Hérouville survole les débats

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Six victoires en six matchs, 112 buts inscrits : l'équipe féminine d'Hérouville cartonne comme jamais cette saison. Pensionnaire de Nationale 1, dans l'antichambre de la Pro A, elle peut légitimement rêver d'une accession au plus haut niveau français à l'issue de l'exercice en cours. Les Marsouins en en tout cas confirmé leur force de frappe le week-end dernier à domicile. En parallèle, de nouvelles portes s'ouvrent pour les meilleures poloïstes...


Elles ont quinze, seize, dix-sept ans, parfois un peu plus mais pas souvent, et survolent la poule B de Nationale 1. Les joueuses d'Hérouville ont remporté haut la main leurs six premiers matchs de championnat, disputés en l'espace de deux week-ends. Quelque peu accrochées par Lille lors de leur premier tournoi (11-8), elles ont montré samedi et dimanche qu'elles étaient bien les patronnes incontestables de la compétition. Les Nordistes, battues cette fois 13-3, l'ont constaté à leurs dépends. « C'est la grosse satisfaction, évoque l'entraîneur hérouvillais Johann Paco. On a vraiment dominé le match et on a fini par un 5-0. Lille n'avait plus aucune solution. On les a "mangées" sur le plan tactique, technique mais aussi physique en fin de match. » Déjà largement en tête à la mi-temps (6-1), Hérouville a enfoncé le clou dans la dernière période. L'occasion pour Morgane Le Roux, auteure de sept buts, de se mettre en évidence.


La jeune fille de 15 ans avait déjà scoré à huit reprises lors du précédent match de sa formation, remporté beaucoup plus largement encore face à Saint-Denis. Certes, les Hérouvillaises ont lâché un peu de lest dans le dernier quart (4-4), mais elles menaient 18-3 au moment de l'attaquer... À l'arrivée, leur victoire 22-7 avait parfaitement lancé le week-end. Une formalité ? « Oui, mais l'entraîneur adverse m'avait mis un petit coup de pression en me disant qu'il avait de nouvelles joueuses par rapport à la précédente confrontation (remportée 23-5, ndlr). En fait, ça faisait déjà 12-1 à la mi-temps... » Après ces deux premiers matchs du samedi, Hérouville avait un dernier rendez-vous dimanche matin à... 7h45. Le seul créneau disponible en raison d'une compétition de natation organisée l'après-midi. « On savait qu'on allait gagner largement, reconnaît Johann Paco. Ça aurait été compliqué s'il s'était agi d'un gros match à enjeu. Là, j'en ai profité pour faire tourner. C'était un bon réveil tonique ! » Debout à six heures – comme leurs adversaires me direz-vous – les Hérouvillaises ont battu la sélection des Yvelines 22-6. Cette fois, c'est Marion Horcholle qui a fini meilleure buteuse locale avec huit réalisations.


Deux joueuses en équipe de France A


Après avoir rencontre deux fois chacun de ses adversaires, Hérouville caracole en tête de son championnat et peut imaginer un avenir radieux au vu de la jeunesse de son effectif. « Le plus intéressant, c'est l'homogénéité du groupe. Le danger vient de partout. Morgane et Marion sont un peu devant, mais les seconds couteaux sont présentes. Ça pose beaucoup de problèmes à l'adversaire parce qu'on a plusieurs d'options offensives. C'est très agréable pour un coach. En outre, les joueuses sont dans une logique de progrès constants. Il y a une grande dynamique d'apprentissage. » Une dynamique qui oblige à regarder vers le haut. Sur les trois poules réunies, Hérouville semble clairement le plus fort. « La route se dégage et les problématiques arrivent, constate Johann Paco. On fait quoi en juin ? Il va falloir y réfléchir très rapidement en interne. » Pour monter en Pro A, Hérouville doit terminer premier de sa poule, ce qui ne fait pas l'ombre d'un doute, puis remporter les play-offs qui l'opposeront aux deuxièmes des autres groupes. Ça aussi, malgré la glorieuse incertitude du sport, ça ne semble pas pouvoir lui échapper. Sauf qu'une montée soulève d'autres problèmes, structurels et sportifs. « En Pro A, on prend quinze pions par match. Mais il faut être cohérent et se donner les moyens d'en prendre dix au lieu de quinze. »

Après tout, Hérouville dispose d'une marge de progression évidente. Cinq de ses joueuses sont internationales U17. Deux d'entre elles, Morgane Le Roux (15 ans, photo ci-dessus) et Chloé Vincent-Fontanillas (16 ans, photo du haut), sont actuellement en stage avec l'équipe de France A. Certes, elles auront du mal à participer au match France – Russie de mardi prochain, mais leur simple convocation donne une idée de leur potentiel. Le défi pour Hérouville est désormais d'être capable de conserver ces perles, observées de près par les plus gros clubs français.

 

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