« On devra être quatorze chiens »

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J-2, Bayeux, bar de l'Europe, une enseigne pré-destinée pour une rencontre avec deux garçons sur la route d'une aventure en coupe de France, qui offrira au printemps prochain un billet pour de futures joutes continentales. Avant tout ça, et comme le rêve est gratuit (!), il faudra franchir un obstacle samedi, et non des moindres, puisque c'est l'US Avranches, solidement ancré en National, qui se présentera à Henry Jeanne pour défier le FC Bayeux. Jérémy Bazire, son emblématique gardien, et Nicolas Engelhard ont accepté de revenir sur leur histoire respective avec dame coupe, sans oublier de se projeter sur l'échéance de samedi. Confidences.



Souvenirs de coupe


Jérémy Bazire Mon plus beau parcours c'est le 8ème tour joué contre Le Mans en 2010. Ils jouaient en Ligue 2 et étaient leaders au moment où on les a affrontés. On était allés battre Changé (CFA2) au 7ème tour alors que nous ne jouions qu'en DH. Mais je me souviens surtout de la victoire au 6ème tour à Honfleur : un match très compliqué, un vrai match de coupe. On était menés 1-0, Christophe Vingtrois égalise, je ne sais pas comment il a fait ce jour là !


Nicolas Engelhard (il coupe Jérémy) Sur un malentendu, c'était jouable, ça lui arrivait de marquer ! (rires)


J.B. Ca s'est fini aux tirs aux buts et tous les joueurs ont tiré. C'a été jusqu'aux gardiens. Je marque le mien et j'arrête celui du gardien de Honfleur. C'est vraiment le match de coupe de France qui m'a le plus marqué, même si bien sûr il y a eu Le Mans qui reste un grand souvenir mais à Honfleur j'ai été beaucoup plus acteur, d'autant plus que c'est une victoire qui nous permettait de sortir de la région pour la première fois en ce qui me concerne. Malgré tout contre Le Mans on marque en première mi-temps et on mène 1-0 à la pause. On revient des vestiaires un peu tendus, je n'avais jamais vu autant de monde à Henry Jeanne en tant que joueur.


N.E. A la reprise ils ont accéléré, ils ont mis deux buts sur coup dès le premier quart d'heure. On a accusé le coup physiquement à ce moment là.


J.B. On prend le troisième à la 74ème …


N.E. Flo Lair rentre et marque aussitôt pour revenir à 3-2. On a poussé dans le dernier quart d'heure et c'était quand même beau d'inquiéter le leader de Ligue 2 jusqu'au bout. Tout le monde s'est accordé pour dire que nous avions fait un vrai match de coupe de France.


J.B. Perso je suis ressorti frustré parce que pas hyper sollicité en dehors des buts.


N.E. C'est justement ce qui caractérise ces équipes là, elles n'ont pas besoin de trente-six occasions pour faire la différence.


J.B. Et c'est notamment là-dessus qu'il faudra être attentifs samedi.



La saveur de cette compétition


N.E. La coupe de France c'est vraiment particulier. Depuis le tirage on se rend compte que l'engouement prend une autre dimension. Même à l'entraînement, au sein du groupe avec les joueurs mais aussi avec le staff qui commence à mettre des plans d'action en place. Même le président est venu, c'est que c'est vraiment la coupe (sic).


J.B. (rires) Il ne fait pas de discours de début de saison mais quand la coupe arrive, il est là ! Quand on le voit c'est qu'il y a un truc important.


N.E. On est méchants parce qu'il est venu quand même pas mal de fois.


J.B. Quand on a joué Le Mans on avait senti une ferveur autour de l'événement : des écharpes, des affiches, les médias s'étaient rapprochés de l'événement.


N.E. Il y avait même eu une grande banderole sur la façade de la mairie et même le maire nous avait rendu visite.


J.B. C'est quand même la seule compétition qui permet de rencontrer aussi bien une équipe de district qu'une équipe de National, et ça nous permet de casser la routine de la saison.



Avranches, l'adversaire du 5ème tour


N.E. Je n'avais pas de tirage préférentiel mais, même si je trouve qu'on les joue un peu trop tôt, je préfère encore les jouer maintenant que de ne pas les jouer. La coupe de France c'est fait pour jouer de belles affiches, au moins on l'a.


J.B. J'étais déçu du tirage mais je préfère ça plutôt que de me déplacer chez une DH et passer à la trappe. On a un objectif, celui de sortir de la région alors forcément Avranches arrive tôt mais comme dit Nico, autant se faire sortir par une équipe de National plutôt que par une équipe de notre niveau.


N.E. Mais ce n'est pas une fatalité non plus, on va rentrer sur le terrain pour gagner.


J.B. On va se mettre dans la peau du petit, comme on a pu le faire lors des précédents tours, en affichant des valeurs propres aux outsiders. On devra être quatorze chiens qui auront envie de sortir l'adversaire du jour.


N.E. Mais oui forcément une équipe de National qui est sur la lancée d'une excellente saison de CFA et d'un très bon début de saison, ça inspire un peu d'inquiétude. On les sent forts. Sur le papier ça fait peur mais on va jouer avec nos armes. Qu'est-ce que t'en penses toi ? (rires)


J.B. Ben oui, on va jouer contre des joueurs qui s'entraînent tous les jours, qui sont dans un autre monde entre guillemets. C'est sûr ça va être très très compliqué.


N.E. On se doute qu'on n'aura pas énormément d'occasions. Christophe s'est contenté de consulter des vidéos sur leur site. Mais notre préparation n'a pas chamboulé les cycles sur lesquels on bosse avec Julien Alvarez, le préparateur physique. Ce match n'a pas chamboulé quoi que ce soit.


J.B. Pour ma part, pas de changement non plus, séance spécifique le lundi, séance tranquille le mercredi et encore plus tranquille le vendredi (rires). Je ne vais pas me changer les habitudes parce que c'est Avranches et qu'ils jouent en National. Au contraire ça ne sert à rien de se prendre pour d'autres en modifiant la semaine de travail.



Ce qu'il faudra éviter samedi …


N.E. C'est une réponse banale, mais les erreurs défensives, les fautes de déplacement, les sautes de concentration, tout ça peut amener Avranches à se retrouver en situation dangereuse proches de nos buts.


J.B. Ca doit jouer vite, avec des circuits préférentiels, des combinaisons, ça va bouger de partout.


N.E. Il ne faudra surtout pas se désunir. Je trouve que certains parmi les plus jeunes parlent beaucoup, peut-être trop du match, et se mettent une petite pression inutile.


J.B. C'est vraiment la chose à ne pas faire. Quant tu es gardien tu as tendance, à tort, à faire ton match avant de l'avoir joué, en te concentrant sur certains aspects du jeu style « il va falloir que je sorte sur les corners, etc … » et au final la rencontre se déroule de manière toute autre. En plus je ne suis pas « Mentalist ».



Les ingrédients du match parfait


J.B. On n'aura bien sûr pas le choix que d'être solidaires. S'il y en a un qui commence à faire son petit truc de son côté ou qui se coupe du bloc, l'adversaire saisira les moindres espaces. Il va vraiment falloir que l'on travaille tous ensemble.


N.E. Au delà du côté solidarité qui sera évidemment fondamental, je pense qu'il faudra surtout que l'on s'appuie sur ce qu'on sait faire. On a quand même des certitudes dans notre jeu et ce n'est pas parce qu'on joue contre un adversaire qui opère au troisième échelon national qu'on doit changer du tout au tout notre façon de faire. Il faudra être patient et on parviendra bien à mettre en place quelques attaques placées. On n'en aura sûrement que très peu, mais il faudra s'appliquer à bien les exploiter. Je suis peut-être utopiste mais je me souviens que contre Le Mans, on était parvenus à imposer notre jeu par séquences pour finalement être dangereux sur leur but.


J.B. Et est-ce que eux ne vont pas avoir tendance à prendre quelque peu le match à la légère, tout comme ça peut nous arriver quand on rencontre des équipes de niveau inférieur ? Ils vont pourquoi pas se dire qu'en en faisant un petit peu moins, ça va venir tout seul. Mais le club a annoncé un objectif de 32èmes de finale. Et les mecs, c'est leur boulot, donc s'ils perdent c'est limite une faute professionnelle. C'est sûr on aura des occasions. Contre Cherbourg qui jouait en CFA, on était parvenus à les emmener aux tirs aux buts.


N.E. Il faudra qu'on soit capables de profiter de leurs temps faibles, si temps faibles il y a.


J.B. (amusé) A condition qu'on ne soit pas dans un temps faible bous nous non plus ! Mais quoi qu'il en soit ça restera un match comme les autres avec une préparation le jour J quasi identique au championnat. Il y aura peut-être une collation améliorée mais c'est tout. Pas de mise au vert. Je crois que Christophe n'a pas réservé le Novotel ou le golf de Port-en-Bessin (sic) !



Les éventuels tirs aux buts


N.E. Si par un malheureux hasard on se retrouve aux tirs aux buts, je ne pense pas que j'irai tirer. Je ne suis pas fan de cet exercice.


J.B. Ce qui m'amuse quand on va aux tirs aux buts, c'est quand l'équipe se regroupe et que le coach demande qui va tirer le premier et que tout le monde baisse la tête. Après la séance de pénos, j'y pense au fur et mesure que le temps défile, c'est tout. Avranches, c'est des joueurs que je ne connais pas alors si ça se produit ça sera au feeling.



N.E. Pour un gardien, c'est cadeau. Il n'a rien à perdre à la différence des tireurs. Et puis on le connaît l'artiste aux pénalties ! Mais de toute façon il ne faut pas y penser, on va faire la différence dans le temps réglementaire !

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