L'AG Caen, un rêve éveillé

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Football. AG Caen 2 – 2 Amiens SC (4-3 t.a.b), 32ème de finale de la Coupe de France féminine. Non contente de découvrir les 32èmes de finale de la Coupe de France pour la première fois de son histoire, l'Avant Garde Caennaise s'est payé le luxe de franchir ce cap. Et avec la manière ! Les dernières représentantes bas-normandes de la compétition ont sorti aux tirs au but une équipe d'Amiens hiérarchiquement supérieure. Focus sur trois joueuses décisives : la gardienne Ambre Ferey, la milieu gauche Marion Laporte et la double buteuse Floriane Gaudry.


Mais où s'arrêtera donc l'Avant Garde Caennaise ? Opposées à Amiens, avant-dernier de sa poule en D2, les Caennaises ont décroché un succès mérité au bout du suspense. C'est en effet aux tirs au but qu'elles ont pris le meilleur sur leur adversaire, grâce à trois parades de leur très jeune gardienne Ambre Ferey (16 ans). Caen, pourtant, a dominé les débats devant pas moins de 400 spectateurs. Floriane Gaudry, d'abord à la conclusion d'un excellent service en profondeur, ensuite sur penalty, a donné l'avantage à son équipe à deux reprises (10' et 57'). Mais à chaque fois, les Picardes ont su faire preuve du plus grand réalisme pour égaliser malgré leurs difficultés dans le jeu (51' et 80'). Dans une rencontre très engagée, où le meilleur élément amiénois a écopé d'un carton rouge à l'orée du dernier quart d'heure de jeu, l'AGC a montré plus d'assurance lors de la fatidique séance des tirs au but. Et voilà les joueuses de Vincent Hié parmi les 32 dernières équipes encore en lice dans la compétition. Un exploit historique pour le club qui monte. Le prochain tour se déroulera le dimanche 25 janvier. Les Caennaises connaîtront leur adversaire jeudi prochain.


Ambre Ferey, l'héroïne des tirs au but

 

Il n'est pas loin de 16h30 quand l'arbitre de la rencontre siffle la fin du temps réglementaire. Dans le camp caennais, les mines sont hésitantes. Pas franchement rassurées. C'est aux tirs au but que les partenaires de Charlène Malherbe devront aller arracher leur qualification pour les seizièmes de finale. Au vu des occasions qu'elles se sont procurées au long de la partie, elles auraient pu s'épargner l'épreuve fatidique. Mais dans le camp caennais, il y en a une qui exulte presque. Ambre Ferey s'apprête à disputer son épreuve favorite. Les tirs au but, elle « adore » ça. « Dans l'esprit des gens, un penalty doit être marqué. C'est que du bonus pour les gardiens. Arrêter un penalty, c'est quelque chose... C'est vraiment une émotion à part. » Cette émotion propre au gardien de but, Ambre Ferey l'a ressentie trois fois, hier après-midi. Elle a sorti une première tentative sur son côté gauche, puis deux sur son côté droit. Imperturbable devant les 400 spectateurs massés autour de la main courante. « Je suis dans ma bulle, je n'entends plus personne. Je fais au feeling. Je choisis un côté, et j'y vais. Quand j'arrête le tir, c'est le bonheur, l'explosion. Surtout lors du dernier penalty. » À seulement 16 ans, Ambre Ferey propulse son club en seizième de finale de la Coupe de France. « Miraculeux, inimaginable, sourit-elle. Si on m'avait dit ça il y a six ans, jamais je ne l'aurais cru. »

Il y a six ans, Ambre Ferey rejoignait l'Avant Garde Caennaise, quatre ans après ses débuts sur le terrain de Thaon. Elle avait déjà derrière elle deux saisons d'expérience au poste de dernier rempart. « Un jour, mon père m'a emmenée voir le Stade Malherbe jouer et j'ai rencontré Steeve Elana là-bas. J'ai voulu faire comme lui. » La longiligne gardienne, efficace sur sa ligne, dotée d'un jeu au pied précis et calme en toute circonstance, a bien fait. Sélectionnée à la Coupe Nationale en 2013 avec la Basse-Normandie, la voilà désormais avec les seniors A de l'Avant Garde. Son intérim réussi suite à la blessure de la gardienne titulaire Jéhane Lepoittevin l'a emmenée dans une autre dimension. La suite ? « Elle ne peut être que meilleure vu mon âge. Mais je ne me suis jamais posé la question de savoir de quoi demain serait fait. Je laisse mon destin se créer. » En ce lundi de rentrée scolaire, le retour à une autre réalité s'annonçait néanmoins brutal. Un DS était au programme de cette lycéenne en Première S.


Floriane Gaudry, la double buteuse

 


Floriane Gaudry file au but en début de match.

 

Damien Della Santa a du flair. Le genre à être au bon endroit au bon moment. À provoquer la réussite pour qu'elle lui sourie. L'ancien entraîneur de l'AG Caen s'était placé derrière le but amiénois, hier, légèrement à gauche. Quand Floriane Gaudry a marqué ses deux buts, l'un en première période, l'autre en seconde, c'est vers lui qu'elle s'est immédiatement précipitée. « Tout vient de lui, commente l'attaquante caennaise. Il m'a tout appris. J'ai beaucoup progressé dès ma première année ici grâce à Damien. » Voilà trois ans que Floriane Gaudry fait valoir sa vitesse, sa technique et son énergie sur le front de l'attaque avant-gardiste. Et seize ans qu'elle foule les terrains de foot. « J'ai commencé à cinq ans et j'ai joué avec les garçons jusqu'à quinze ans. J'ai ensuite rejoint Anet et Dreux dans l'Eure-et-Loir. » À chaque fois avec sa sœur jumelle, Charlène. Arrivée à Caen pour ses études, la future professeur d'EPS n'a pas renoncé à sa passion, « un peu une drogue ». C'est à l'Avant Garde qu'elle a posé ses valises. Et c'est avec l'Avant Garde qu'elle a connu sa plus grande émotion sportive, dimanche.

Avant ce 32ème de finale, Floriane Gaudry n'avait inscrit "que" quatre buts cette saison. Pour une attaquante habituée à faire trembler les filets, ce n'était « pas beaucoup ». Cela n'avait pas empêché la native de Dreux de conforter son statut de titulaire indiscutable par son activité incessante et sa responsabilité dans de nombreuses réalisations caennaises. À Poissy, au premier tour fédéral de la Coupe de France, elle avait été double passeuse décisive. Un registre dans lequel elle excelle. Contre Amiens, c'est elle qui a été à la conclusion pour permettre à son équipe de mener à deux reprises. « Sur le premier but, Charlène me lance en profondeur, je me retrouve en face à face avec la gardienne et je marque au premier poteau. Le deuxième, c'est un penalty après une faute sur Marion. » C'est en revanche depuis le bord du terrain, victime de crampes, que la Stapsienne a suivi la séance des tirs au but. Avec, au bout, « la joie, celle de tout un club, des coachs et des supporters ». « Une D2 mal classée reste une D2. C'est un exploit. On a fait un très bon match. » La D2, Floriane Gaudry la découvrira un jour à n'en pas douter. C'est l'objectif qu'elle s'est fixé et c'est celui qu'elle rêve d'accomplir avec l'AG Caen.


Marion Laporte, l'intenable ailière

 

 

Prononcez le nom de Marion Laporte à l'Avant Garde, et vous verrez sûrement le visage de votre interlocuteur s'éclairer. Surtout si l'interlocuteur en question est une de ses coéquipières. La pitre Marion Laporte, adepte des facéties et autres fous rires, est en revanche beaucoup moins appréciée de ses adversaires. Il n'est pas impossible qu'elle ait fait faire quelques cauchemars à son adversaire directe, dimanche après-midi. Dans son couloir, la numéro 11 de l'AGC a été un feu-follet intenable, multipliant les percussions balle au pied et provoquant de nombreuses fautes amiénoises jusqu'à amener le penalty sur une énième percée. « Charlène avait dit dans l'article de présentation que je ne tombais pas assez, eh bien cette fois je suis tombée au bon moment, s'amuse-t-elle. Et puis je suis contente de moi parce que j'ai pris beaucoup de coups, mais j'en ai donné aussi ! Je suis tellement fière de nous... C'est comme si on avait gagné une guerre. » Ce combat, douloureux pour les genoux de l'intéressée (« j'ai trop mal mais ça valait le coup ! »), Marion Laporte aurait pu ne pas le connaître. La saison dernière, elle a été approchée par Condé, le voisin de D2 désireux de recruter la jeune pépite. La gauchère n'a pas dérogé de sa vision du foot. « Je suis restée là pour les filles. C'est plus l'affectif que le sport qui compte pour moi. J'accorde énormément d'importance aux choses extérieures au foot. »

Quand la plupart des joueuses de 19 ans au potentiel semblable rêveraient de jouer au niveau national, Marion Laporte trouve son bonheur en DH. « Je suis heureuse quand les gens que j'apprécie le sont. Alors là, je suis comblée. Mais j'aime bien les challenges quand même... Le rêve serait de monter en D2 avec l'AGC. » Malgré son jeune âge, l'étudiante en STAPS est la plus ancienne joueuse du club. Elle y a fait ses débuts à l'âge de 8 ans. « J'ai joué avec les garçons jusqu'à 12-13 ans, puis j'ai arrêté pendant deux ans. Je suis revenue ici au lycée. C'est ma cinquième saison avec les filles. La première, je jouais en U18. On se prenait des tôles mais on rigolait bien ! Ensuite, j'ai été intégrée progressivement à l'équipe seniors. » La milieu gauche y monte en puissance saison après saison. Contre Amiens, elle a crevé l'écran. « Je prends confiance en moi. Je sais que les filles m'apprécient donc j'essaye plus de choses parce qu'elles ne vont pas m'en vouloir. Plus je connais les gens et plus je suis moi-même. » Le résultat vaut le détour !

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