Samir Alla quitte le CFA 2 pour le futsal

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Samir Alla maîtrise l'art du contre-pied, que ce soit sur le terrain ou dans ses choix personnels. Revenu à Hérouville l'été dernier quelques semaines après s'être engagé avec Granville, le maître à jouer du SCH a de nouveau pris tout le monde de court en annonçant son départ de l'équipe pour rejoindre son petit frère Abdou, en compagnie de son autre frère Nabil, en futsal. Toujours à Hérouville. Une décision très compliquée mais dont il s'explique sur Sport à Caen.


Samir, comment cette décision de quitter le foot en herbe pour le futsal a-t-elle été prise ?

Le décès d'Aziz (Fenini) m'a beaucoup affecté. Ça reste d'ailleurs difficile de vivre avec. J'en avais parlé à ce moment-là, il y a un mois et demi, avec le président. À la base, je voulais même couper avec le sport. Finalement, j'ai voulu me réorienter vers le futsal pour rendre hommage à Aziz. Le président m'a dit qu'il n'était pas contre mais qu'il ne voulait pas me laisser partir comme ça dans l'immédiat. On avait convenu que je continuerai jusqu'à fin décembre, donc jusqu'au match de Saint-Lô. C'est ce qui s'est passé. Je n'en avais pas parlé plus tôt pour ne pas que ça affecte le groupe et que ça fasse du bruit.

 

Nabil et vous êtes les seuls concernés dans le groupe ?

Oui. Nous rejoignons notre petit frère Abdou. Il a signé il y a plus d'un mois. Ça m'a fait mal au coeur que mon petit frère nous quitte au niveau de l'herbe. On a pris la décision de se décaler vers le futsal. Ça me fait vraiment mal de laisser les collègues en CFA 2 dans ces conditions (Hérouville est actuellement dernier, ndlr) mais il fallait bien prendre une décision. Dans les deux cas, je le vivais mal. J'avais la moitié du coeur qui penchait vers l'herbe, et l'autre vers la salle et Aziz.

 

On connaît votre attachement au futsal, où vous avez connu l'équipe de France. Avez-vous la volonté de sauver le club d'Hérouville en Ligue 2 ?

Dans un premier temps, je ne pensais qu'à rejoindre mon petit frère et rendre hommage à Aziz. Je n'avais pas une optique de compétition. Cependant, il est vrai que l'équipe a un maintien à jouer, ce qui n'est pas négligeable. Il y a encore une petite chance donc on va la jouer à fond. Mais mon objectif n'était pas ça dans un premier temps. Maintenant, il y a des échéances, un maintien à aller chercher, et pourquoi pas rêver d'un retour en équipe de France ? Mais ce n'est pas du tout mon objectif. Je veux d'abord retrouver un plaisir.

 

Vous n'étiez pas aussi épanoui que vous le souhaitiez en CFA 2 ?

Je prenais de moins en moins de plaisir en CFA 2 ces derniers temps, je ne vais pas vous mentir. Mais j'ai passé un bon début de saison. Ça s'est toujours bien passé avec le groupe et le coach. Avec ce qui s'est passé, le retour de mon petit frère au futsal, ça a commencé petit à petit à se déchirer.

 

Vous étiez le capitaine de cette équipe hérouvillaise en CFA 2. On imagine que c'est un pincement au coeur d'abandonner son équipe dans une position délicate...

Bien sûr. Beaucoup vont dire que j'ai quitté le navire. Je vois déjà les gens allumer les rumeurs. Mais je sais ce que je vaux, je sais ce que j'ai fait pour ce club et je sais ce que je ferai encore pour lui. Je ne quitte pas le club. Il fallait que je souffle un peu, que je change d'air. Il y a des cadres dans cette équipe, les Ramzi Tarchoun, Clément Lumé, Charles Masiala, Uriel Étari... Ce sont des soldats du club et ils savent tenir un groupe. J'étais le meneur d'hommes mais on était quatre-cinq à gérer cette responsabilité.

 

« 2014 est une année de chamboulements »

 

Comment avez-vous annoncé votre décision à vos partenaires ?

Je leur ai annoncé après Saint-Lô. Ce n'était pas facile à entendre et encore plus difficile à dire. J'ai expliqué ma pensée et ils ont compris ma situation, même si c'est difficile à accepter.

 

Sans Nabil et sans vous, les chances de maintien en CFA 2 diminuent...

Elles diminuent parce qu'il y a deux joueurs en moins sachant qu'on a un effectif très restreint à la base. J'espère que ça va permettre à certains jeunes d'exploser. J'entends parfois qu'on fait de l'ombre à beaucoup, j'espère que ceux qui ont du talent à mettre sur le terrain le feront, au service de l'équipe et du club.

 

Après votre vrai-faux départ pour Granville, c'est un nouveau contre-pied que vous prenez. 2014 est une année particulière pour vous.

2014, c'est une année de chamboulements pour moi. Les six premiers mois ont été très bons parce qu'on est allé chercher un maintien. Je devais signer à Granville mais j'ai renoncé suite au repêchage d'Hérouville en CFA 2. Après, il y a eu le décès d'Aziz qui m'a coupé le cœur. C'est difficile mais je vis avec. On sait que l'humain doit vivre avec des hauts et des bas. Je vis avec des situations difficiles mais je reste debout.

 

Comment envisagez-vous la suite ?

J'ai du mal à me projeter. Dans un premier temps, je vais faire du futsal, et essayer de prendre du plaisir jusqu'au mois de juin au moins. Je vais souffler un peu et mettre le football de côté. Ensuite, je verrai.


Néanmoins, la suite sera-t-elle toujours liée au football ?

Je prends trente ans en janvier, il me reste encore de belles années de football et de futsal. Ce ne sont pas les six mois à venir qui vont me faire tirer une croix sur tout, bien au contraire. Je veux juste partir sur un nouveau challenge pour évacuer tout ce qui se passe et, pourquoi pas dès la fin de saison, repartir sur de bons rails avec l'équipe.


Votre avenir est-il toujours à Hérouville ?

Je suis quelqu'un de très famille, je n'ai plus l'âge de partir. Je suis déjà en plein chamboulement, alors je ne pense pas que changer de club m'apportera quoi que ce soit. Je préfère rester ici. Il y a le futsal, le foot herbe, tout ce qu'il faut pour s'éclater.


Un choix sans regret ?

Il y a des regrets, forcément, parce que je m'écarte d'un groupe et de la compétition CFA 2 que je vis avec tous mes frères et collègues de l'équipe. Pour arriver en CFA 2, on a fait de gros sacrifices. Certains ont commencé en première division de district pour amener le club jusque là. Ça me fait très mal, mais c'était mieux pour moi.


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