Samir Alla : « Il fallait franchir ce palier »

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À Hérouville, il était plus qu'un maître à jouer, plus aussi qu'un capitaine emblématique. Samir Alla est le symbole d'une ville. Son retour au bercail il y a trois ans, après des passages par Dives et Mondeville, avait donné une impulsion supplémentaire à l'ambitieux projet local. Avec Hérouville, Samir Alla a non seulement retrouvé le CFA 2, il s'y est surtout mis en évidence. Ses seize passes décisives accompagnées de six réalisations lui ont offert le titre de meilleur joueur de la poule H pour la saison écoulée. Elles n'ont cependant pas suffi à maintenir le SCH au niveau national. Samir Alla a décidé de quitter son giron pour rejoindre Granville. Il nous livre ses explications.


Samir, qu'est-ce qui a motivé votre décision de quitter Hérouville pour vous engager à Granville ?

Pour être franc, c'est le challenge. J'ai aimé le discours du coach (Johan Gallon, ndlr). J'ai vu que c'était un club très ambitieux. L'idée est de jouer le haut du tableau et pourquoi pas la montée, selon ce qui se passera. C'est ce qui m'a poussé à aller à Granville.



Était-ce clair pour vous que vous ne resteriez pas à Hérouville en cas de descente ?

Au début, non, parce que jusqu'à la dernière journée je ne pensais pas que nous allions descendre. Je me voyais toujours en CFA2 à Hérouville. La relégation a été dure à avaler et j'ai pris cette décision de quitter le club. Je ne vous cache pas que ça a été très dur. Ici, je joue avec mes frères, avec mes amis d'enfance. Je joue pour ma ville. Seulement, j'arrive à un âge où je ne pouvais pas me permettre de refuser une si belle offre. Elle ne se serait peut-être jamais représentée.


Granville a affiché son envie d'évoluer en CFA à moyen terme. C'est aussi votre aspiration ?

Je suis ambitieux, donc si je peux le faire à Granville, ce sera avec grand plaisir. C'est ce que je recherche. C'est vrai que j'ai 29 ans, il ne me reste pas beaucoup d'années devant moi, mais mon corps ne m'empêche pas de jouer comme un gamin de 20 ou 25 ans. Je me vois encore pour plusieurs années au niveau CFA 2/CFA.


Était-ce important pour vous de rester dans la région ?

Si j'avais eu un bon challenge ailleurs, je serais parti quand même. Pour mon bien et pour mon avenir, ça aurait été bénéfique de quitter la région caennaise, de voir autre chose. Je suis quelqu'un de très attaché à Hérouville et Caen, mais ça devenait trop. Il fallait franchir ce palier.


« Sur la globalité, on ne méritait pas de se maintenir »


Vous partez malgré tout sur un échec, cette relégation. Avez-vous eu le sentiment d'abandonner le club face à une difficulté ?

Un peu, d'autant plus que j'avais une grosse responsabilité la saison dernière. Je suis très proche du coach, du président, des joueurs et même de la vie hérouvillaise. J'étais capitaine depuis trois saisons. Partir en laissant le club en DH, c'est comme un coup de couteau dans le coeur, mais il fallait que je passe à autre chose. Je sais que la DH est très relevée, mais je n'avais pas envie de rejouer au niveau régional.


On imagine que vous quittez Hérouville sur des regrets, parce qu'il y avait l'effectif pour se maintenir en CFA 2...

Oui. Vu la qualité du groupe, on aspirait tous à jouer dans le Top 8 voire même le Top 5. Mais il ne faut pas se cacher. Il faut voir la réalité en face. Quand un mois avant la reprise du championnat, au moment de commencer la préparation, la moitié de l'équipe n'est pas prête physiquement, on ne peut pas espérer jouer mieux que le maintien. Par ailleurs, j'ai été suspendu quatre matchs (en début de saison, suite à une suspension de six mois infligée la saison précédente, ndlr) et notre gardien Clément Lumé a loupé cinq-six matchs. Il a fallu retrouver un équilibre d'équipe. En DH, ça peut passer. En CFA 2, ça se paye cash. On paye les pots cassés en ratant le maintien pour un point. Sur la deuxième partie de saison, on méritait de se maintenir et on a eu l'opportunité d'y parvenir. Mais sur la globalité de la saison, on ne mérite pas de rester en CFA 2.


L'équipe n'a pas réussi à s'adapter aux exigences du niveau ?

La plupart des joueurs de notre équipe ne connaissait pas ce niveau. Ce sont des joueurs emblématiques d'Hérouville mais ils n'avaient jamais goûté au CFA 2. Dans le jeu, on avait tous le niveau. Mais en terme de professionnalisme, on a eu beaucoup de retard. C'était flagrant.


C'est le souci d'Hérouville ?

La mentalité a déjà changé énormément en dix ans à Hérouville. Beaucoup de gens me disent "Hérouville, c'est pas structuré". Il n'y a pas de souci avec ça, mais c'est une question de moyens. Par exemple, on jouait à Venoix cette année alors qu'on s'entraînait à Hérouville. On mérite mieux dans les structures compte tenu de la taille de notre ville.


« Mes plus belles années »


Que retenez-vous de vos trois années à Hérouville ?

Mon plus gros échec, à titre personnel, a été ma suspension (lire l'archive). Au niveau collectif, évidemment, ça a été la descente en DH cette année. Mais les plus belles années que j'ai passées, ce sont les trois qui se sont écoulées, à Hérouville. C'est là que je me suis éclaté le plus, c'est là aussi où j'ai découvert un grand coach (Éric Fouda, ndlr). Il a su élever le niveau de notre équipe et tirer le maximum des joueurs. Notre parcours en Coupe de France l'année dernière nous a tous marqués, comme la montée historique en CFA 2.


Vous êtes un joueur emblématique, une personnalité locale à Hérouville. Comment ressentez-vous ce statut un peu particulier ?

Dès l'âge de dix-douze ans, j'étais le chouchou du président et de Lamine Mohamadou, le grand entraîneur du club. J'ai toujours eu une très bonne image à Hérouville. Le coach m'a confié le brassard à mon arrivée parce qu'il savait que je pouvais tirer l'équipe vers le haut. Je suis le grand frère des petits jeunes du club. Laisser le club comme ça, ça me tue, mais quand j'ai expliqué ma décision au président, au coach et aux cadres de l'équipe, ils m'ont tous dit que j'avais fait le bon choix. J'arrive à un âge où il fallait que je maintienne mon niveau et que je découvre autre chose. Je me dis même qu'il aurait fallu que je parte avant, quand j'avais 32-24 ans. Je n'ai pas eu cette force de quitter la région. Aujourd'hui, je l'ai. Je franchis ce palier sans regret. Je ne m'inquiète pas pour mon club parce qu'il y a un sacré réservoir au niveau des jeunes et qu'il este une belle ossature. En DH, ils vont s'éclater.


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