pas satisfaite. C'est pareil en cours. Je suis une compétitrice. » Volontaire, Maëva Danois a fait de sa force mentale une de ses premières qualités, elle qui dispose d'une marge de progression conséquente sur le plan technique. « Elle sait ce qu'elle veut et quand elle veut quelque chose, elle va le chercher », résume son entraîneur Thierry Leroux. Quand elle ne court pas derrière – ou plutôt devant – ses adversaires, Maëva Danois lutte contre le chronomètre. Elle a battu ses records personnels sur 1 500 mètres (4'44''30), 3 000 mètres (10'05''26) et 3 000 mètres steeple (10'45''35, record de ligue) cette année. « Son podium aux championnats de France est la cerise sur le gâteau, poursuit son coach. Elle a fait une belle saison. Ça monte d'année en année. J'espère que je vais pouvoir l'amener très haut. »


Du fractionné pour le plaisir


Maëva Danois a manqué la qualification aux France Élite pour quelques dixièmes de seconde, finissant treizième des bilans nationaux quand les douze premières seulement étaient qualifiées. Espoir première année (il lui reste encore deux ans dans cette catégorie), elle aura bien d'autres occasions de goûter au plus haut niveau français. « Ça aurait été un bonus d'y aller. Les filles sont vraiment costaudes en sénior, elles ont de l'expérience. Sur les cross, on entend des "allez maman" ! Les courses sont très tactiques en steeple. » À court terme, la Bas-Normande ne se voit pas sur le podium des Élites. « Il ne faut pas se voiler la face », dit-elle. D'ici quelques années, en revanche, tout sera possible. « C'est un objectif mais aussi un rêve. C'est encore assez flou. Ce que j'aimerais, c'est poursuivre ma progression et continuer de m'épanouir dans le sport. » À la rentrée prochaine, Maëva Danois attaquera sa deuxième année de prépa. « Les études sont la priorité », rappelle Thierry Leroux. Plus tard, à l'heure d'intégrer une école de kiné, sa carrière prendra nécessairement un nouveau virage. Les choix de vie n'éloigneront pas cette passionnée, capable de faire pendant les vacances « une petite série de 30-30 pour le plaisir », de l'athlétisme. Alan n'a probablement pas fini d'être « fier et heureux » des performances de sa grande sœur.

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