Julie Vanloo, un talent brut à Mondeville

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Comme beaucoup de ses coéquipières, Julie Vanloo, 20 ans, participera demain à son premier Open LFB. La meneuse belge de l'USO Mondeville ouvrira le bal avec ses partenaires face à Toulouse, en début d'après-midi (13h30). Malgré la fatigue liée à une mononucléose, elle est bien décidée à confirmer les espoirs que son club place en elle. Portrait d'une jeune fille pleine d'avenir.


« C'est vrai, tu joues au foot ? » Le visage naturellement avenant de Julie Vanloo s'est éclairé devant notre réponse positive. « J'adore le foot ! » Le programme du soir, après l'entraînement, était d'ailleurs bien arrêté : la Ligue des Champions, et rien d'autre ! La meneuse de l'USO Mondeville voue une passion débordante pour le sport préféré des Belges. « Le basket, c'est mon job. Des fois, ça se passe très bien. D'autres fois, c'est plus difficile Quand je joue au foot, c'est sans souci. Je suis avec mes amis et ce n'est que du plaisir. » Pendant trois ans, quand elle était adolescente, Julie Vanloo a mené de front football et basket. Aujourd'hui, c'est essentiellement devant sa télévision ou son écran d'ordinateur qu'elle fait vivre son affection pour l'autre ballon rond. Quand elle vivait encore en Belgique, elle était abonnée au FC Bruges et suivait son équipe favorite en déplacement. « Je suis aussi allée voir des matchs en Angleterre avec mon père. Maintenant, je rêve d'aller à Barcelone. Je veux pouvoir dire à mes enfants, plus tard, "j'ai vu Messi jouer". » Hormis Kevin Durant, dont elle a les chaussures orange, aucun basketteur ne peut se targuer d'être aussi adulé par la demoiselle. « Je ne suis pas du tout le basket, sauf la NBA. » On l'aura compris, sans avoir besoin de préciser son goût prononcé pour les jeux vidéos FIFA, le football occupe une place de choix dans l'échelle sentimentale de Julie Vanloo.


Ce n'est pourtant pas une footballeuse que nous avons rencontrée, mais bien une basketteuse. Une des toutes meilleures de Belgique, même. Certes, le basket est loin d'y être un sport extrêmement populaire, mais un rapide regard sur la carrière de la jeune fille suffit à démontrer qu'elle constitue un joyau brut pour la petite nation. À 15 ans, Julie Vanloo était déjà internationale A. « Emma (Meesseman) avait décliné la convocation. C'était en plein hiver et cela nécessitait de manquer l'école pendant un mois. Comme il y avait des blessées à mon poste, j'ai commencé tous les matchs. Ça a été une expérience extraordinaire. » Le vécu international de Julie Vanloo avait débuté l'année précédente chez les jeunes. Elle n'avait que 14 ans quand elle a disputé son premier championnat d'Europe U16, terminé à quasiment dix points de moyenne par match pour à peine vingt minutes de temps de jeu. L'année suivante, la meneuse prenait déjà une autre envergure avec seize points par match et une première récompense individuelle dans le meilleur cinq de la compétition. Dans son sillage – et celui d'Emma Meesseman – la Belgique décollait également, terminant cinquième du classement final.


Elle brille sur la scène européenne


Si Romain L'Hermitte a recruté Julie Vanloo, ce n'est pas pour son parcours en club. « Je l'ai vue jouer en sélection, elle crevait l'écran par son talent », assure l'entraîneur mondevillais. Pour son troisième Euro cadettes, Julie Vanloo a encore haussé le ton : dix-neuf points par match et une médaille d'argent à la clé. Là encore, la néo-mondevillaise terminait la compétition auréolée d'une place dans l'équipe-type, récompense qu'elle obtiendrait également deux ans plus tard pour le championnat d'Europe juniors. En 2011, un an après avoir pris la quatrième place du Mondial cadettes, les jeunes belges devenaient championnes d'Europe en battant la France en finale de la compétition. Meneuse et capitaine, Julie Vanloo inscrivait dix-huit points à cette occasion. Dix-huit points ? Quasiment son plus petit total pendant l'Euro Division B disputé cet été et remporté avec brio. Avec 20,4 points par match, Julie Vanloo a obtenu son premier titre de MVP. « Avant, c'était toujours Emma, la meilleure joueuse avec qui j'ai joué. J'ai travaillé très dur pour être au top cet été. Ma distinction personnelle m'a donnée confiance avant de venir en France, mais la médaille d'or était bien plus importante. Ça fait du bien de terminer ainsi. »


Après six ans de bons et loyaux services, Julie Vanloo ne participera plus aux campagnes internationales dans les catégories jeunes. « Ça va me manquer car ce sont les périodes les plus chouettes que j'ai connues. » À l'image de son arrivée à Mondeville, et malgré la jeunesse de l'effectif bas-normand, Julie Vanloo n'évolue plus que chez les "grandes" désormais. Son jeune âge ne l'empêche pas d'afficher une certaine expérience en la matière, que ce soit en sélection, comme on l'a vu, ou en club. La Flamande a passé six ans en D1 belge, à Ypres puis à Waregem. Il lui a néanmoins fallu attendre sa dernière saison en Flandre-Occidentale pour la voir exploiter pleinement son potentiel. « La première année, j'ai été blessée au coude pendant quatre mois. La deuxième année, j'ai eu une pneumonie, déjà. La troisième année, je me suis fait une entorse. Par contre, la quatrième année, j'ai très bien joué. Je n'allais plus à l'école, cela m'a bien aidée. J'étais heureuse et stable. » Julie Vanloo a été élue troisième meilleure joueuse du championnat. Elle tournait à plus de quinze points de moyenne. C'est pourtant du côté d'Ypres, où elle évoluait déjà avec Emma Meesseman, que la jeune fille s'est forgé ses meilleurs souvenirs. « Ça a été ma meilleure période basket car j'étais avec mes parents, raconte-t-elle. Le dimanche matin, j'allais au marché avec ma mère, on mangeait ensemble et j'allais jouer ensuite. C'était sans souci ! »


Deux heures de route trois fois par semaine pour aller s'entraîner


Avant Ypres, qu'elle a rejoint à l'âge de huit ans, Julie Vanloo avait fait ses débuts du côté de sa ville natale, à Ostende. « Je ne suis pas du tout issue d'une famille de basketteurs mais dès que je voyais un ballon, soit je frappais dedans, soit je le prenais à la main. À quatre ans, mon père m'a emmené à un entraînement de basket avec les garçons. J'ai bien aimé et je suis restée là-bas quatre années. Au début, ça se passait très bien. À la fin, les garçons étaient jaloux parce que j'étais meilleure qu'eux. » Pour continuer à s'épanouir dans le sport et bénéficier de la meilleure formation possible, il fallait partir. Julie Vanloo a donc pris la direction d'Ypres, à 55 km d'Ostende. « Il y avait une heure de route, soit deux heures aller-retour, pour une heure d'entraînement. Trois fois par semaine. » Plus tard, l'adolescente allait loger sur place, souvent accompagnée de sa mère. Fille unique, elle a toujours bénéficié du soutien appuyé de ses parents. « C'est grâce à eux que je suis ici », se plaît-elle à rappeler. À Ypres, Julie Vanloo a pris une nouvelle dimension. Elle s'est aussi adonnée à son autre passion, celle pour le foot. Pendant trois ans, elle a pratiqué les deux sports avec le même appétit. « Au bout d'un moment, ça n'a plus été possible, surtout qu'il y avait aussi l'école ! » Mais a priori, la basketteuse est encore capable de jolies choses balle au pied...


À la main, c'est encore mieux, même si Mondeville est encore loin d'avoir tout vu. « Pour l'instant, elle est un peu en difficulté entre être agressive et faire jouer l'équipe, estime Romain L'Hermitte. Des fois, elle oublie de jouer pour elle-même. Elle travaille bien et elle a déjà progressé ici. Le problème, c'est sa mononucléose. Ce n'est pas facile à gérer. » Julie Vanloo n'a pas été gâtée quand, quelques jours après son arrivée à Mondeville, on lui a détecté cette maladie. « Ça fait mal au cœur. Pourquoi moi ? » Fin-août, la jeune joueuse se plaint d'un mal de gorge et file voir le médecin. Les antibiotiques prescrits ne changent rien à la situation. Julie Vanloo vomit nourriture et médicaments, au point de devoir être hospitalisée. Elle souffre d'une mononucléose infectieuse. Depuis, son emploi du temps est réduit à trois verbes : « dormir, manger, jouer ». « Même le ménage, j'ai du mal à le faire, je manque d'énergie. Pendant les entraînements et les matchs, ça va. Dieu merci, je peux encore jouer ! C'est le principal. Je m'en fiche si je ne fais rien en-dehors. Quand j'ai un ballon dans les mains, tous mes soucis s'envolent. » Julie Vanloo, qui a perdu cinq kilos au plus fort de la maladie, garde intact son sourire avenant. Elle ne boude pas son plaisir d'avoir rejoint la Ligue féminine. « Quand Mondeville m'a appelée, j'ai dit "oui" tout de suite. C'est un très bon club, qui dispose d'une bonne formation. J'ai tout de suite eu confiance et mes parents m'ont encouragée à y aller. Mes amis et ma famille me manquent beaucoup. Mais quand je joue et m'entraîne, je sais pourquoi je suis partie. C'est un rêve pour moi d'être ici, une opportunité pour laquelle j'ai travaillé dur. Quand j'étais plus jeune, je pensais que le talent suffirait pour réussir. Je me suis rendu compte qu'il fallait bien plus. »


« Montrer qui est Julie Vanloo »


La meneuse mise sur sa détermination pour atteindre les objectifs qu'elle s'est fixé cette saison : « faire une bonne saison et montrer qui est Julie Vanloo. En Belgique, tout le monde me connaît. En France, je ne pense pas. C'est bien pour moi. » Ce que l'intéressée compte montrer ? Sa capacité à scorer et ses qualités d'organisatrice. « En Belgique, mon job était de marquer des points, que ce soit en pénétration ou sur le tir à trois points. À Mondeville, on ne me demande pas la même chose. Je dois être encore plus la patronne. Il faut aussi que je m'améliore défensivement parce que les filles ici sont très athlétiques. Je dois mettre plus de pression. » À J-1 de l'Open LFB, grand-messe du basket féminin français, la pression monte pour la jeune belge. La saison qui s'ouvre aura certainement son importance quant à la suite de sa carrière. Quel que soit le chemin qu'elle empruntera, Julie Vanloo n'oubliera jamais son leitmotiv : « toujours garder le sourire ». Pour cette sportive accomplie, le basket reste avant tout un plaisir. Elle savoure pleinement le privilège de pouvoir en vivre.

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