Victor Hugo, vice-champion de France frustré

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Inarrêtables en phase de poule puis en demi-finale, les basketteuses du lycée Victor-Hugo sont tombées de haut, jeudi après-midi en finale du championnat de France Excellence UNSS. Elles se sont lourdement inclinées face à leurs homologues de Nantes, pensionnaires comme elles du centre de formation local. Victor Hugo, dont l'équipe représentait les U18 de Mondeville, représentera néanmoins la France au championnat du monde.


Pour un compétiteur, il n'existe pas de petite défaite. Surtout en finale d'un championnat de France. Les joueuses du lycée Victor-Hugo ont beau préparer des échéances bien plus prestigieuses qu'un tournoi UNSS, elles avaient du mal à digérer leur défaite face à Nantes, quelques heures après le dernier buzzer. « Il y a énormément de frustration, confiait Lindsay John (photo) sur la route du retour. Nous n'arrivons pas à comprendre comment avons nous pu en arriver là. Nous étions pourtant concentrées avant le match et à l'échauffement. On avait un peu de stress mais on voulait cette victoire à tout prix, avec tout ce qu'on avait fait. » Les Caennaises, toutes pensionnaires du centre de formation de Mondeville, s'étaient effectivement démenées pour s'offrir ces quelques jours au Mans. À l'origine, leur lycée avait décidé de ne pas financer la participation au tournoi faute de budget. Les joueuses ont donc pris le taureau par les cornes en organisant une contribution participative sur Internet, couplée à diverses actions locales. Elles ont ensuite assumé leurs ambitions sur le plan sportif en se qualifiant pour les phases finales, malgré une défaite sans incidence (la place était déjà assurée) face à... Nantes.


Victor Hugo, finaliste l'année dernière, se présentait dans la Sarthe avec une étiquette de favori sur le front. Le premier tour a d'ailleurs été une formalité avec des victoires 54-34 sur Basket Landes, 64-36 contre Chartres et 69-51 devant Lyon. Mieux, les Mondevillaises sont montées en puissance lors des demi-finales, se payant le luxe d'écarter sèchement le tenant du titre montpelliérain, leur bourreau de l'année précédente (69-51). Les feux étaient au vert. « Nous avons fait un très bon tournoi, confirme la capitaine Lindsay John. Il a été très bénéfique pour le groupe. Nous avons pu constater que nous pouvions accomplir de grandes choses lorsqu'on jouait en équipe. » De quoi engendrer de belles promesses en vue des compétitions cadettes (Coupe de France et championnat de France) et espoirs (championnat de France), mais aussi de réels regrets. La finalité n'a pas été celle escomptée, Victor Hugo subissant la loi de Nantes lors du dernier round. Sans parvenir à rivaliser (53-36). « On est revenu à cinq points dans le quatrième quart, mais j'ai su dès les trois premiers coups de sifflet que ça allait être très compliqué, peste Fabrice Calmon. Dans les deux premières minutes, on s'est pris trois fautes offensives, deux marcher et deux "trois secondes". » À la mi-temps, VH était déjà à dix longueurs (28-18).


« On ne méritait pas de perdre comme ça... »


La suite allait être du même acabit. « Durant l'échauffement, on enchaînait les paniers marqués, mais on a tout raté pendant le match, déplore Lindsay John. Même les tirs en course ou les paniers près du cercle. C'était la panique générale. On n'annonçait aucun système, on subissait la pression que l'équipe adverse nous imposait. Peut-être étions nous dépassées par les événements... » Pour Fabrice Calmon, la raison se situe surtout au niveau de l'arbitrage. « C'est certain qu'on a fait notre plus mauvais match du tournoi en finale, mais parce que les filles sont devenus fébriles, frileuses. Elles avaient le sentiment de ne rien pouvoir faire. Autant l'an dernier on avait été battues par plus fort que nous, autant là on n'a pas pu jouer, pas pu défendre. On ne méritait pas de perdre comme ça... On est le seul lycée à être venu sans prof de sport, ça a été mal vu. Nous ne sommes pas dans la même démarche que l'UNSS... Je n'avais pas stabiloté cette compétition dans mon calendrier, mais les filles s'étaient tellement investies pour y aller et pour être championnes de France que ce dénouement me fait mal au cœur. »


Les Bas-Normandes n'ont pourtant pas tout perdu. Elles représenteront, avec Nantes (qui n'avait pour sa part pas de coach au Mans puisque Caroline Aubert, qui a pris les rênes de l'équipe cadette, était en formation), la France au prochain championnat du monde. Ce sera du 17 au 25 avril à Limoges. « Ce (jeudi) soir, la déception l'emporte et c'est normal parce qu'on ne réalise pas encore qu'on participera au championnat du monde. Je pense que nous en prendrons conscience demain », avance Lindsay John. Calé au cœur d'une fin de saison au calendrier déjà très chargé, l'événement promet d'être un petit casse-tête pour le staff mondevillais. En attendant, le quotidien s'apprête à reprendre ses droits. Samedi soir, une partie des lycéennes de Victor Hugo affrontera Alençon en Nationale 2. Le lendemain, les plus jeunes se rendront à Chartres avec la ferme intention de préserver leur première place en championnat de France U17.

 

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