Charles Masiala : « Se rabattre sur une force mentale »

Envoyer Imprimer PDF

Dernier avec dix points de retard sur le premier non-relégable, Hérouville est en grande difficulté en CFA 2. À tel point que, quand il évoque la deuxième partie de saison, Charles Masiala indique que son équipe « a envie d'accrocher un maintien qui paraît impossible ». Le milieu de terrain défensif souligne la qualité de l'état d'esprit local, mais rappelle les carences d'un club en manque de moyens.

 


L'année dernière, son retour au bercail avait été une source d'espoir. Charles Masiala, fraîchement trentenaire, arrivait d'Avranches en CFA avec la solide intention d'aider le club de ses débuts à se maintenir au niveau fédéral. Un an et demi plus tard, c'est toujours en CFA 2 que le solide gaillard d'1m88 évolue. Pourtant, il ne cache pas que les choses « ne se passent pas comme [il] l'aurai[t] souhaité ». Dernier de CFA 2, quelques mois après son repêchage administratif, Hérouville est en grande difficulté. Son bilan provisoire, quasiment à mi-saison, fait état de huit défaites, trois matchs et une seule victoire. Certes, c'est toujours mieux que la saison dernière à pareille époque, mais la dynamique est particulièrement mauvaise. Hérouville a pris un seul point lors de ses six dernières rencontres. Et se rassure comme il peut, à l'image des conclusions tirées après sa défaite 2-0 à Lannion le 20 décembre. « Au vu de ce qui s'était passé auparavant, on l'a prise un peu comme une victoire, précise Charles Masiala. On arrive à se dire que ce n'est pas si grave. En terme d'envie, c'était positif. L'investissement est bon. Après, forcément, on ressent la perte de Samir et Nabil dans notre niveau de jeu. »


« Sans Samir et Nabil, c'est encore pire »


Le départ surprise des frères Alla a sonné comme une épreuve supplémentaire dans la très difficile lutte pour le maintien. « On a essayé de leur en parler mais leur décision était réfléchie. Ce sont nos frères. S'ils ont pris cette décision, c'est qu'ils préféraient jouer en salle. On ne l'a pas mal pris. On a accepté. » Ce coup de théâtre a néanmoins traduit le malaise qui semble régner cette saison au sein du club hérouvillais, moins uni qu'il ne l'a été. Surtout, il réduit singulièrement les chances locales. « Quand Samir et Nabil étaient là, déjà ce n'était pas top, reconnaît Charles Masiala sans détour. Sans eux, c'est encore pire. On se rabat sur une force mentale, mais ça ne peut pas tout faire. Ça nous fait du mal qu'ils ne soient plus là. On ne va pas non plus pleurer et dire "ils ne sont plus là, on arrête de jouer". On est des compétiteurs. On a envie d'accrocher un maintien même si ça paraît impossible. Il faut aller de l'avant. » Si le milieu de terrain défensif du SCH, parfois reconverti défenseur central (« il est tellement performant qu'il peut jouer dans les deux registres », dit de lui Brice Kaho), est aussi peu optimiste, c'est que son équipe affiche dix points de retard sur le premier non-relégable. Plus mauvaise défense du championnat, deuxième plus mauvaise attaque avec seulement dix buts inscrits en douze matchs, Hérouville est un ton en-dessous dans cette poule A.


Hérouville reprend contre Rennes


Pour Charles Masiala, le cœur du problème est tout simplement financier. « À Hérouville, ce qu'il manque, ce sont les investissements. Pour prétendre être en CFA 2 aujourd'hui, il faut un minimum de budget. On ne l'a pas. On se base sur des joueurs du cru. À un certain niveau, ça ne paye plus. En DHR, en DSR, en DH ça marche. Arrivé en CFA 2, certains n'ont pas le niveau. On est plus qu'à nos limites. On ne peut pas aller au-delà. Le coach ne peut rien faire par rapport à ça. » Pour le natif de Caen, arrivé à Hérouville en poussin et passé deux fois par le Stade Malherbe (au centre de formation de 1997 à 2001, en réserve lors de la saison 2007-2008), « ce n'est pas évident à vivre mais je savais aussi où je mettais les pieds. Je savais très bien que ça ne serait pas tous les jours faciles. On essaie de s'accrocher à ce qu'on a et de faire en sorte que ça aille mieux. » S'il était resté à Avranches, Charles Masiala serait dans une situation bien différente. Mais l'heure n'est pas aux regrets... « L'état d'esprit est là, assène-t-il. On se bat d'une part pour le club, après pour le coach et ensuite pour nous. Nos atouts sont l'envie, la hargne, le respect du football. Il y a aussi quelques jeunes prometteurs. Je pense en particulier à Nassim Aït Tayeb. C'est un gamin au-dessus du lot. Il peut aller loin. » Tout n'est pas noir dans un club « qui apprend » et vit cette deuxième saison en CFA comme « du bonus ». Et le souvenir du début d'année 2014 laisse l'espoir d'un revirement. À condition de réagir sans tarder. Pour la réception de l'équipe réserve de Rennes, dimanche prochain (14h30) ?

 

Commentaires (0)
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!
 

Aidez-nous !

Vous souhaitez contribuer à la pérennité et au développement de Sport à Caen ? Aidez-nous !

Contact

Vous souhaitez :

- Écrire des articles ?
Communiquer des informations ?
-
Devenir annonceur ?

Contactez-nous : redaction@sportacaen.fr