KB Sharp : « C'est frustrant »

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Après un bon début de saison, marqué par des victoires spectaculaires contre Lyon et Nantes, Mondeville est quelque peu rentré dans le rang. Les Mondevillaises ont remporté un seul de leurs six derniers matchs. Leur meneuse KB Sharp dresse un bilan de mi-saison marqué du sceau de la frustration. La Franco-Américaine estime que son équipe doit retrouver le plaisir de jouer ensemble.


KB, votre récente défaite contre Tarbes montre qu'il manque encore un petit quelque chose pour franchir le cap...

Tarbes peut jouer le Top 4. C'est une bonne équipe, qui joue bien ensemble. Quand il fallait jouer pour la meneuse, elles jouaient pour la meneuse. Quand il fallait jouer pour Val (Berezhynska), elles jouaient pour Val. Leur jeu était vraiment bien organisé. Encore une fois, on n'a pas du tout bien défendu. C'est vraiment notre point faible, notre point noir. Malheureusement, on se répète de match en match. On ne peut pas laisser nos adversaires marquer 80 points et penser qu'on va gagner. Ou alors, il faut qu'on soit vraiment très fortes en attaque. Samedi, il y a trois filles qui ont bien joué en attaque. Il faut qu'on arrive à ce que tout le monde prenne du plaisir en attaque et joue bien.

Qu'entendez-vous par là ?

Déjà, il faut qu'on défende mieux. C'est la priorité des priorités. En attaque, on doit réussir à mieux utiliser les qualités de chaque joueuse. Pour le moment, il n'y a que deux-trois filles qui brillent à chaque match. Ce qu'il faut, c'est qu'il y en ait plus qui apportent. Le danger ne vient pas suffisamment de partout. C'est plus facile de défendre sur nous parce que notre jeu est prévisible.

Comment expliquez-vous cette difficulté ?

Quand tu encaisses des paniers, tu es dans le doute, tu perds confiance et tu n'es plus lucide. Ça met encore plus de pression sur l'attaque, ce qui forcément n'aide pas... Après, il y a des jours où ça rentre et d'autres où ça ne rentre pas... C'était mon cas samedi. Néanmoins, on doit être capable de se raccrocher à la défense quand ça ne rentre pas. C'est d'abord une question de concentration. On ne s'aide pas non plus tout le temps, si bien qu'on a tendance à laisser plus d’espace quand on défend. C'est un ensemble de choses. On donne trop de paniers faciles, aussi...

« Persuadée qu'on peut faire mieux »


Y a-t-il une certaine frustration au regard du jeu que vous développez ? On a le sentiment, au vu de la valeur de chacune des joueuses, que vous pourriez faire mieux...

Tout à fait. On ne joue pas bien. Les gens ont dit qu'on avait fait un beau match samedi, mais pour moi ce n'était pas le cas. Oui, on n'a perdu que de onze points. L'écart aurait pu être plus grand. Mais moi je trouve que ce qu'on fait, ce n'est pas très bien. Courtney et Sandra peuvent être satisfaites de ce qu'elles ont fait sur la première partie de saison. À côté de ça, je sais que les joueuses qui jouent moins sont frustrées. C'est normal. Ça m'embête parce que je n'aime pas avoir des coéquipières qui ne prennent pas de plaisir. Frustrée, c'est vraiment le bon mot.

Ça veut dire que vous êtes capables de faire vraiment mieux, même si Mondeville n'a plus le standing qui était le sien il y a quelques années ?

Je reste persuadée qu'on peut faire mieux, ou sinon on doit revoir nos objectifs à la baisse. Je suis frustrée parce qu'on avait bien commencé la saison. Tout allait bien. Tout d'un coup, ça s'est enrayé. J'ai mes idées sur les raisons pour lesquelles ça s'est passé ainsi. Il faut changer, sinon on va rester comme ça. La deuxième partie de la saison va être encore plus difficile que la première. Jusqu'à présent, on avait des matchs à notre portée à gagner ici : Toulouse, Charleville, Nantes. Les matchs à la maison sont très importants parce qu'on a du mal à l'extérieur. Or là, il faudra aller chez ces équipes qu'on a battues, mais aussi Angers, Arras... Il ne faut pas se mettre de pression, mais on doit prendre conscience qu'on n'a pas le droit à l'erreur. À la maison, il faut avoir un peu plus de gnac pour arracher la victoire. On aurait pu gagner quelques matchs supplémentaires chez nous.

Il manque cette petite force de caractère qui peut faire la différence contre des équipes supérieures ?

On n'est pas assez sûres de nous. Évidemment, on a envie de gagner chaque match. Mais quand tu n'es pas 100 % en confiance, c'est plus difficile. Et à partir de ce moment-là, dès que tu prends un panier évitable, c'est plus facile de baisser la tête que de se révolter.

« Accrocher une place dans le top 8 »


Vous avez gagné un seul des six derniers matchs, c'est la raison pour laquelle vous n'êtes pas au mieux de votre confiance ?

Non, ça avait commencé plus tôt. Notre défaite au Hainaut nous a fait mal. C'est un match qu'on devait gagner. Mais ce qui nous a fait le plus mal, c'est de perdre derrière à La Roche/Yon. On a pris une grosse claque. J'ai senti que c'était un peu comme la fin du monde, parce qu'on n'aurait jamais dû perdre comme ça. C'est un peu triste... Quand on voit la manière dont on a débuté la saison, avec cette victoire contre Lyon, on pouvait se dire qu'on allait faire de belles choses parce qu'on se battait. Mais en fait, on n'a jamais vraiment retrouvé ça depuis, non ? Ça nous a pourtant lancées, parce que derrière on a gagné contre Toulouse, puis Charleville après. Tout allait bien, on était dans notre objectif. On a perdu à Basket Landes, mais on n'était pas loin. Le Hainaut était une erreur, mais ça arrive dans une saison.Le problème, c'est qu'on n'a pas réussi à remonter totalement la pente après la claque reçue à La Roche/Yon.

Le maître-mot du début de saison, c'était que la balle tourne, qu'il y ait du mouvement... On a du mal à retrouver ces composantes aujourd'hui.

Au début, c'était ça. Notre équipe, ça doit être ça. Le danger doit venir de partout. Ça a changé. Au début, tout le monde était content, ça faisait des passes, tout le monde souriait... Là, je trouve que c'est un peu triste. Quand tu commences à accumuler les défaites, tu perds aussi cet enthousiasme et tu plonges dans le doute.


Comment fait-on pour inverser ce début de spirale ?

On a besoin d'un match référence. Un match où on joue vraiment bien et où on gagne. Ça va nous lancer. Lyon a été un match référence cette saison. Pas parce qu'on a gagné, mais parce qu'on a réussi à revenir de 21 points. C'était vraiment une bataille. On n'avait rien lâché et tout le monde avait apporté quelque chose. C'est ça qui nous manque aujourd'hui.

Quel regard portez-vous sur le bilan comptable de cette première moitié de saison ?

Ce n'est pas un mauvais bilan, mais c'est un peu frustrant parce que ça aurait pu être mieux. Je pense qu'on aurait pu gagner deux matchs de plus. Les matchs contre le Hainaut et Arras étaient à notre portée. On n'a plus le droit aux erreurs maintenant. Chaque match devient plus important.

Vous avez parlé d'objectif, mais quel est-il ?

Vu la manière dont on a joué au début, et les résultats qui ont suivi, on s'est dit qu'on pouvait avoir une place dans le top 8. Notre objectif reste le même, mais on ne peut pas laisser les matchs se dérouler et se dire "ok, on fera mieux la prochaine fois". Sinon, la saison va s'achever comme ça et je n'ai pas envie de finir avec cinq victoires !

 

« J'ai du mal à passer outre quand je vois des gens qui ne vont pas bien. »


Souvent, les joueurs ont l'impression de ne pas jouer assez... Ça peut difficilement être votre cas !

(Elle rigole) Je connais pas un joueur qui pense qu'il joue trop ! Mais quand je vois que Julie ne joue pas beaucoup, je me dis que je joue peut-être trop. Ça m'embête pour elle. Je n'aime pas voir autour de moi des joueuses qui ne sont pas en confiance, qui sont frustrées. Bien sûr, je pense à elle. J'ai appris à la connaître et on est devenu amies. Après avoir passé du temps avec elle et sa famille, je la comprends. Je sais comment elle fonctionne. Ça m'embête qu'elle ne soit pas bien. On n'a pas beaucoup de joueuses dans l'effectif et on a besoin de tout le monde si on veut vraiment faire quelque chose. C'est valable pour Maja. C'est quelqu'un qui se donne à fond,, qui est toujours dans l'énergie. J'ai du mal à passer outre quand je vois des gens qui ne vont pas bien. Je sais que ça me joue parfois des tours, mais je ne peux pas faire autrement. Je préfère jouer moins bien et que mes coéquipières, au contraire, soient bien. Mais on ne vit pas dans le monde des Bisounours, comme tout le monde me le dit tout le temps !

Que pensez-vous de votre première moitié de saison ?

Au début, c'était bien. C'est tout ce que je peux dire (sourire). Je ne suis pas satisfaite.

Il y aura quand même toujours un grand moment gravé dans votre mémoire : ce tir au buzzer victorieux contre Nantes.

Je pense que j'aurais dû prendre ma retraite après (sourire). Je ne pourrai plus ressentir autant de joie dans le basket que cette fois-là. Je suis en fin de carrière et je n'aurai sûrement plus la chance de gagner un titre. Ça restera le moment de gloire dans ma carrière (rire). J'avais déjà mis un buzzer beater, c'était même ici (à Mondeville) quand je jouais avec Aix. Ce n'est pas le même effet quand tu joues à l'extérieur. Évidemment, il n'y a que nous qui étions contentes ! Contre Nantes, j’avais envie de pleurer. Et quand je revois la vidéo, j'ai encore envie de pleurer. Même les autres filles ont pleuré. Je n'avais jamais vécu ça dans ma vie. C'est dommage, je pensais que ce type de victoire allait nous relancer. En fait, on n'a pas réussi à s'en servir.

Qu'attendez-vous de vous sur la deuxième partie de saison ?

Jouer mieux, être plus constante et faire en sorte que mes partenaires prennent du plaisir.

Avez-vous le sentiment que c'est une de vos responsabilités comme meneuse ?

Oui. Je prends encore plus les choses pour moi quand on perd un match. je me dis que je n'ai pas bien mené, que j'aurais dû faire ci, ou ça. J'analyse beaucoup. C'est pour ça que je suis restée dans mon appartement toute la journée dimanche. Je n'étais pas du tout contente de mon match. J'avais honte.

Au niveau collectif, qu'attendez-vous de l'équipe ?

Que tout le monde prenne du plaisir, qu'on joue les unes pour les autres, qu'on défende mieux, qu'on s'arrache et surtout qu'on pense aux autres.

La coupe d'Europe, vous y pensez ?

Ce serait vraiment une bonne chose après la saison compliquée vécue l'année dernière, surtout avec l'élection d'une nouvelle présidente.


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