Dennis Appiah veut faire de Caen son meilleur tremplin

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Lors de sa présentation à la presse, Alain Caveglia parlait d’un « défenseur moderne » dont la polyvalence était l’une des premières qualités. Dennis Appiah, 21 ans tout juste, s’est fait un plaisir de confirmer les dires de son directeur sportif. Le latéral droit du Stade Malherbe, issu des rangs monégasques, réalise un début de saison des plus prometteurs. Portrait.

 

 

Ne comptez pas sur lui pour faire des vagues. Dennis Appiah est un garçon « discret » qui se définit comme « très calme et très posé ». Les « strass et paillettes » de Monaco n’ont pas changé cet homme tranquille, peu adepte des prises de tête. Dennis Appiah n’est pas tombé dans le « piège » de la Principauté et de son environnement festif. « Si on ne se méfie pas, ça peut très vite nous emporter. Je ne suis pas quelqu’un qui sort beaucoup donc je suis resté un peu en-dehors de tout ça, même si ça a été un peu moins vrai saison dernière. Comme je jouais moins, j’essayais de m’échapper un peu du football. » Dennis Appiah ne pourrait pourtant pas s’éloigner très longtemps du ballon rond. Quand ce passionné ne joue pas, il regarde les matchs à la télévision. En particulier la Ligue des Champions, à laquelle il rêve de participer, et Arsenal, son club préféré.

 

Dennis Appiah sait qu’il lui reste beaucoup d’étapes à franchir avant de concrétiser ses envies, mais le défenseur du Stade Malherbe a déjà parcouru un joli chemin. A 21 ans, ce fils de Ghanéens au sourire facile a trois années de professionnalisme derrière lui, cinquante sélections internationales à son actif et une coupe Gambardella à son palmarès. Voilà qui pose de solides jalons. « En arrivant à Monaco, je ne pensais pas que j’allais intégrer l’équipe de France dès la première année et signer pro au bout de trois ans. » Les choses sont souvent allées un peu plus vite qu’imaginé pour celui qui a été titré en CFA 2, avec la réserve monégasque, et en Ligue 2. Il avait à peine douze ans quand les premiers regards se sont tournés vers lui. Alors licencié aux Pradettes, son « petit club de quartier » à Toulouse, quelques recruteurs prenaient déjà des informations à son sujet. « On parlait beaucoup de moi mais je ne faisais pas attention. J’ai commencé à comprendre que j’avais des possibilités quand Gérard Battlès, qui travaillait au club de Sochaux, est venu me voir. Mais je ne prenais pas la tête avec ça. À partir du moment où je suis entré au centre de pré-formation, c’est devenu vraiment autre chose. » Dennis Appiah a intégré le centre de Castelmaurou, en banlieue toulousaine, à treize ans. Deux ans plus tard, Toulouse, Sochaux, Saint-Étienne ou encore Marseille lui ouvraient grand leur porte. C’est finalement Monaco qui a raflé la mise. « La qualité de la formation et le cadre de vie ont joué. J’ai surtout beaucoup discuté avec Dominique Bijotat, qui était le directeur du centre à l’époque et qui m’a convaincu de signer. »

 

L’équipe de France reste un objectif

 

À quinze ans, Dennis Appiah quitte sa ville natale – et sa famille, bien que sa mère et son petit frère également joueur à l’ASM le rejoindront quelques années plus tard – avec l’ambition affirmée de faire carrière dans le football. Ses débuts sur le Rocher ne pouvaient pas mieux commencer puisqu’ils se sont accompagnés d’une nouvelle aventure sous le maillot de l’équipe de France. De 2007 à 2011, des U16 aux U20, le Toulousain de naissance a été un pilier des sélections jeunes. « J’ai été détecté lors de la Coupe Nationale à 15 ans et je suis toujours resté en équipe de France. A l’époque, c’était quelque chose de normal. Mais quand j’y repense aujourd’hui, je me dis que c’était quelque chose de génial. » Stoppé par des blessures au début d’année 2012, resté ensuite sur le banc à Monaco, Dennis Appiah a dû renoncer aux Bleuets. Provisoirement, espère-t-il. « Ma génération est en équipe de France espoirs. Je les connais tous. Ça reste un objectif, je l’ai dans un coin de ma tête. Bien heureusement pour eux et malheureusement pour moi, les 93 (il est de 1992, ndlr) ont fait un super championnat du monde. Le coach va s’appuyer sur eux. A moi d’être très bon sur le terrain. » Au vu de ses premières prestations avec Caen, Dennis Appiah a des raisons d’y croire. Le latéral droit réalise un début de saison au diapason de celui mené par son équipe. Présent dans l’équipe-type de France Football lors des deux premières journées de championnat, il est encore monté d’un cran face à Créteil. Son apport offensif est de plus en plus intéressant au sein d’un couloir droit, qu’il occupe avec Jonathan Kodjia, très séduisant. « Dennis a des qualités de vitesse et de puissance, expose Patrice Garande. Défensivement, il est quasiment impassable en un contre un. Je pense que c’est plus un joueur de couloir que d’axe. »

 

L’intéressé ne conteste pas le sentiment du patron. Formé dans l’axe, où il a disputé les deux premiers matchs de préparation du Stade Malherbe, il s’épanouit davantage sur un côté. « J’ai de bonnes sensations. C’est revenu petit à petit avec la confiance que me donnent les coachs. J’ai fait de bonnes prestations. J’ai des jambes, tout se passe bien. » À l’origine, le jeune homme était plutôt pressenti dans l’axe à Caen. A l’entendre, son replacement n’a pourtant rien d’une improvisation. « C’était presque sûr que je jouerais à ce poste-là quand j’ai signé. En défense centrale, je peux dépanner. Il y a des coachs qui me préfèrent là, d’autres non du fait de ma taille et du jeu de tête. » Du haut de son mètre 79, Dennis Appiah appartient à la catégorie des petits gabarits parmi les joueurs axiaux. Si son aisance technique, la sérénité qu’il dégage et ses qualités athlétiques peuvent compenser ce paramètre, Patrice Garande a préféré accorder sa confiance au très solide duo Wague-Saad au centre pour confier le couloir à sa recrue monégasque. Pour le moment, l’opération est une réussite. Dennis Appiah est bien parti pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé en signant à Caen : se relancer. « J’aimerais rejoindre la Ligue 1 en m’étant déjà fait un nom. Cette année est une année charnière pour moi. J’ai envie de faire une saison complète, de montrer que je n’ai pas signé pro pour rien, que je suis toujours là et qu’on ne m’enterre pas. »

 

Une dernière année monégasque décevante

 

Il y a deux ans, alors que Monaco descendait en Ligue 2 et faisait appel massivement à ses jeunes, Dennis Appiah avait joué la quasi-totalité des matchs de la phase aller. « Il fallait sortir Monaco du trou. On nous mettait beaucoup de pression sur les épaules. Les joueurs expérimentés n’étaient pas très bien à ce moment-là et c’était compliqué de remonter en Ligue 1. On a fait une transition. » Blessé en deuxième partie de saison, Dennis Appiah avait terminé l’exercice par trois titularisations. C’est l’année suivante, quand le richissime Dmitriy Rybolovlev a pris les commandes du club de la Principauté, que les choses se sont corsées. Barré par un recrutement déjà conséquent, Dennis Appiah a vécu la saison entre les bancs de Ligue 2 et l’équipe réserve. « Il y a forcément des doutes pendant la saison parce qu’on ne comprend pas toujours les choses. Je pense que j’avais les possibilités de jouer l’année dernière. Il y a des choses que je n’ai pas faites et que j’aurais peut-être dû faire, ne serait-ce que demander des explications au coach. » Quand Monaco a proposé, en décembre dernier, une prolongation de contrat à ce joueur, ce dernier l’a refusée. Qu’importe si la Ligue 1 était en ligne de mire, et avec elle un recrutement princier. « L’important pour moi est de jouer. » S’il continue à ce rythme, Dennis Appiah n’aura pas de mal à exaucer son vœu.

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