La prépa physique, redoutée mais indispensable

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Pour tout sportif, la préparation physique a des allures de double peine. Non seulement elle les arrache au doux temps des vacances, mais elle est en plus synonyme de longues journées d'effort. Souvent sans ballon. Cette période est pourtant vitale pour aborder au mieux la saison à venir et prévenir le risque de blessure. Jean-Marc Branger, préparateur physique du Stade Malherbe, s'est exprimé hier en conférence de presse à ce sujet.


« On est déjà tous KO ! » Après trois jours d'entraînement, Felipe Saad et ses petits camarades ont les jambes lourdes. La longue coupure estivale – bien que le défenseur brésilien a eu une semaine de rab en fin de saison dernière – a laissé des traces sur les organismes. Elles se ressentent sans peine au long des tours de terrains du complexe de la Maladrerie ou des séances de musculation. « Ils souffrent un peu plus cette année, reconnaît Jean-Marc Branger. On leur avait demandé de couper totalement pendant les trois premières semaines de vacances. C'était nécessaire. Ils ont ensuite eu un programme de vacances qui leur a permis de faire un peu de travail foncier. » Impossible de tricher : des tests attendaient les Malherbistes à leur retour sur Caen, avant la reprise de l'entraînement. « Les résultats ont été relativement corrects, précise celui qui entame sa dixième préparation physique avec Caen. Il n'y avait pas de joueur à la ramasse. Pour l'instant, tout se passe très bien. Les nouveaux avaient eu eux aussi le programme de vacances et je me suis entretenu avec leur ancien préparateur physique. »


Avec une semaine de préparation de plus que la saison dernière et un effectif fortement renouvelé (le huitième joueur, Florian Raspentino, sera présenté aujourd'hui), la pré-saison caennaise est « un peu différente » de la précédente. Elle est notamment marquée par deux stages, à Deauville la semaine prochaine et au Touquet ensuite. « Les trois premières semaines sont les plus difficiles mais aussi les plus importantes. On commence par du foncier, puis on enchaîne avec de l'aérobie puissance. Je l'ai dit aux joueurs : même ceux qui ont de grosses VMA vont souffrir. » Deauville pourrait perdre de son charme auprès de certains malherbistes puisque c'est là-bas qu'est prévu le gros du travail. « Que ce soit à Deauville ou au milieu du Larzac, les joueurs n'aiment pas faire la prépa physique, sourit Jean-Marc Branger. Ça se comprend mais ils doivent voir ça d'une autre manière. Il faut passer par là pour que ce soit moins dur le reste de l'année. Ce qui fait que votre prépa est réussie, c'est l'implication des joueurs. Sur le terrain comme en-dehors. » Avec deux séances par jour, le repos et les longues nuits sont de rigueur.


Des GPS pour mesurer le travail effectué


À Deauville, l'intérêt ne sera pas purement sportif. « La saison se mettra vraiment en route là-bas parce que nous vivrons ensemble du petit déjeuner jusque tard le soir. Il y a une forme de cohésion qui se met en place à ce moment-là. On va vivre en communauté fermée. » Après cette virée sur la Côte Fleurie, les joueurs du Stade Malherbe couperont pendant trois jours puis attaqueront une deuxième phase au Touquet. Ce stage, une innovation cette année, permettra d'entrer dans du travail plus spécifique avec ballon. À leur retour, les Caennais entameront « un cycle normal de travail », comme l'avait précisé Patrice Garande à la rentrée. Ils referont des tests physiques dans huit semaines pour évaluer l'impact de leur travail estival. « Ensuite, on fera des rappels une fois par semaine pendant les six premiers mois. » En cours de saison, Jean-Marc Branger dispose d'une séance hebdomadaire consacrée au travail physique. Toute son action est validée en amont par Patrice Garande, lequel transmet également ses volontés quant aux axes de travail.


Jean-Marc Branger, ancien gardien de but arrivé à Caen en 2005, peut s'appuyer sur de nouveaux outils pour parfaire la préparation. « On fait plus de travail intégré (avec ballon, ndlr) grâce aux GPS. À titre d'exemple, j'en avais donné à six joueurs [mardi]. Les données sont exploitées par rapport aux postes. Il y a le nombre de km parcourus, la vitesse instantanée, la vitesse maximale, le nombre de sprints réalisés, etc. » Si les milieux de terrain se doivent d'avoir une VMA élevée (Vitesse maximale aérobie, autrement dit la vitesse maximale à laquelle on peut courir pendant un certain laps de temps), les attaquants seront plus tournés sur la puissance et la vitesse. D'où un travail personnalisé selon le profil de chacun et son positionnement. La mission de Jean-Marc Branger, en cours de saison, concerne aussi les joueurs blessés, où l'aspect psychologique revêt une part importante, le travail réalisé en salle avant certaines séances, les étirements, la récupération... Personnage de l'ombre, le préparateur physique est néanmoins une pièce centrale dans les rouages d'un club. 

 

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