Jakub Kleprlik a vite gravi les échelons

Envoyer Imprimer PDF

Le Caen TTC attaque aujourd'hui sa deuxième saison consécutive en Pro A. Après une première année réussie parmi l'élite française, le club aspire à confirmer sa bonne dynamique actuelle. Jakub Kleprlik, de tous les succès depuis trois ans et le nouveau départ pris en Nationale 1, s'inscrit dans cette même volonté. Le pongiste tchèque s'est parfaitement adapté au club bas-normand et à ses ambitions.


À lui seul, Jakub Kleprlik pourrait être un symbole du renouveau amorcé par le Caen TTC il y a quelques années. Et de la réussite qui s'en est suivie. La trajectoire du Tchèque se confond avec celle de son club ; son état d'esprit est en totale adéquation avec les valeurs qu'il prône. « Je suis très satisfait de lui tant sur le plan sportif que sur le plan humain, expose Xavier Renouvin. Il entre totalement dans la ligne de conduite qu'on a voulu mettre en place. Il donne des conseils, il encourage... C'est un mec bien. » Souriant, poli, Jakub Kleprlik dégage effectivement cette impression. Ses premiers mots, dans un français qu'il a fait l'effort d'apprendre bien qu'il réside ailleurs, conforte les propos de son entraîneur caennais. « Si j'entame ma quatrième année à Caen, c'est d'abord parce que j'aime l'ambiance qui y règne. Je n'ai jamais eu un seul problème avec quiconque et les gens sont super. C'est très important pour moi car c'est le plaisir qui a toujours prédominé dans ma carrière. » En la matière, Jakub Kleprlik est servi. Depuis son arrivée dans la capitale bas-normande, le pongiste ne connaît que le succès. Deux accessions consécutives – dans lesquelles il a joué le premier rôle – et un maintien en Pro A, il ne pouvait assurément pas rêver mieux.


En 2011, Jakub Kleprlik sortait de sa première expérience en-dehors de sa République Tchèque natale. Il avait passé une saison en deuxième division allemande et aspirait à découvrir de nouveaux horizons, lui l'amateur de voyages. La France, qu'il n'avait visitée qu'une fois dans sa vie, l'attirait. Un an plus tôt, Caen, alors en Pro B, s'était renseigné sur son compte sans que l'intérêt ne se concrétise. Quand il a fallu reconstituer une nouvelle équipe suite à la relégation en Nationale 1, Xavier Renouvin s'est de nouveau penché sur le longiligne brun. « J'en ai parlé à Josef Plachy (à Caen de 2006 à 2009, ndlr). Il m'a dit le plus grand bien de lui. » L'intéressé aurait pu prétendre à une place en Pro B mais son curriculum vitae restait relativement mince, lui qui n'avait quittait son pays qu'à 24 ans. Il a préféré se tourner vers l'ambitieux projet caennais. Une montée plus tard et 90 % de victoires à la clé, Jakub Kleprlik pouvait se féliciter d'avoir fait le bon choix. L'année suivante, c'est dans l'antichambre de l'élite française qu'il allait poursuivre sa progression. Là encore, le succès était au rendez-vous. Meilleur joueur caennais de la saison, Jakub Kleprlik terminait l'exercice avec 70 % de victoires et contribuait amplement à la seconde accession consécutive de sa formation.


Parti en Suède pour s'entraîner


Deux ans plus tôt, il estimait ne pas avoir le niveau Pro A. En cette fin d'été 2013, il lui fallait pourtant relever le défi. Jakub Kleprlik ne s'est pas reposé sur les lauriers qu'il aurait pu se tresser au long de son début de parcours français assez idyllique. Il est parti s'installer en Suède sur les conseils de l'ancien caennais Robert Eriksson. « Les conditions d'entraînement étaient beaucoup plus intéressantes. C'est un très haut niveau. » L'effet n'a pas manqué de se faire ressentir en Pro A, qu'un fossé sépare du niveau inférieur. Jakub Kleprlik a vu son pourcentage de victoires diminuer sensiblement (37 %) mais il a néanmoins continuer de convaincre. « Il a répondu présent contre nos adversaires directs, apprécie Xavier Renouvin. Ça a été plus compliqué face aux équipes du haut de tableau, malgré sa victoire sur Damien Éloi. » Le bilan que tire le Tchèque de sa découverte de la Pro A est très positif. « Je suis un peu surpris. J'avais du mal à me situer par rapport au niveau de la Pro A, explique-t-il. C'est un des deux meilleurs championnats en Europe, avec l'Allemagne, et je n'avais jamais joué en première division en-dehors de la République Tchèque. » L'adaptation s'est faite sereinement, comme souvent avec Jakub Kleprlik.


Pour lui, le plus dur commence peut-être ce soir. La saison de la confirmation est arrivée. « Je pense que ça va être plus compliqué mais c'est un bon challenge. Je suis prêt au combat. » Il le faudra pour écarter des adversaires désormais prévenus. Jakub Kleprlik n'est plus un petit nouveau parmi la crème du ping français. « Il s'appuie sur un jeu atypique, notamment au service, indique Xavier Renouvin. C'est la variété dans son jeu qui fait qu'il peut surprendre. Mais il va désormais être plus attendu. » Jakub Kleprlik le sait et s'est préparé en conséquence, gagnant au passage deux tournois individuels pendant des vacances besogneuses. Il s'est fixé un objectif ambitieux à l'amorce de sa quatrième année en France. « J'aimerais faire au moins 50 % de victoires, annonce-t-il. Je me sens bien et je me suis bien entraîné. Maintenant, on verra ce que ça donnera en match... » Les premiers tests ne seront pas aisés puisque Caen débutera sa saison par les quatre meilleures équipes de la saison dernière. Celles-là même qu'on devrait retrouver dans le haut du tableau en juin prochain. En parallèle, Jakub Kleprlik retrouvera la petite coupe d'Europe, à laquelle il a déjà participé du temps de ses années tchèques. « Si on joue bien, on peut espérer aller en quart », pressent-il.


Jumeaux champions


Le diplômé en économie, amateur de littérature, de musique (« en particulier des années 70, le rock and roll ») et de théâtre, peut mesurer le chemin parcouru à 28 ans. Il était bien loin d'imaginer pareille trajectoire quand, à l'âge de neuf ans, il faisait ses débuts derrière une table de ping pong. « Mon père, qui avait fait un peu de tennis de table en loisir, nous a emmené mon frère jumeau et moi. On a eu assez vite des bons résultats, au point d'intégrer le centre national à treize ans. On a ensuite été sélectionnés en équipe nationale junior. » Les jumeaux ont continué de gravir les échelons ensemble jusqu'à se retrouver dans la même équipe de première division tchèque. « On jouait les doubles mais on manquait de complémentarité parce qu'on avait le même jeu », sourit Jakub. Michal a arrêté il y a trois ans, privilégiant ses études. Jakub, plusieurs fois champion de République Tchèque chez les jeunes, continue d'assouvir sa passion pour la petite balle. Et si le plaisir est son moteur, il s'accompagne de valeurs essentielles à son accomplissement. « C'est un garçon rigoureux, investi et sérieux, souligne Xavier Renouvin. Le fait de s'être installé en Suède va dans ce sens. » Un bel exemple pour le Caen TTC !

Commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!
 

Aidez-nous !

Vous souhaitez contribuer à la pérennité et au développement de Sport à Caen ? Aidez-nous !

Contact

Vous souhaitez :

- Écrire des articles ?
Communiquer des informations ?
-
Devenir annonceur ?

Contactez-nous : redaction@sportacaen.fr