Caen Guérinière maintient l'espoir

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En s'imposant 9-6 contre Strasbourg, samedi après-midi, Caen Guérinière a quitté la place de lanterne rouge du classement de Deuxième division de futsal pour s'installer deux rangs plus haut. Promu dans l'antichambre de l'élite nouvellement créé, le club caennais a quatre journées pour combler les trois points qui le séparent de Strasbourg, premier non-relégable. Entretien avec Johann Legeay, coach arrivé durant la trêve hivernale.


Johann, quelle est votre analyse de cette rencontre face à Strasbourg ?

Ça a été un match un petit peu fou. On a vraiment bien entamé le match, notamment en ouvrant le score. On a été un peu plus fébrile ensuite en première mi-temps. En deuxième mi-temps, on a vraiment eu le contrôle du match. On voyait que ça ne pouvait pas nous échapper, sauf sur les cinq dernières minutes où on s'est fait une grosse frayeur. Ils sont revenus dans le match suite à notre sixième faute et le pénalty à dix mètres qu'elle a engendré. On s'est fait peur mais on a su réagir tout de suite derrière en mettant le but du 7-6 qui nous a fait beaucoup de bien. Il faut féliciter les garçons parce que si on perdait aujourd'hui, ça aurait été fini pour nous. La fin de saison aurait été très compliquée. On garde l'espoir de se sauver.


Vous manquez d'efficacité sur ce match, qui aurait pu être plié bien plus tôt...

Énormément ! En première mi-temps, on a dû rater au minimum sept contre-attaques en supériorité numérique. Ça, ça ne pardonne pas. Si on les met, le match est plié rapidement. Mais c'est le futsal. Ça va vite, ce n'est pas facile de conserver la lucidité. C'est une jeune équipe dans le futsal. Ils ont commencé en 2009, on est en 2014 et ils sont déjà en Ligue 2. C'est un bel exploit. Avant que j'arrive, il n'y avait aucune base tactique. C'était du football pratiqué en salle, pas du futsal. On travaille. Avec deux séances par semaine, c'est un peu difficile, mais on voit que les joueurs progressent au quotidien. C'est vraiment une bonne chose.


Vous êtes arrivé au club en janvier : il y a eu un avant et un après ?

Oui, c'est sûr. J'avais déjà travaillé avec Caen Guérinière aux mois de juin et août. J'étais venu faire des stages sur un week-end, ils avaient fait appel à moi. Le futsal est une discipline récente, il n'y a pas beaucoup de gens qui ont le savoir-faire. J'ai eu la chance de travailler avec des étrangers, notamment dans le club où j'étais avant (Kremlin Bicêtre, actuellement leader de D1, ndlr). J'ai appris avec eux pendant plusieurs saisons. J'arrive avec un savoir-faire qui les a aidés, c'est sûr, mais je pense qu'ils auraient été au même endroit sans moi quand même. Le mérite revient aux joueurs, ce sont eux qui sont sur le terrain.


Comment s'est orchestré votre recrutement ?

J'ai un site Internet, canalfutsal.com, sur lequel je propose de me déplacer dans les clubs pour faire des formations et entraîner les joueurs. C'est ainsi que Caen Guérinière a fait appel à moi. Quand j'ai démissionné du Kremlin Bicêtre United Futsal en décembre, ils m'ont de nouveau contacté. On est tombé d'accord et je suis arrivé ici.


Quelles sont vos chances de maintien ?

Les chances sont réelles. Tout est encore possible. Il reste quatre matchs. Nos adversaires directs reçoivent de grosses équipes, nous aussi on a un gros déplacement (même deux puisque la Guérinière se rendra sur les terres de Nantes, deuxième et de Pfastatt, quatrième. Les autres matchs se joueront à Arcueil, dernier, et contre Faches Thumesnil, cinquième, ndlr). Sur les quatre matchs qui restent, il nous faut un minimum de deux voire trois victoires pour nous maintenir. On va tout faire pour aller les chercher.


Quels sont vos atouts dans la course au maintien ?

Notre premier atout, c'est l'esprit d'équipe. Les garçons sont vraiment motivés, il y a du public derrière eux... On travaille, on est déterminé. La solidarité sera l'atout numéro 1. On a aussi la chance de rencontrer encore un adversaire direct au maintien. Ce sera un match primordial. On reçoit aussi une équipe du haut de tableau, mais comme elle est déjà maintenue elle ne viendra pas avec la même envie. On a un calendrier légèrement favorable. Il va falloir en profiter.


A contrario, qu'a-t-il manqué cette saison pour que vous évitiez ce finish sous tension ?

En août, j'étais venu le week-end précédant leur premier match, contre Nantes. Je leur avais dit qu'il allait falloir prendre les points en première moitié de saison, parce que les équipes ne jouent pas de la même manière. Elles se disent qu'il y a le temps, ce n'est pas du tout la même motivation. Il n'y a pas la pression du maintien ou du titre. Ils ont perdu trop de points en première partie de saison. C'est vraiment ce qui leur a coûté cher. Maintenant, toutes les équipes sont déchaînées pour aller chercher des résultats.


La rencontre face à Strasbourg s'est déroulée exceptionnellement au Palais des Sports. Le manque de repères pouvait-il se faire ressentir ?

Il doit y avoir quelques pertes de repères, beaucoup moins de marquages au sol, mais je ne pense pas que ça influe sur le résultat. Au contraire, jouer dans une grande salle, sur un grand terrain, sur du parquet, c'est une belle opportunité. Les joueurs se rendent compte davantage de ce que c'est le haut niveau. La salle dans laquelle on joue habituellement est vraiment petite.


Quel était le but de cette délocalisation ?

Les dirigeants du club avaient fait la demande à la ville de Caen d'avoir le Palais des Sports au moins une fois dans l'année. Si on arrive à se maintenir, on essaiera d'avoir quelques matchs de plus ici l'année prochaine. C'est vraiment agréable pour les joueurs. On se rapproche du professionnalisme. Dans notre salle, une partie des spectateurs ne peut pas s'asseoir. Ce n'est pas très agréable alors qu'on est quand même en championnat national. Je pense que le quartier et le club de Caen Guérinière mérite de jouer dans un Palais des Sports.


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