Hérouville s'offre une finale et le droit d'y croire

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Nous nous étions un peu trop avancés en annonçant qu'Hérouville ne pouvait plus se maintenir en CFA 2 malgré sa folle victoire sur l'équipe réserve de Laval, samedi (4-3). En fait, les Hérouvillais joueront une finale samedi prochain pour leur dernier match de la saison. S'ils parviennent à battre Lorient, déjà assuré de la montée, et que Locminé ne gagne pas à Brest dans le même temps, ils éviteront probablement la descente en Division d'Honneur. Les explications d'Éric Fouda, l'entraîneur d'Hérouville.


Hérouville est actuellement treizième, soit avan-dernier, de la poule H de CFA 2. Brest est onzième avec trois points de plus et ne peut pas être rattrapé par le SCH. Locminé est douzième à un point d'Hérouville.


Éric, revenons d'abord sur cette victoire contre Laval, samedi soir, à l'issue d'un scénario encore un peu fou. Vous en êtes visiblement friands à Hérouville !

Celui-là, on ne l'a pas vraiment choisi, on l'a subi plus qu'autre chose. C'est bien aussi parce que ce type d'événement ressoude un groupe dans une fin de saison difficile. Ça mobilise tout le monde. Ce match, la façon dont il s'est fini, permettra sûrement au groupe d'aller au bout de son projet avec beaucoup de détermination. Il le mérite. Cela peut jouer un rôle très important en vue du dernier match.


Vous avez été menés 3-1 en début de deuxième mi-temps. Où êtes-vous allés chercher les ressources suffisantes pour revenir et vous imposer dans les arrêts de jeu ?

Les joueurs avaient cette détermination dès le départ puisqu'ils se sont procurés trois occasions franches très vite dans le match. Ils en mettent une sur les trois. Après, on nous l'enlève avec des décisions très litigieuses. Il y a ensuite eu une deuxième mi-temps de folie, au cours de laquelle on apprend le résultat de Locminé (battu 3-2 par Rennes) au moment où Selim (Batbout) marque le deuxième but. Les joueurs se remettent tous à rêver du maintien. Ils s'accrochent, ils poussent... Ce sont des moments magiques qu'on ne vit que très rarement dans une saison. À la 92ème, ce pénalty vient récompenser tous leurs efforts. C'est une grosse responsabilité pour Nabil (Alla) qui a pris le ballon et qui a marqué de façon magistrale. C'est là qu'on sent qu'il y a un véritable état d'esprit et que l'équipe veut aller au bout de son projet.


Ce match peut-il être à l'image de la saison, renversante ?

Il faut qu'on avance et qu'on se projette sur le dernier match. On a tellement parlé de notre début de saison qu'il ne faut plus qu'on s'arrête dessus parce qu'on ne peut rien y faire. En revanche, notre prochain match peut tout changer. Il peut faire oublier ce début de saison, il peut redonner de l'envie à ce club qui était la tête sous l'eau à un moment donné. Je ne vois pas comment un club pro comme Brest pourrait se permettre de ne pas mettre tous les arguments de son côté pour faire au moins match nul contre Locminé et éviter ainsi la descente en DH. C'est aussi un signe. Notre dernier match contre Lorient aurait pu compter pour du beurre mais ça ne sera pas le cas. Brest est obligé de gagner ou au moins de faire match nul, et Locminé est obligé de battre Brest à Brest. Avant tout ça, il faut qu'on pense à nous. On doit gagner à Lorient, battre le champion chez lui. C'est une finale de Coupe de France. Il y a peu de monde qui pensait qu'on jouerait un match décisif pour notre maintien sur la dernière journée. C'est déjà beau d'en être arrivé là. J'espère que cette ultime minute samedi sera une des plus belles de l'histoire hérouvillaise.


 

« Un match de coupe »

 


Les deux dernières équipes du classement sont condamnées à descendre, mais ce n'est pas le cas de tous les douzièmes... Pouvez-vous nous expliquer ce fonctionnement ?

Dès le début de saison, on sait que les deux meilleurs douzièmes des huit groupes se maintiennent. Comme il y a deux exempts qui descendent de CFA, ce sont en fait les quatre meilleurs douzièmes qui se sauvent. Un calcul mathématique est fait entre les six derniers de chaque championnat. Aujourd'hui, on a 21 points si on prend en compte les matchs disputés contre les cinq autres derniers de notre poule. C'est une moyenne correcte. On n'aura jamais les 28 points du premier, mais avec 21 points on se positionne entre la troisième et la cinquième place. En parallèle, on sait que tous les ans il y a toujours des rétrogradations administratives. Il n'est pas impossible qu'il y ait six maintiens parmi les équipes classées douzièmes cette année. Les circonstances peuvent être encore plus favorables. Si Lannion est amené à perdre à Rennes, qui joue encore la deuxième place, et se retrouve en conséquence parmi les six derniers, on prendra un point de plus. Mais n'oublions pas que tout passera par une victoire à Lorient pour pouvoir ensuite s'occuper des résultats des autres.


Lorient est assuré de monter en CFA 2, le club jouera sans pros puisqu'ils sont en vacances, vous évoluerez sur une pelouse synthétique qui a votre préférence... est-ce que ce sont des arguments qui plaident en votre faveur ?

Après le match qu'on a vécu contre Guingamp, où les jeunes nous ont donné une leçon de foot en première mi-temps, après la difficulté qu'on a eue contre Laval, qui avait aligné l'équipe demi-finaliste de la coupe Gambardella, on sait que ça ne veut rien dire. Il y a des talents partout. Lorient va aligner sa meilleure équipe de jeunes possible. Cette équipe s'est toujours déplacée avec des jeunes et a pris des points quasiment partout. Elle n'a perdu qu'une fois chez elle. Ce sera un vrai match compliqué, à aborder vraiment comme un match de coupe.


Un dernier mot sur votre groupe de joueurs, dont on a le sentiment qu'il est assez hors du commun...

Cette saison a été très compliquée. En fin d'année, on fait attention au groupe qu'on aligne. Souvent, ce n'est pas seulement la qualité du joueur qui fait la différence. Quand on hésite entre deux joueurs très proches l'un de l'autre, on va privilégier celui qui est à Hérouville depuis quatre-cinq ans et dont on sait qu'il donnerait corps et âme pour son club. Ça se joue sur des détails. En fin de saison, le mental est capital. On tire sur cette fibre-là. On sait qu'on a un noyau de six-sept joueurs qui vit ensemble depuis un certain nombre d'années, qui a tiré ce club vers le haut, sur lequel tous les entraîneurs passés à Hérouville se sont appuyés. Il a été renforcé au fil des années par des cadres, et on peut constater encore cette année que les trois-quatre joueurs arrivés ont apporté leur pierre à l'édifice. C'est un groupe homogène, qui fonctionne même parfois sous forme d'autonomie. C'est son moyen de trouver des forces pour aborder les matchs et être performant. Ça peut parfois jouer des tours et il peut y avoir des relâchements coupables. Notre rôle, c'est de veiller à ce que les choses se passent bien.

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