Ma première fois au Roller Derby

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La ligue sportive Roller Derby Caen organisait ce week-end un tournoi opposant quatre équipes à la Halle des Granges. Une belle réussite tant au niveau de l'organisation de l'évènement que du spectacle proposé et du public venu nombreux. Beaucoup de profanes ont fait le déplacement en curieux et découvraient cette discipline dont les règles sont parfois complexes. Mais que font-elles ces nanas en patins qui se donnent des coups de hanches ? Mais pourquoi a-t-elle une étoile sur la tête ? Et pourquoi les autres attendent sans avancer ? Et pourquoi siffle-t-il là ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ! Si vous aussi vous n'avez pas tout compris tout de suite mais avez apprécié la performances de ces patineuses en bas résille et protège dents, cet article est pour vous ! Explications en photos !

 

On entre dans le grand hangar de la Halle des granges, habitué à voir s'y défier les joueurs de roller hockey. L'ambiance n'est pas la même : la déco colorée de slips et de culottes annoncent le thème du week-end : slip it ! On passe devant la buvette, on fait un petit tour par le stand des tee-shirts et autres produits dérivés, on cherche une place encore disponible dans les gradins. Non, réflexion faite, on va tenter sa chance tout proche de la piste, assis dans la "suicide zone" ! La musique donne le ton et les supporters sont bien présents, aux couleurs de leur formation préférée et le slip coloré par dessus le pantalon pour les plus mordus. Les joueuses, maquillées, protégées, bas-résillées entrent sur la piste officielle, déterminées. C'est l'heure !

 

Petit manuel pour mieux comprendre le roller derby. Pour faire du derby, il faut

 

Connaître les règles.

La partie est constituée de deux mi-temps de 30 minutes, elles-mêmes découpées en jams de 2 minutes. But du jeu : marquer des points grâce à la jammeuse (celle qui a une étoile sur le casque). Elle tentera de doubler les joueuses adverses qui, elles, essayeront de la bloquer ! Il y a une jammeuse par équipe et la première des deux qui franchit le pack des bloqueuses devient lead jammeuse et peut, dès qu'elle le souhaite, arrêter le jam avant la fin du temps réglementaire (2 minutes). Certains coups d'épaules et de hanches sont permis, mais ils sont très réglementés. Si l'arbitre siffle une pénalité, la joueuse incriminée doit aller s'asseoir pendant une minute en prison. On ne peut pas sortir de la piste pour doubler, ni utiliser ses mains pour s'agripper à une adversaire, par exemple. Avant chaque mi-temps, les arbitres contrôlent la tenue des joueuses : casque bien arrimé, protège-dents bien en place....

 

 

Savoir patiner !

Un match se déroule sur une piste circulaire où l'on tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le derby se pratique en patins à roulettes et non en roller. Il faut bien maîtriser l'art du patinage avant de pouvoir pratiquer ! Changement de direction rapides, demi-tours, freinages express, accélérations soudaines :  tous ces gestes techniques doivent être maîtrisés parfaitement ! Il faut être capable de rester sur la piste quand on est poussée, et pouvoir anticiper les mouvements de la jammeuse qui tente de nous doubler quand on est bloqueuse. Bref, ce sport nécessite autant d'agilité que d'endurance car les jams s'enchaînent rapidement !

 

 

Avoir un style !

Chaque joueuse se donne un nom et un numéro et se met en scène, crée son propre personnage. Si les couleurs des tenues sont identiques à chaque joueuse de l'équipe, le reste est laissé libre à l'imagination de chacune ! Et les noms, autant que les tenues et les maquillages débordent d'inventivité ! Casques, visages, tenues : la créativité n'a pas de limite ! Pour ne citer que quelques noms : Booty Fool, Roll Her Face, Fanny Ardente ou Gara la garce !

 

 

 

 

Avoir un coach cool. 

Lui, c'est l'entraineur des Déferlantes de Rennes. Il est aussi beau que ses joueuses dans son costume de marin. Mais, au delà des apparences, il ne chôme pas ! Consignes incessantes, choix des joueuses qui retournent sur la piste à chaque changement de Jam, toutes les deux minutes environ. C'est aussi lui qui désigne la jammeuse, celle qui sera le plus à même de se faufiler et se frayer un chemin entre les bloqueuses adverses. La stratégie est importante en derby et il est le maître à jouer de l'équipe.

 

 

 

 

 

 

 

Respecter les arbitres.

Il y a presque autant d'officiels que de joueuses en roller derby - et leurs tenues n'ont rien à envier à celles des joueuses, parfois ! Si leur apparence semble montrer que le derby est une sport tout sauf sérieux, il n'en est rien ! Les règles sont strictes, nombreuses et très respectées ! Et les gestes du corps arbitral sont précis et nombreux ! Il y a : un arbitre par jameuse pour compter le nombre de joueuses qu'elles dépassent et si elles ne font pas de fautes, des arbitres proches du groupe de bloqueuses qui ne doivent pas s'éloigner trop les unes des autres, des officiels pour compter les points, d'autres pour tenir le chronomètre, et encore pour guider les joueuses qui sont en "prison"... Le néophyte peut ne rien comprendre ! Dans ce cas, demandez à votre voisin parmi les spectateurs, il se fera un plaisir de vous expliquer !

 

 

Ne pas avoir peur du contact !

Les protections sont là pour en attester et on s'en rend rapidement compte : le derby est un sport de contact ! Qui n'aime pas prendre un coup d'épaule ou chuter peut rentrer chez elle ! Les joueuses sont protégées de la tête aux pieds : casque, protège dents, coudières, genouillères, toute la panoplie est nécessaire. Les jammeuses sont souvent les plus visées puisqu'elles doivent se frayer un chemin entre les adversaires et les doubler pour marquer des points. Et, à l'image du rugby, on se rend compte que tous les gabarits sont les bienvenus : grande, petite, un peu plus enrobée...Il faut de tout pour former une bonne équipe !

 

 

Être solidaire et fair-play.

Après quelques tours à observer le jeu, on comprend rapidement que la solidarité paraît essentielle ! Les bloqueuses ne peuvent être efficaces que si elles restent ensemble et forment un bloc compact. Sans cohésion du pack, la jammeuse prend un malin plaisir à engranger les points ! 

Comme souvent lors des sports de contact, les participants contestent rarement les décisions arbitrales. Le fair-play avant tout ! Et puis, malgré l'intensité mise durant la partie, les après matchs sont très festifs ! Ce tournoi était avant tout un fête du roller derby et les joueuses l'ont bien montré ! On s'embrasse à la fin du match, on fait des tours de pistes pour saluer le public, on fait une photo commune...et puis on fait la fête ensemble ensuite.

 

Avoir un public et de l'ambiance.

Près de 300 personnes étaient attendues durant les deux jours de compétition. Et les supporters ont été au rendez-vous ! Encouragements, déguisements...l'ambiance festive semble faire partie du roller derby. Et le petit plus des fins de matchs : on se met autour de la piste et on tourne le dos aux joueuses qui passent et vous mettent une petite tape sur les fesses ! 

 

 

 

 

Résumé des matchs du week-end.

Les Déferlantes de Rennes étaient opposées à la Boucherie de Paris pour entamer ce week-end de derby. Ce premier match fut serré durant les trois quarts de la partie. En effet, les Parisiennes n'accusaient que dix points de retard à 15 minutes du terme. Mais c'était le moment choisi par les Bretonnes pour changer de rythme et prendre le large. Elles gagnaient finalement 171 à 117. Pour le second match du samedi, les locales défiaient les redoutables Pixies de Brussels. Déchaînées, les Leopard Avengers mettaient toutes leurs forces dans la bataille, réalisant de très belles prestations, notamment grâce à la jammeuse Spank Girl, en pleine forme. Les Caennaises menaient jusqu'à quelques minutes de la fin... jusqu'au dernier jam. Les Pixies bénéficiaient alors d'un power jam et en profitaient pour prendre la tête et gagner de trois petits points (158-155). La capitaine, Chantal d'Acier, était logiquement déçue : " c'était difficile de perdre à la toute fin de match sur un power jam. Mais on ne s'attendait pas du tout à faire ce score-là face à une équipe d'un tel niveau. C'était un beau match ! "

Lendemain midi : il fait froid dans la halle des granges, mais le public est encore présent pour réchauffer l'atmosphère ! La petite finale oppose La Boucherie de Paris aux Leopard Avengers. Les Caennaises sont moins tranchantes et moins efficaces que la veille. Les pénalités tombent et Paris, plus agressif, prend rapidement de l'avance. Caen tente de revenir après la pause et refait une partie de son retard, mais quelques jams assassins finissent de doucher les espoirs des locales qui échoueront finalement. La fatigue et la frustration ont eu raison des locales comme l'explique leur capitaine : " Aujourd'hui, c'était bien plus plus dur, le jeu était plus agressif, il y a eu plus de fautes, et certainement une perte de cohésion de notre part. Je suis un peu déçue. On s'est reconcentrées en deuxième mi-temps, mais la fatigue nous a repris. On a fait beaucoup de fautes, ça a été fatal. On s'est laissées bouffer ".  Et ce sont ensuite les Brussels Pixies Derby qui ont dominé la grande finale sans contestation aucune face aux valeureuses Déferlantes de Rennes.

 

Voilà, cette première fois était une belle réussite ! La galerie photos est à venir rapidement.

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