Hérouville recule pour mieux avancer

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Après cinq années en Nationale 2, où ils avaient l'habitude de côtoyer la première moitié de tableau, les Marsouins d'Hérouville ont décidé de repartir à l'échelon inférieur. C'est en Nationale 3 qu'ils ont repris la compétition le mois dernier. Un choix motivé par les départs subis à l'intersaison et la volonté d'entamer un nouveau cycle.


Une relégation volontaire

Les relégations administratives, le sport connaît. Elles sont hélas de plus en plus fréquentes. Les relégations voulues existent aussi mais sont – évidemment et heureusement – beaucoup plus rares. C'est pourtant l'option qu'a prise le club d'Hérouville il y a quelques mois. Johan Paco, son entraîneur, raconte. « Il y a eu pas mal de départs cet été, en particulier pour les études. La question du niveau auquel on allait évoluer s'est donc posée dès le mois de juin, mais les joueurs restants étaient unanimes pour poursuivre en Nationale 2. Début septembre, j'ai perçu que la motivation du groupe était moindre. Le calendrier de N2 est tombé et seuls six ou sept joueurs étaient partants pour le premier déplacement. Je ne me voyais pas sur une année galère à faire un long pèlerinage. J'ai fait la proposition au club de repartir en Nationale 3. Il y a eu des doutes. » Dix jours avant l'entame du championnat de Nationale 2, Hérouville décidait néanmoins de redescendre dans la hiérarchie française. Sans, finalement, plus de tracasseries. « De toute façon, on serait descendu à la fin de la saison en cours si on était resté en Nationale 2. La Fédération a décidé d'adopter une poule unique en N2 et nous n'aurions pas pu nous rendre à Grenoble, par exemple. Les joueurs estiment que j'ai pris la bonne décision. Il y a une sérénité qui est revenue. Et puis il vaut mieux jouer le haut de tableau en Nationale 3 que le bas de tableau en Nationale 2 pour la vie du club. Ce serait devenu un fardeau. » La Nationale 2 constituerait-elle un niveau déjà trop exigeant pour une structure manquant cruellement de créneaux d'entraînement ?


Démarrer un nouveau cycle

« On descend avec humilité », prévient Johan Paco de prime abord. Hérouville n'affiche aucune prétention démesurée et entend d'abord relancer une bonne dynamique. La saison dernière a semblé laissé apparaître un certain essoufflement. À l'échelon du dessous, les Marsouins pourront intégrer plus rapidement leurs jeunes joueurs auprès de quelques anciens « désireux de transmettre leur expérience ». Les frères Barthow, Alban et Rémy, prolongent en outre l'aventure hérouvillaise. Ils disputeront leur premier match dimanche. Hérouville dispose d'une équipe compétitive, qui sera certainement celle à battre cette saison, mais regarde au-delà de l'aspect purement sportif. « C'est comme si on avait formaté le disque dur. Le premier objectif est humain. Notre souhait est de constituer un vrai groupe, que tout le monde s'entende bien. Les résultats suivront d'eux-mêmes. » Pour l'instant, les deux premiers matchs d'Hérouville se sont soldés par une défaite à Rezé, avec six joueurs majeurs absents (8-4) et une large victoire sur Granville (13-3). « On va jouer le plus haut possible, indique Johan Paco. On n'a pas la pression du résultat. Ça serait bien de se rapprocher de la première place mais mais on ne veut pas tomber dans la prétention. » Demain soir (19h30), Hérouville accueillera une équipe qu'il a fréquentée en Nationale 2, Chartres. Un test intéressant que l'entraîneur local aborde avec prudence. « On n'est pas au complet et on reste fragiles. » On l'a bien compris, les Marsouins ne veulent pas forcer les choses...


L'équipe féminine continue de grandir

Les attentes, c'est désormais du côté des féminines qu'elles se font sentir. Après une première année de découverte en Nationale 1, les filles peuvent regarder vers le haut. « Il y a de très bonnes perspectives, reconnaît Johan Paco, très investi dans le projet. La montée en Élite est possible d'ici deux ou trois ans. » Sans le départ de leur gardienne, les Hérouvillaises auraient même pu prétendre à la montée dès cette saison, elles qui ont fini au quatrième rang du classement l'an passé. Leur formation s'est renforcée avec l'arrivée de deux jeunes rennaises dans une équipe qui compte cinq joueuses convoquées en équipe de France U17. Hérouville attaquera la compétition le week-end prochain par trois matchs à Conflans. L'objectif est tout trouvé : trois victoires. Pourtant, malgré la spectaculaire progression de l'équipe féminine ces dernières années, Hérouville a de sérieuses craintes. « Il peut y avoir une grande frustration et il faut s'y préparer. Si on veut monter, on doit avoir plus de créneaux d'entraînement. Il faut qu'on s'améliore structurellement mais on ne peut pas le faire tout seuls. On a besoin des politiques pour ça. » Le stade nautique de Caen dispose du nécessaire, à commencer par le panneau d'affichage, pour accueillir du polo. Hérouville dispose d'un créneau hebdomadaire d'une heure. Une première étape qui en appelle d'autres.

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