Sébastien Mazure revient sur sa décision

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Finalement, il reste ! Quelques heures seulement après avoir annoncé sa démission, Sébastien Mazure apportait ce commentaire sur notre page Facebook : « Je reste l'entraîneur de Courseulles. J'aime ce club et celui-ci me le rend bien. À voir si l'électrochoc va faire effet. » L'ancien buteur du Stade Malherbe, soutenu par ses dirigeants et ses joueurs, nous a précisé sa démarche.


Le propos était nuancé, laissant la porte ouverte à un revirement (« rien n'est figé »), mais semblait assez explicite. Déçu du comportement de son équipe, bien plus que des résultats (une victoire, deux nuls et quatre défaites en Division d'Honneur et une élimination au cinquième tour de la Coupe de France), Sébastien Mazure annonçait avoir remis sa démission à son président suite au revers concédé devant Ouistreham, samedi soir. « J'agis dans l'intérêt du club », insistait le technicien, profondément attaché au RSG Courseulles (lire l'article). Et l'entraîneur-joueur de préciser qu'il assumait pleinement sa part de responsabilité dans cet échec provisoire. « L'équipe est à l'image de son commandement, avance-t-il. Les critiques, je les fais aussi à moi-même. Ce ne sont pas que les joueurs qui sont concernés. Je suis également responsable de la situation, d'autant plus qu'il m'arrive de jouer. Je ne suis pas le sauveur. Je suis un jeune entraîneur, j'ai beaucoup de défauts. »


Si Sébastien Mazure a pu penser qu'un départ serait salvateur pour son équipe, dirigeants et joueurs ont exposé un tout autre point de vue. « Le club a refusé ma démission car il estime que ce n'est pas la meilleure solution. Les joueurs partagent cet avis. J'ai reçu énormément de messages de soutien de leur part. Ils me demandent de ne pas lâcher. Le vestiaire, ou en tout cas une très grande partie, est derrière moi. Des entraîneurs de DH m'ont aussi appelé. J'avais besoin de sortir ce cri. Je suis un impulsif. À un moment, ça explose. Le fond de ma pensée n'a pas changé, et ces constats, d'autres les ont faits aussi. Je suis peut-être allé un peu loin dans mes propos, mais c'est le discours que je tiens aussi dans le vestiaire. J'espère que ça va piquer mes joueurs dans leur amour-propre. » En fin connaisseur du milieu, fruit d'une petite décennie de professionnalisme en Ligue 1 et Ligue 2, Sébastien Mazure a utilisé le levier médiatique pour faire passer un message fort. « C'est un SOS, une grosse sonnette d'alarme, poursuit-il. Il vaut mieux la tirer maintenant, pendant qu'il est encore temps. »


Un buzz régional


Sébastien Mazure, surpris d'avoir créé un « buzz régional », attend un « électrochoc » pour que son équipe retrouve les valeurs humaines qui ont fait sa force des deux dernières années. « Tout le monde a dit que nous sortons d'une grande saison, je ne suis pas d'accord. On s'est maintenu tardivement en DH et on a gagné la Coupe de Basse-Normandie après avoir remporté trois matchs aux tirs au but. Par contre, cette équipe se battait jusqu'au bout. » C'est par son abnégation et sa solidarité que Courseulles, tout près de faire tomber Guingamp au septième tour de la Coupe de France, se distinguait. Que s'est-il passé en l'espace de quelques mois pour que l'âme qui habitait ce groupe se tamise petit à petit ? « On s'est peut-être relâché, reconnaît Sébastien Mazure. Ça vient aussi de moi. Et puis on a renouvelé l'équipe de départ à 40 ou 50 %. Ce n'est pas facile. »


Malgré les difficulté, l'entraîneur courseullais est pourtant décidé à se battre. « Je continue. Je suis très attaché à ce club et il n'est pas question de le laisser en difficulté. Je ne voulais pas qu'on pense que je claquais la porte. Je donne énormément pour ce club et je peux vous dire que je ne dors pas très bien depuis un certain temps... Il y a des choses à changer et on va apporter des évolutions, notamment dans les séances. La réunion de demain va permettre de faire un recadrage. » Samedi, Courseulles se rendra à Ducey avec « une équipe neuve, mais pas forcément par choix ». Les nombreuses absences « pour x raisons, d'où le manque d'investissement que j'ai déjà évoqué », vont contraindre Sébastien Mazure à rajeunir son groupe et, probablement, à rechausser les crampons. « Les vrais choix, je les ferai dans trois semaines, quand je pourrai faire jouer la concurrence. » Après les doutes et les interrogations, Sébastien Mazure est plus combatif que jamais.

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