Le Stade Malherbe a toutes ses chances

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Le Stade Malherbe attaquera demain sa quatorzième saison de Ligue 1 par un déplacement chez un probable adversaire direct au maintien, Évian Thonon Gaillard. Auteurs d'une bonne préparation, en-dehors du revers concédé samedi dernier contre Amiens, les Caennais abordent l'exercice en confiance. Seuls les matchs officiels permettront de l'affirmer, mais le recrutement apparaît intelligent et l'objectif de maintien sans frayeur ne semble pas relever de la mission impossible...


Le roi de l'ascenseur, c'est Caen ! Avec quatre promotions et trois relégations en dix ans, le Stade Malherbe s'est construit un statut de club de Ligue 1,5. La sixième montée de son histoire doit être celle de la pérennisation – le mot clé de l'intersaison – en élite. Les Caennais en ont marre du yoyo et veulent s'installer durablement dans cette Ligue 1 qu'ils ont fréquentée pendant treize saisons au total. L'aventure du Stade Malherbe en D1 a débuté en 1988. Après deux maintiens étriqués (deux seizièmes places), le club bas-normand avait réussi à atteindre d'autres sphères. Huitième en 1991, cinquième en 1992, il avait écrit l'une des plus belles pages de son histoire l'année suivante en coupe d'Europe. Au total, Caen était resté sept saisons de suite en première division, avant un premier aller-retour en 1997, sept années de Ligue 2 puis les tribulations que l'on connaît.


Si Caen est un habitué des montées et des descentes, ses joueurs n'ont pas le même vécu. Seuls Damien Perquis, Alexandre Raineau, Nicolas Seube et Lenny Nangis étaient à Caen lors de la dernière saison de Ligue 1, en 2011-2012. Cela donne une idée du renouvellement opéré depuis. D'ailleurs, seule la moitié de l'effectif rouge et bleu a déjà évolué au plus haut niveau français. Denis Appiah, Damien Da Silva, Emmanuel Imorou, Jordan Adéoti, N'Golo Kanté et Mathieu Duhamel, tous pressentis pour être dans l'équipe type du début de saison, vont découvrir ce championnat. Ce sera loin d'être le cas pour Julien Féret (192 matchs), José Saez (167 matchs), Nicolas Seube (155 matchs), Jean Calvé (122 matchs), Rémy Vercoutre (99 matchs) et Sloan Privat (96 matchs). Avec une moyenne d'âge de 26,5 ans, l'effectif caennais est le cinquième plus âgé de Ligue 1.


Une bonne préparation


Le recrutement mené durant l'intersaison est allé dans le sens des statistiques précédentes, mêlant éléments prometteurs – bien que confirmés à l'échelle du dessous – et joueurs de Ligue 1 revanchards, ou du moins désireux de se relancer. Quand la Ligue 1 et les autres championnats européens attendaient la fin de la Coupe du Monde pour bouger, Caen avait déjà quasiment bouclé son recrutement. Avoir une équipe presque au complet dès la reprise, ça ne peut qu'aider à aller plus vite sur les plans tactique et physique. Et même si la vérification s'est faite attendre en vain contre Amiens samedi dernier, les Caennais auront probablement un avantage sur ce point en début de saison. En-dehors du couac subi à Ouistreham, qu'on peut facilement relativiser, la préparation malherbiste s'est d'ailleurs passée de manière idéale. Les résultats ont été convaincants (quatre victoires, dont une aux tirs au but, avant la défaite contre Amiens), les contenus encourageants et, surtout, Patrice Garande n'a eu de cesse de souligner l'excellent état d'esprit démontré par ses troupes. Enfin, et c'est loin d'être le moins important, Caen a été épargné par les blessures à l'exception de la rechute subie par Felipe Saad. Mathieu Duhamel et Sloan Privat ont certes manqué deux matchs pour des pépins plus légers, mais à leur retour ils ont fait parler la poudre.


Le meilleur buteur de la Ligue 2 version 2013-2014 s'est offert le luxe de planter quatre banderilles lors de ses deux premiers matchs de préparation. S'il conserve à l'étage supérieur la dynamique qui est la sienne depuis de nombreux mois, cela peut donner un rendu intéressant. Le leader de l'attaque caennaise, c'est clairement lui. Mais contrairement à la saison dernière, Caen aura une réelle alternative aux avants-postes en la personne de Sloan Privat, qui a marqué deux fois plus de buts en Ligue 1 que tous les autres attaquants caennais réunis (neuf pour Florian Raspentino et un pour Fodé Koïta, normalement vous trouverez sans trop de difficultés le total de l'ancien sochalien). La hiérarchie est un peu plus floue sur les côtés puisque entre Hervé Bazile, Florian Raspentino, Lenny Nangis et Fodé Koïta la concurrence bat son plein. Ils sont quatre – tous retenus dans le groupe contre Évian – pour deux postes. Ailleurs, une équipe semble s'être dessinée. Rémy Vercoutre en est le gardien titulaire. La charnière centrale, qui attend l'arrivée d'un joueur, n'est certainement pas la plus technique du championnat, mais elle n'est pas non plus la moins physique avec Damien Da Silva et Jean-Jacques Pierre. Sur les côté gauche, Emmanuel Imorou fait partie des Caennais attendus, tandis que Jean Calvé et Dennis Appiah se tirent la bourre à droite. Allez, on met tout de même une petite pièce sur le deuxième. Au milieu, Julien Féret et N'Golo Kanté ont leur place attitrée et on est pour le moins curieux de les voir à l’œuvre. Dans un registre plus défensif, Jordan Adéoti et José Saez sont en concurrence pour la troisième place. L'ancien lavallois n'a pas été à la fête contre Amiens, mais il a de beaux arguments à faire valoir dans l'impact et la relance.


Débuts sereins pour Patrice Garande


Ce Stade Malherbe est loin d'apparaître comme une victime expiatoire dans cette Ligue 1 pleine d'inconnues. Après tout, les candidats au maintien sont nombreux et il n'est pas dit que des Metz, Guingamp, Bastia, Reims, Évian ou même Lens, qui plus est empêtré par ses problèmes financiers sans fin, sont mieux armés que Caen. Quatrième dès l'année de sa prise de fonction, promu la saison suivante sans disposer d'un effectif redoutable, Patrice Garande a été très convaincant depuis sa prise de fonction en 2012. Gageons qu'il le restera à l'étage supérieur, qu'il découvre comme technicien après y avoir brillé comme joueur (315 matchs, 97 buts). C'est en tout cas avec toute la sérénité qu'on lui connaît qu'il aborde ce nouveau challenge. Caen, qui regarde vers 2020, a débuté son opération pérennisation. La stabilité, c'est pour maintenant ?

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