Romain Lorentz : « Je ne peux pas espérer mieux »

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Du haut de ses 21 ans, Romain Lorentz est le leader du Caen TTC. Au moins sur le plan des résultats. Le sociétaire de l'Insep, au palmarès déjà bien fourni sur le plan international, n'a perdu qu'un seul de ses huit derniers matchs en Pro A. Ses résultats sont du même acabit en Pro Tour à tel point qu'il a terminé l'année au quatrième rang mondial chez les moins de 21 ans. Une performance de très haut niveau qui le qualifie pour la finale du World Tour, du 11 au 14 décembre à Bangkok. Avant de s'attaquer à la coupe d'Europe en club demain, Romain Lorentz a répondu à nos questions avant la première de ses deux séances d'entraînement, ce matin.


Après avoir perdu vos quatre premiers matchs de la saison, contre de très bons adversaires, vous avez enchaîné avec sept victoires en huit rencontres. Vous attendiez-vous à connaître ce genre de pente ascendante ?

C'est vrai que j'ai eu un début de saison assez difficile, avec un manque de confiance. J'ai raté mon tournoi de sélection pour les championnats d'Europe, ce qui m'a plongé au fond. Les deux premières rencontres de championnat avec Caen ne se sont pas très bien passées pour moi. Il n'y avait cependant rien d'alarmant puisque j'ai perdu contre de très, très bons joueurs. Je pense avoir eu un petit déclic en gagnant mon premier match à Chartres contre Damien Éloi. C'était un match très serré. Cette victoire m'a montré la voie pour la suite de la saison. Pour l'instant, tout s'est enchaîné depuis. Tant mieux. Maintenant, il ne faut pas s'enflammer et surtout continuer de travailler pour rester dans cette dynamique.

 

On remarque néanmoins quelques grosses performances parmi vos victoires, notamment celle face à Marcos Freitas (n°2 français)...

Ça fait plaisir de gagner des matchs comme ça. Je sens que j'ai progressé. L'important est de garder un niveau stable le plus longtemps possible. C'est sûr qu'une victoire contre Freitas donne des idées et de la confiance. Ça montre que je suis capable de battre les meilleurs. Après, c'est un match plus facile à aborder pour moi. Quand on joue ce type d'adversaire, on sait qu'on a très peu de chances de gagner. J'affronte le champion d'Europe en titre qui figure parmi les dix-douze meilleurs mondiaux. Forcément, j'attaque le match sans pression.

 

Ce genre de résultat peut-il attester que vous avez passé un cap ?

Ça montre surtout que le travail paye et que tout est possible. Comme je l'ai dit, il faut continuer de travailler pour gagner ce genre de match le plus régulièrement possible.

 

Qu'est-ce qui a changé pour vous cette saison pour que vous soyez capable de gagner ce genre de match ?

Le tennis de table se joue pas mal dans la tête. En début de saison, je n'étais pas du tout en confiance si bien que je paniquais un peu dès que c'était serré. Maintenant, ce n'est plus le cas. J'ai un peu plus de sérénité dans mon jeu. Techniquement, j'ai pas mal progressé en revers, je suis plus stable, je donne moins de points à l'adversaire.

 

« Un tournoi très ouvert »

 

Sur le plan individuel, vous allez participer à l'équivalent du Master en tennis, une compétition qui réunit les huit meilleurs mondiaux - mais dans le cas présent chez les moins de 21 ans - en décembre.

J'ai réussi à finir dans les huit meilleurs mondiaux en marquant des points dans les différentes compétitions internationales. C'est forcément une très belle récompense pour moi d'aller à Bangkok disputer ce tournoi le mois prochain. Ce sera très ouvert. Il n'y a pas d'adversaire imbattable. Je peux très bien finir dernier de la poule sans gagner le moindre match, comme gagner la compet'. Il faudra y aller avec beaucoup de conviction et l'envie de faire de belles choses. Il y a moyen de réaliser un beau tournoi.

 

Comment vous êtes-vous qualifié ?

J'ai accumulé des points au travers de tous les Pro Tours auxquels j'ai participé en seniors et en moins de 21 ans. J'en ai gagné deux, j'ai fait aussi une demi-finale et trois quarts de finale, ce qui m'a permis de finir quatrième bilan de l'année chez les moins de 21. Je suis donc numéro 4 sur les huit qualifiés.

 

Qu'est-ce que cela représente de figurer parmi les meilleurs mondiaux dans votre catégorie d'âge ?

Forcément, je suis très content, mais ce n'est pas une fin en soi de jouer ce tournoi. C'est juste une très belle expérience de plus et, si je joue bien, ça peut être une très belle ligne à mon palmarès. Je vais avoir envie de me dépouiller pour aller le plus loin possible.

 

Les choses sont-elles en train de s'accélérer pour vous cette année ?

Mis à part le premier mois de la saison, pour l'instant je ne peux guère espérer mieux, mais je sais que ça peut aller très vite dans un sens comme dans un autre. C'est pour cela qu'il faut garder la tête sur les épaules et toujours repartir de zéro. Maintenant, si mes résultats peuvent me permettre d'accéder un jour à l'équipe de France, ce sera très bien.

 

L'équipe de France, c'est ce vers quoi vous regardez ?

C'est un réel objectif. J'ai 21 ans, j'ai l'avenir devant moi. Je sais que mes performances avec mon club ne passent pas inaperçues auprès des entraîneurs de l'équipe de France. J'espère continuer à avoir de bons résultats avec le club et sur le plan international pour, cette année ou les années à venir, jouer les grands championnats avec l'équipe de France.

 

Cela vous semble-t-il accessible dès cette année ?

Oui, c'est possible. Une circulaire de sélection est parue pour les championnats du monde, qui se dérouleront en Chine. Pour en être, il faut faire des résultats sur le plan international. Il y a de la place pour tout le monde. Si je joue bien, pourquoi pas.

 

« Légèrement favoris »

 

L'échéance qui arrive sera une découverte pour vous avec la coupe d'Europe ETTU. L'échéance a-t-elle une saveur particulière par rapport au championnat de France ?

C'est un bonus pour le club de jouer la coupe d'Europe. Il a fait pas mal d'efforts sur la communication autour de cet événement. Je pense qu'il y aura un peu de monde donc forcément on aura envie d'aller le plus loin possible dans cette coupe d'Europe. Ça passe par une victoire vendredi. Je connais les trois joueurs italiens. Je ne les ai jamais rencontrés mais je les ai vus régulièrement. C'est une équipe très dangereuse, même si on part légèrement favoris. Leur numéro 1 a battu Ovtcharov, numéro 6 mondial. Il est donc susceptible de gagner ses deux matchs contre nous. Le numéro 2 est un peu moins fort mais reste dangereux. Il faudra essayer de leur mettre la pression dès le début pour leur montrer qu'on est les meilleurs.

 

Vous êtes au coeur d'une semaine très importante...

On a commencé cette semaine très importante par le match de mardi (victoire 4-2 contre Issy, ndlr). Ce match-là nous a bien lancés. Ça peut nous permettre d'aborder les rendez-vous de vendredi et mardi avec plus de confiance. Il faut continuer sur cette lancée. Depuis le début de la saison, on jouait bien mais on ne concrétisait pas forcément nos occasions. Mardi, tout le monde a rapporté des points. C'est très important pour la confiance du groupe et j'espère que ça pourra servir pour les matchs qui arrivent.

 

Quelle est la place du collectif dans un sport individuel comme le tennis de table ?

On est une équipe où tout le monde s'entend très bien. On tire tous dans le même sens. C'est vraiment important. Ça peut permettre de se surpasser quand on sent que le banc nous pousse. C'est un plus dans notre équipe. Ce n'est pas que ça qui peut nous maintenir en Pro A, mais sentir le soutien du collectif ne peut qu'être bénéfique.

 

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