L’Ironman de Roth, un rendez-vous avec soi-même

Envoyer Imprimer PDF

C’est en Allemagne, plus exactement au cœur de la Bavière, que se déroule le Challenge Roth. Les participants savent à quoi s'attendre : un parcours de santé réunissant trois disciplines successives où il faudra nager, pédaler et courir. Les compétiteurs devront d'abord se battre contre le chronomètre pour effectuer les 3,8 km de natation. À la sortie de l’eau, beaucoup quitteront leur combinaison de néoprène en courant vers le parc à vélos. Retrouvant leur machine adaptée aux longs efforts, équipée de réservoirs pour s‘hydrater et d’un guidon spécifique pour pouvoir poser les avant-bras, ils parcourront dans ces conditions 180 km. Lorsque l’homme aura fini de faire corps avec son compagnon de route, il sera l’heure de se retrouver seul afin de courir à pied un marathon (42,195 km) pour enfin pouvoir franchir la ligne d’arrivée.


Autant vous le dire tout de suite, sur le papier, cela semble fou, beau, respectable, mais l’effort pour réaliser pareille performance est difficilement descriptible, le corps passant par différentes phases tout au long du périple. Si comme moi vous aimez nager, pédaler et courir, voila une petite référence temps qui peut vous faire toucher du doigt la formidable débauche d’énergie nécessaire pour faire partie du Top 10 d’un Ironman : 3,8 km de natation en 46 minutes, 180 km de vélo en 4h15, 42,2 km de course à pied en 2h48, le tout pour un total de 7h52. Avec ce chronomètre, vous pouvez finir premier de l’Ironman de Roth comme le fut le Luxembourgois Dirk Bockel en 2013. Une broutille !


Cet Iroman de Roth est un challenge à part affolant tous les compteurs : plus dе 4 000 cоmрétіtеurs et 44 nationalités différentes, quelques 4 700 bénévoles еt рlus dе 200 000 sрectаtеurs еn lіеssе. Des chiffres qui donnent le vertige pour une épreuve hors norme.


Sport à Caen a rencontré deux Caennais, François-Benjamin et Céline Foulon, qui font rimer vie privée et vie sportive. Ils s’élanceront dimanche prochain au départ de cette course et nous livrent quelques clés sur leur préparation comme sur la pratique de leur discipline. Interview.

L'Ironman est forcément particulier par ses distances : quel est le rythme de vos entraînements ?

Ce n'est pas notre coup d’essai en Ironman puisque François-Benjamin compte six participations à son actif, contre trois pour Céline. Notre temps de préparation spécifique dure deux mois. En fait, il s’enchaîne après notre saison de triathlon courte et moyenne distance. Une semaine type représente trois entraînements dans pour chaque discipline. Pour François-Benjamin, c'est une moyen de quinze heures par semaine et pour moi c'est onze heures par semaine. Le vélo prend le plus de temps, notamment les quelques cinq heures de sortie !


Le budget pour participer est-il conséquent ?

C’est vraiment un sport passion qui a un réel coût. Pour vous donner une idée, l’inscription seule à la course est de 400 euros par personne. Il faut rajouter le déplacement et le logement, si bien qu'il ne faut pas espérer descendre sous la barre des 1000 euros pas personne pour participer. Nous avons un seul sponsor, l’équipementier Martin Sport (entreprise de M. Raymond Martin, bien connu du circuit vélo étant ancien cycliste professionnel). Nous tenons bien sûr à le saluer car en plus des tenues spécifique de triathlon, ils nous livre de précieux conseils avisés.


Sur le vélo, on pédale, ok ! À la course à pied, on court ! Mais dans la tête ? On se chante des chansons ? On se raconte une histoire ? On refait le monde ? Comment passez-vous le temps dans votre tête ?

Pendant la course, François-Benjamin ne pense à rien et reste concentré, car la course passe relativement vite pour lui. Pour moi je me dis que je pars pour une longue journée de sport, et qu' il faut s'économiser le plus longtemps possible. Aussi, nous profitons un maximum de l'ambiance et des paysages. Surtout, on se fait plaisir ! Ce sont des courses très bien organisées où l'ambiance (surtout en Allemagne) est très festive. C'est assez étrange car pendant la course tu peux passer d'un état de plaisir, de joie, d'euphorie, à un état de détresse, de fatigue et de découragement en un rien de temps ! Bref, le mental est le plus important.


Comment se passe votre alimentation pendant l'épreuve ?

L’alimentation, c’est le paramètre le plus compliqué de la course. François-Benjamin mange des barres énergétiques sur le vélo. Il boit de l'eau et du Coca sur le marathon. Je suis plutôt petit sandwich de pain de mie sur le vélo. Pour le marathon, il n'y a rien de prédéfini. Cela dépend de l’envie et l’état du moment.


Avec votre expérience de l’Ironman, quelle erreur vous ne ferez plus ?

(À l'unisson) Partir trop vite !


Vous perdez combien de kilos ?

On perd 2 kilos environ durant l’épreuve, mais ils sont vite repris.


Un petit mot sur l’ambiance ? Les spectateurs sont en nombre vraiment impressionnant !

L'ambiance est festive ! En Allemagne, notamment à Roth, la course est retransmise à la télévision. Les spectateurs sont nombreux et éparpillés sur tout le parcours. Il y a 5 000 participants, les athlètes professionnels et amateurs sont mélangés, bref c'est un super spectacle. Avec une organisation allemande millimétrée et très carrée qui permet de profiter pleinement de cette journée.


Quel est votre pire et votre meilleur souvenir en Ironman ?

François-Benjamin : Mon pire souvenir est à Nice en 2011. J'ai eu un énorme coup de chaud sur la Promenade des Anglais. Obligé de dormir à l'ombre d’un palmier pour repartir ! Le meilleur souvenir reste le franchissement des lignes d'arrivée en pensant à la bonne bière qui m’attend. Céline : Mon pire souvenir reste un décès lors d’une chute de vélo. Mon meilleur, c'est lorsque la famille t’encourage sur le marathon.


Pouvez-vous nous décrire le parcours et les points spécifiques de celui-ci ?

Les 3,8 km de natation se font en eau douce le long d'un canal, un aller retour Le départ se fait par vague de 300 participants, ce qui est plutôt soft comparé à Nice où c'est la bagarre à 2 500 participants. Pour les 180 km de vélo, c'est un parcours roulant et vallonné (il ressemble aux routes normandes) de deux tours. Il est interdit de drafter (rouler en groupe) sous peine de pénalité. Il faut respecter un écart de sept mètres de long et deux de large entre les vélos. Pour les 42 km à pied, on doit parcourir deux boucles le long du canal et dans la ville. On espère du beau temps car nous ne sommes pas fans des grosses chaleurs. Nous préférons un soleil de plomb à des trombes d'eau, surtout pour le vélo où les routes deviennent glissantes.


Quel est votre objectif personnel ?

François-Benjamin : J’aborde la course avec un objectif chronométrique, faire moins de 10h et me rapprocher de mon record en 9h39.

Céline : Franchir la ligne d'arrivée ! Les enfants nous mettent la pression, ils veulent absolument les médailles de finishers. C'est donc impossible d'abandonner !

Commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!
 

Aidez-nous !

Vous souhaitez contribuer à la pérennité et au développement de Sport à Caen ? Aidez-nous !

Contact

Vous souhaitez :

- Écrire des articles ?
Communiquer des informations ?
-
Devenir annonceur ?

Contactez-nous : redaction@sportacaen.fr