Week-end décisif pour les Phénix et leurs Québécois

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Baseball. ¼ finale du championnat de N2, samedi (15h) et dimanche (11h), Caen Sud. L’équipe seniors du club de baseball et de softball caennais est en passe de vivre un moment historique. Les Phénix ont en effet atteint la Nationale 2, après une saison de Nationale 3 idéale, auréolés du titre de Champions de Normandie. Après un sans faute à la fin de l’été lors des phases de poule de N2, les joueurs de baseball caennais peuvent, s’ils remportent leur confrontation face à Sénart ce week-end, atteindre dès à présent la Nationale 1 soit le troisième niveau national ! L’occasion pour nous de parler de trois joueurs un peu spéciaux chez les Phénix, trois Québécois qui ont intégré l’aventure caennaise il y a un an. Découverte !

 

Le baseball au Québec est, après l’incontournable sport roi que représente le hockey sur glace, une activité majeure pour tous les sportifs de la Belle Province. À l’image des nombreux Canadiens qui viennent jouer du palet sur les patinoires de l’Hexagone, quelques Nord-Américains font de même sur les terrains de baseball. Moins connu, moins populaire, plus difficile d’accès, le baseball tente depuis quelques années de creuser son sillon dans le cœur des Français. Depuis un an, trois Québécois ont fait le choix de venir jouer sous les couleurs des Phénix. Et ils contribuent, grâce à leur expérience et à leur science de ce jeu, à faire progresser le club caennais dans la hiérarchie du baseball tricolore. Lundi, les Phénix pourraient faire partie des 34 meilleurs clubs de France.Il leur faut pour cela vaincre la formation de Sénart, ce week-end, à Caen.

 

« C’est une chance inouïe pour nous » tient à souligner Yves Meunier-Guttin, entraîneur et joueur des Phénix. Le Caennais a connu les trois Québécois lors de son passage dans le club de Cherbourg (de 2006 à 2012) et est parvenu l'été passé à embarquer les compères dans son aventure caennaise. Une aubaine pour le club caennais quand on se penche un peu plus sur le parcours de chacun d’eux ! Car Stéphane Bernaquez, Éric Coutu et Marc Bouchard sont loin d’être inconnus dans le monde du baseball français. Tous trois ont joué en première ou deuxième division et ont fait les belles heures de plusieurs clubs comme Cherbourg, Bois-Guillaume, Sénart ou encore Cergy-Pontoise. « J’ai été coéquipier de Stéphane à Cherbourg. C’est un joueur connu et respecté en France. Il m’a transmis beaucoup, a partagé son expérience, m’a aidé à évoluer alors que je stagnais un peu à un moment de ma carrière. J’ai pu passer un cap grâce à lui », souligne Yves Meunier-Guttin à propos du plus expérimenté des trois compatriotes qu’il a recroisé par hasard l’été dernier. Il lui a alors proposé de venir jouer dans le Calvados et Stéphane, séduit par le projet, a accepté. « Sa venue à Caen est une histoire d’amitié. Il vient avec nous pour le plaisir de jouer. Mais il donne tout sur le terrain, il a toujours la rage de vaincre », enchérit son entraîneur et ami qui ajoute également que Stéphane Bernaquez a terminé à une époque, alors qu’il jouait en Élite : « avec la meilleure moyenne au bâton ». « C’est le hockey qui m’a emmené au départ en France, explique l’intéressé. Et puis j’ai appris qu’il y avait du baseball et donc j’ai enchaîné après la saison d’hiver et le hockey ».

 

Marc Bouchard, le plus jeune de la bande, a commencé sa carrière française au club de Cergy-Pontoise. « Je suis venu pour jouer, j’avais eu un contact à Cergy. Ça m’a aussi permis de voyager. Je suis resté deux ans là-bas et puis je suis allé à Cherbourg, et j’y ai rencontré ma femme », souligne le joueur. Yves a donc également été son coéquipier dans le club manchois, et il ne tarit pas d’éloges sur Marc ! : « il a toujours été là pour m’aider, me conseiller, s’occuper de moi. C’est un très grand joueur, un grand lanceur ! Il est discret, mais fait toujours preuve d’abnégation ! ».

 

Le troisième larron, Éric Coutu, n’a, lui, pas quitté son Québec natal pour jouer au baseball. Ce sont les études qui l’ont fait venir : « J’étais dans l’armée au Canada et mon régiment avait combattu à Dieppe. J’ai voulu faire des recherches là-dessus et je suis donc venu faire une maîtrise à l’Université de Rouen. J’ai rencontré ma femme la première journée et je suis resté depuis. Ça fait 17 ans de ça ! » Aujourd’hui professeur d’histoire, Éric a un temps été président du club de Bois-Guillaume avant de venir à son tour signer à Cherbourg en 2010. « On a fait deux saisons ensemble là-bas, enchérit Yves. Il est super sympa, s’intègre facilement et a un feeling excellent. Il parle et transmet beaucoup aux autres joueurs. C’est intéressant ».

 

Les trois joueurs, qui ont chacun une belle carrière derrière eux, ont tenté l’aventure caennaise pour « être entre copains ». Mais le projet d’Yves, entraineur-joueur et d’Alexandre Hamel, ancien joueur de Cherbourg également et aujourd’hui président du club caennais, a également intéressé les trois compères pour son sérieux et son ambition : « J’avais envie de jouer dans une bonne équipe. Cette équipe-là est une bonne formation de niveau régional et avait l’ambition de jouer en N1 », souligne Marc qui, à l’instar des deux autres, a toujours gardé l’esprit de compétition !

 

Depuis leur arrivée, et grâce au travail d’Yves auprès des jeunes, l’équipe des Phénix n’a de cesse de progresser. Et pour valider cette année plus que positive, Caen doit réussir une grande performance ce week-end, en ¼ de finale de N2. « C’est clairement l’objectif de la saison », lance Yves qui sait que son collectif devra être à son meilleur niveau pour venir à bout (en deux matchs gagnants) de Sénart. « Leur équipe première est la deuxième meilleure de France. Ils ont perdu de peu (3-2) contre Rouen. Ils ont des installations impeccables, un terrain flambant neuf et on fait un bon recrutement, composé de plusieurs internationaux. Nous allons jouer contre leur équipe réserve ce week-end », commente l’entraîneur. Comment ne pas appréhender cette opposition quand on compare les deux clubs, aux moyens si différents ? Se pose également la question de l’effectif, côté Sénart, qui se présentera sur le terrain lors de ce match décisif….« Ce ne sera pas facile de contrôler, mais il y a un règlement. On va voir, lance Yves, un peu soucieux, avant d’ajouter, j’espère en tout cas que ce sera un niveau de jeu élevé. Ce sera une confrontation intéressante ! » se réjouit-il.

 

Les trois Québécois ne seront pas de trop parmi les Phénix pour venir à bout de la formation de l’Essonne. Leur expérience sera un apport indéniable selon leur ami et entraîneur. Mais c’est avant tout leur état d’esprit qui marque le jeune homme : « ces trois gars, avec leur façon d’être, sont intéressants. Ils mettent l’ambiance, ne s’arrêtent jamais ! Ça détend tout le monde ! » Eux voient dans les Phénix une équipe prometteuse, qui vaut la peine de faire les déplacements chaque week-end : « Il y a toutes les générations, des plus jeunes à nous, les quarantenaires !  Yves fait du très bon travail avec les jeunes. On a une équipe complète, avec de la profondeur et une bonne batterie, même s’il y a encore du travail à faire », souligne Stéphane. Eux trois, s'ils continuent de jouer pour le plaisir, souhaitent aussi parvenir à développer ce sport en France, alors qu'il semble vivre une période de stagnation : « il y a eu quelques années, environ 10-12 ans, où le nombre de licenciés était monté autour de 10-15 000. Et puis, on a favorisé l’élitisme au détriment du développement de la masse et on en souffre énormément aujourd’hui », souligne Éric qui a été durant cette période président du club de Bois-Guillaume. Quoi de mieux qu’une montée en N1 pour contribuer, du moins au niveau local, à faire connaître un peu plus ce sport et leur club… À vous de jouer messieurs !

 

 

Le ¼ de finale face à Sénart débutera samedi, sur le site de Caen sud, à 15h00. Le deuxième match aura lieu au même endroit, dimanche à partir de 11h. Et le troisième, si nécessaire (il faut deux victoires pour l’emporter), démarrera dimanche à 14h30.

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