"Écrire le sport" réunit sport et littérature

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Avec plus de mille étudiants dans ses rangs, l'UFR Staps de Caen se distingue par sa vitalité. Une caractéristique que partage sa bibliothèque, aux 10 000 ouvrages et à l'activité débordante. La deuxième édition d'« Écrire le sport », projet mené par des bibliothécaires de l'université et des enseignants se déroule actuellement et donnera lieu à une conférence sur le thème « Football et littérature : un art du décalage ? ». Vincent Duluc, Louis Dumoulin et Brieux Férot seront présents à la Bibliothèque Sciences-STAPS du Campus 2 à partir de 17h30. Avant ce point d'orgue des trois jours d'animation, nous sommes allés à la rencontre de Julien Legalle, référent Staps aux multiples casquettes...

 

Julien, pouvez-vous nous présenter cette bibliothèque et ce qu'on y trouve ?

Ça fait à peu près dix ans que le bâtiment est ici. Il se sépare en une partie sciences, et une partie Staps. Concernant la partie Staps, on dénombre à peu près 10 000 ouvrages. Tous les sports enseignés à l'UFR y ont leur place, mais également des nouveaux sports depuis peu. Les publications s'adressent soit à un public d'étudiants, pour faire leur mémoire, aller plus loin qu'un cours, etc., soit aux enseignants, soit aux éducateurs sportifs. Ça va aussi jusqu'au passionné de sport, qui souhaite avoir plus d'informations. On a peu de livres de photos ou relatant, par exemple, la plus belle saison de l'Olympique Lyonnais. On s'adresse d'abord au monde universitaire, mais pas seulement.

Comment les livres présentés sont-ils choisis ?

Ça fait partie d'un travail assez énorme de veille. Je reçois quelques catalogues, mais après c'est énormément de recherche, en particulier sur Internet. On a également un très bon lien avec les enseignants, que je sollicite souvent. Je leur demande de m'envoyer les bibliographies distribuées en cours et je commande les livres que nous n'avons pas. Parfois, les étudiants nous demandent ce que nous avons sur un sujet particulier, et si j'ai peu de publications je me renseigne sur ce qui s'est fait. Mais le gros du travail est d'aller scruter les différents éditeurs. Twitter est un outil intéressant pour ça. Ensuite, on sollicite un libraire


Avez-vous été vous-même étudiant en Staps ?

Pas du tout ! J'ai un Master 2 de littérature européenne, donc très loin du sport. J'ai aussi un DEUST métier des bibliothèques. Au départ, je suis très loin de la filière Staps, mais j'ai toujours été passionné de sport. J'ai fait du foot de 7 à 19 ans dans un petit club de l'Orne, à Tinchebray, et j'ai repris récemment en troisième division à côté de Condé. J'ai toujours eu une affinité avec le sport. Pendant un an, j'ai occupé mon poste en tant que contractuel. À l'issue de l'année, un concours a été proposé au niveau national. Je l'ai obtenu et j'ai gardé ce poste. J'ai envie de défendre le sport, y compris du point de vue culturel. En étant étudiant en lettres, je ne parlais pas sport avec mes camarades parce que ce n'était pas très bien perçu. Et quand je côtoyais mes copains du foot, je ne parlais pas de libres. En arrivant ici, j'ai trouvé des personnes qui aimaient l'art, la littérature, la culture... mais aussi le foot. On s'est dit que tout ça pouvait se rejoindre. J'ai pu faire la passerelle entre les deux. Ces deux mondes-là ne sont pas incompatibles. Il y a un vrai mouvement, à la fois par La revue des sports, qui réunit les deux, des magazines comme So Foot, l'association Tatane, l'association des écrivains sportifs...


« Le compte Twitter pour être plus visible »


On sent la volonté de s'ouvrir au travers du compte Twitter d'une part, et des manifestations que vous organisez d'autre part.

Le compte Twitter, c'est une volonté évidente d'une part d'être plus visible. La bibliothèque a souvent une image un peu négative, celle d'un lieu daté, pas séduisant. Ici, l'endroit est moderne, clair. On a la chance d'avoir beaucoup de place avec un bâtiment de 7 000 mètres carrés et environ 2 000 places assises. On a essayé de faire, dans un espace très grand, plein de petits coins et recoins. Le compte Twitter permet de valoriser et le bâtiment, et nos activités. On a la volonté de montrer notre côté dynamique. Enfin, le but est de mettre en avant notre valeur ajoutée. Au quotidien, je fais face à énormément de documents relatifs au sport. Je me suis dit qu'il était dommage que je sois le seul à le savoir. Twitter permet d'annoncer à telle ou telle personne qu'une publication susceptible de l'intéresser est parue. Les étudiants se sont appropriés cet outil pour nous poser des questions. Je Je regroupe les publications autour du sujet qu'ils me transmettent et je leur envoie la photo. Il y a forte réactivité. Cela demande beaucoup de temps, même en-dehors de mes heures de travail. J'aime bien Twitter aussi pour interagir sur un événement sportif. Si je vais au stade ou dans un gymnase, je prends une photo et je la partage.

Combien y a-t-il de followers ?

J'ai dépassé les 1 300. Le compte a été créé autour du 15 décembre 2013. C'est déjà une super réussite. Un bibliothécaire qui s'inscrit sur Twitter, ce n'est pas très vendeur pour commencer. On a choisi un créneau qui, à notre avis, n'existait pas. Je m'adresse à une communauté large. Je n'avais pas d'objectif en lançant le compte. J'étais content quand j'ai dépassé les cent, au bout d'environ un mois. C'est valorisant parce que les gens nous remercient plus facilement via Twitter qu'au quotidien.

 

« Valoriser le sport »


Une autre partie de votre activité réside dans le projet « écrire le sport ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous sommes deux collègues universitaires sur le sujet et deux maîtres de conférence, Boris Helleu et Ludovic Lestrelin. On se réunit autour d'une passion commune qui est le sport et sa valorisation, qu'elle soit littéraire ou cinématographique. On a compris qu'il y avait un déficit évident sur les sujets mêlant littérature et sport. Soit c'est très universitaire et trois pointu, du coup le grand public ne s'y retrouve pas, soit c'est justement trop grand public et ça ne va pas plus loin. Comment écrit-on un livre sur le sport à un moment où celui-ci est ultra-médiatisé ? Pourquoi Vincent Duluc écrit-il sur Georges Best alors que c'est une star que tout le monde connaît ? Comment le fait-il ? Qu'apporte-t-il de nouveau ? Ce sont les questions qu'on lui posera. Pourquoi Tatane se lance ? Que défendent-ils ? Pourquoi Brieux Férot fait-il un documentaire sur les supporters du Standard ? Qu'essaie-t-il de valoriser au moment où on ne parle que des violences ou des problèmes du stade ? Lui cherche un autre créneau. Pour Louis Dumoulin, pourquoi réécrit-il les vingt dernières années de l'équipe de France en partant du but de Kostadinov (France-Bulgarie, 1993) ? Il part du fait que Kostadinov, qui n'avait pas le bon visa, n'aurait jamais dû rentrer en France. Il réécrit l'histoire en partant sur la qualification de l'équipe de France pour la Coupe du Monde 1994. C'est très dense et ça concerne même la politique française. On souhaite montrer que culture et sport ne sont pas incompatibles. À travers ces questions, on essaie de montrer pourquoi et comment on écrit actuellement sur le sport.

Comment envisagez-vous la suite, avez-vous de nouveaux projets ?
Quand on programme un événement comme celui-ci, il faut savoir qu'on a déjà en tête celui qui vient après. Peut-être au mois de février-mars. On réfléchit à proposer ce qu'on fait ici, à Caen, ailleurs. On le fait à la BU parce qu'il y a une salle qui s'y prête. On fait également quelque chose sur le campus 1. On envisage de sortir de l'université, pourquoi pas en partenariat avec un libraire, pourquoi pas dans un stade... On réfléchit à pas mal de possibilités un peu saugrenues. On a un autre projet qui est en train de se formaliser mais sur lequel je ne peux pas dire plus. Il sera dévoilé pendant les conférences. On essaiera tous les ans de proposer un événement de ce type-là à Caen.


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