Caen, l'année pour monter

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Le Stade Malherbe débutera sa saison avec un appétit non feint, demain soir devant Dijon (20h). Quatrièmes de Ligue 2 au printemps dernier, les Caennais font de la montée en élite leur unique obsession. Le recrutement opéré, avec des moyens pourtant limités, semble encourageant. Dans un championnat beaucoup plus ouvert qu’en 2012-2013, Caen se dégage comme le principal favori. Des incertitudes demeurent pourtant.

 

La Ligue 1, une « obsession » pour le Stade Malherbe

Il y a un an, le Stade Malherbe s’était fixé l’objectif de faire la meilleure saison possible après un été agité. « On avait fait des matchs de préparation catastrophiques et personne ne croyait en nous, se remémore Patrice Garande. Si on avait fini dixièmes avant de commencer, tout le monde aurait été content. Je me suis servi de ces éléments et on a fait ce qu’on a fait. Personne dans le club ne m’avait dit « il faut monter ». Cette année, ce n’est pas la même chose. » En début de mercato, le pessimisme était répandu parmi les supporters caennais, inquiets des départs de Raphaël Guerreiro et Jérémy Sorbon, guère plus rassurés par les premières signatures issues du National ou des bancs de Ligue 2. Les arrivées suivantes – Mathias Autret, Jérôme Rothen et Felipe Saad – le  discours volontariste des dirigeants caennais et les belles séquences aperçues en préparation ont changé la donne. Aujourd’hui, Caen fait figure de favori à la montée aux yeux de la Ligue 2 comme de ses propres supporters. Et les Malherbistes ne se cachent pas. « Je n'ai qu'une obsession cette année, c'est de monter en Ligue 1, martèle Patrice Garande. Tout le monde ne pense qu'à ça dans le club. On a l’obligation de tout faire pour monter et on a bâti un groupe pour cela. »

 

Le recrutement, une plus-value pour le groupe

Le Stade Malherbe a perdu gros avec Jérémy Sorbon et Raphaël Guerreiro, mais il est "sorti" du mercato clairement renforcé. Les six joueurs recrutés durant l’intersaison débutent même la saison dans la peau de titulaires. Pour certains, cela n’a rien d’une surprise. Jérôme Rothen (milieu axial) et Felipe Saad (défenseur central) font d’ores et déjà figure de cadres dans l’effectif caennais par leur expérience et leur qualité technique. La signature de Jérôme Rothen, dont on connaît la superbe patte gauche, suffit à faire de Caen un candidat légitime à la montée… Mathias Autret (attaquant gauche) était lui aussi clairement destiné à être titularisé. Raphaël Guerreiro n’aurait pas signé à Lorient s’il n’avait pas été dans la balance sous forme de prêt. « C’est un joueur de Ligue 1, il n’y a pas besoin de voir trois matchs pour s’en apercevoir, affirme Patrice Garande. Au bout de cinq minutes on voit que c’est un joueur qui est au-dessus. » Avant ces trois arrivées, celles de Jonathan Kodjia (attaquant droit), N’Golo Kanté (milieu axial) et Dennis Appiah (arrière droit) laissaient plus dubitatif. Pourtant, les deux premiers nommés sont peut-être ceux qui ont le plus séduit lors des matchs amicaux. En dépit d’un déchet important dans son jeu, Jonathan Kodjia s’est souvent montré décisif (deux buts dont un sur pénalty, deux pénaltys provoqués). Quant à N’Golo Kanté, sa percussion, sa justesse et son intelligence de jeu ne sont pas passées inaperçues. Au point de reléguer Fayçal Fajr sur le banc. Dennis Appiah s’est un peu moins mis en évidence, que ce soit en défense centrale ou sur le côté droit ensuite, mais ses qualités ne font pas de doute.

 

Le 4-3-3, un système plus offensif

Initialement, Patrice Garande comptait jouer en 4-4-2 cette saison pour palier certaines difficultés offensives constatées l’an passé. L’opportunité Jérôme Rothen a chamboulé ses plans. « Pour moi, Jérôme ne peut jouer que dans un 4-3-3. Ce schéma est fait pour être plus offensif. » Le milieu de terrain axial reste composé de trois joueurs, mais seulement un à vocation clairement défensive (Laurent Agouazi). Jérôme Rothen et N’Golo Kanté, qui pourront être remplacés par Thomas Lemar et Fayçal Fajr, auront un rôle offensif conséquent. Mathias Autret et Jonathan Kodjia joueront plus haut et plus près de Mathieu Duhamel qu’Alexandre Cuvillier et Livio Nabab la saison dernière. Mathieu Duhamel bénéficiera donc d’un soutien plus important, lui qu’on a souvent vu isolé dans un passé récent. « Il va jouer comme un avant-centre, avec des joueurs sur les côtés et au milieu de terrain qui vont l’alimenter. Je vais toujours demander à mes latéraux de participer. Après, tout dépendra de l’animation. Si à chaque match on a la même animation offensive que contre Valenciennes, avec le physique en plus, ce sera intéressant. Il y a des moments où ce sera un peu plus compliqué. » Sur ce qui a été vu en match de préparation, le 4-3-3 du Stade Malherbe (qui se transforme en un 4-1-4-1 à la perte du ballon) est prometteur. Caen ne gardera peut-être pas son statut de meilleure défense cette saison mais sera assurément plus performant en attaque.

 

La qualité technique, un point fort indéniable

Il suffit de voir Mathias Autret, Jérôme Rothen et N’Golo Kanté en action pour constater que le Stade Malherbe a renforcé son potentiel technique durant l’intersaison. « Dans ce groupe, il y a une grosse maîtrise technique qui n'existe pas dans toutes les équipes de Ligue 2, assure Jérôme Rothen en connaisseur. On est certainement au-dessus de la moyenne de ce côté-là. » Caen n’a pas joué suffisamment de matchs amicaux pour le confirmer clairement, mais la prestation délivrée contre Valenciennes et quelques séquences du derby face au Havre vont dans ce sens. « Je pense qu’on est mieux armés, avance Patrice Garande. Il n'y a que la compétition qui dira si on est plus forts. Sur le plan offensif, on a plus de possibilités, il y a plus de variation dans notre jeu. On est d'un niveau technique supérieur. Après, ça reste à démontrer. Est-ce qu'on sera plus efficaces ? Je l'espère. » L’effectif caennais apparaît plus homogène et équilibré. Tous les postes ont été doublés – même si des départs ne sont pas à exclure – si bien que d’éventuelles blessures ou suspensions n’empêcheront pas la continuité du 4-3-3. La densité de l’effectif, au moins à certains postes, permet aussi d’envisager une concurrence accrue. « L’objectif de la montée implique une approche psychologique par rapport à la compétition différente, y compris dans la concurrence », expose Patrice Garande.

 

La défense, source d’incertitudes

A côté des joueurs incontournables qui se dessinent (Damien Perquis, Felipe Saad, Laurent Agouazi, Jérôme Rothen, Mathias Autret et Mathieu Duhamel), la concurrence a créé ses premières surprises dès les matchs de préparation. La défense, seul secteur vraiment touché par les départs, a été complètement remaniée. « À gauche, je n'ai pas vu ce que je voulais voir avec Aurélien (Montaroup) et Alex (Raineau), confiait l’entraîneur caennais avant ce qui devait être la dernière répétition contre Reims. Nico (Seube) est titulaire à ce poste pour l'instant. À droite, je pense que Dennis (Appiah) est plus efficace à la fois défensivement et offensivement que Jean Calvé. C'est la vérité du moment. Est-ce que ce le sera toute la saison ? Ça m'étonnerait. » Une incertitude persiste dans l’axe entre Jean-Jacques Pierre et Molla Wagué, même si l’international malien part probablement avec une longueur d’avance. Quelle que soit la décision prise à ce sujet, et malgré l’arrivée rassurante de Felipe Saad, la défense laisse planer des interrogations. Pour le moment, Caen est moins fort dans ce secteur que la saison dernière. On a néanmoins très peu vu en action Nicolas Seube et Dennis Appiah dans les couloirs. Difficile dès lors de se faire une réelle opinion. On peut cependant imaginer que la montée se jouera un peu plus en attaque qu’en défense. Après tout, Monaco, Guingamp et Nantes composaient le trio de tête en matière de buts marqués la saison dernière. Vous souvenez-vous des trois promus ?

 

Le bilan : confiance mesurée

S’il n’y avait eu ce match annulé contre Reims (mais nul ne peut prédire comment il aurait tourné) et cette opposition interne tendue le lendemain, où l’équipe des titulaires s’est inclinée 1-0 sans avoir montré grand-chose, beaucoup de témoins seraient au vert pour le Stade Malherbe. Son effectif apparaît plus expérimenté, plus talentueux et plus équilibré que la saison dernière, doté d’un potentiel offensif nettement supérieur. Cependant, les Caennais n’ont disputé que trois matchs amicaux, dont un à deux (si on compte Le Havre) susceptibles de livrer de réels enseignements. Jérôme Rothen n’a ainsi joué qu’une mi-temps et Felipe Saad 70 minutes. En termes de rythme et de repères, ce n’est pas l’idéal. Reste à savoir, aussi, comment se traduiront à terme les mécontentements, conséquence d’une plus forte concurrence, et leur gestion. La réception de Dijon demain pèsera bien plus que trois points. « Si on bat Dijon, tout va rouler, prédit Patrice Garande. Si contre Dijon ça ne se passe pas bien, il faudra discuter. »

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