Romain L'Hermitte : « Tout est respecté »

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L'USO Mondeville a achevé sa saison par une victoire à suspense contre Lyon, hier soir (77-72). Neuvièmes du classement final avec dix victoires au compteur, soit trois de plus que lors du précédent exercice, les Mondevillaises ont rempli leur objectif. Romain L'Hermitte dresse un bilan d'ensemble positif et va désormais se concentrer sur le recrutement.



Une salle bien remplie et une victoire à la clé : la saison se termine bien ?

Oui, mais il y a de la déception quand même. On a beau dire qu'on ne joue pas le Top 8, qu'on joue les matchs les uns après les autres, quand on est aux portes du Top 8 on a envie d'y aller. C'est vrai qu'un coup du sort aurait été sympa. Maintenant, on est neuvième et c'était ma première préoccupation. Toutes les équipes qui sont en-dessous de nous sont moins fortes que nous. On fait une moins bonne saison. Celles qui sont au-dessus ont fait une meilleure saison que nous et il n'y a rien à dire. Tout est respecté.


Vous finissez par une belle victoire...

Un bon match, je ne sais pas... On n'arrivait pas à mettre d'intensité, on n'arrivait pas à prendre les rebonds, on n'arrivait pas à aller jusqu'au bout des actions... Je nous ai trouvé lourd. On n'a pas un gros effectif, or c'était notre cinquième match en deux semaines. Cette équipe de Lyon est loin d'être celle de l'an passé ou d'il y a deux ans. On aurait pu obtenir une plus large victoire. Pour le public, ce finish-là était peut-être plus agréable. J'ai senti les filles un peu fébriles parce qu'il y avait un peu d'émotion. Pauline était dans l'émotion, j'ai senti Courtney fébrile comme jamais alors qu'elle pouvait archi-dominer. On a gagné, on a dix victoires, l'objectif est rempli.



On a senti la volonté de faire circuler le ballon, de se faire plaisir pour ce dernier match. Est-ce votre sentiment ?

Oui, on avait envie, mais on aurait pu les enterrer dans le deuxième quart-temps, sauf qu'on s'est vraiment relâché. Je pensais que les filles qui sortiraient du banc allaient mettre beaucoup d'intensité, or ça n'a pas été le cas. On les a laissées croire tout le long du match. Nous, on s'est un peu crispé. On a quand même maintenu l'essentiel et on est resté tout le temps devant. C'est un match plein quand même.



« Courtney, une joueuse hors normes »



Pourquoi avez-vous décidé de faire jouer les cinq filles du banc au début du deuxième quart ?

Je voulais responsabiliser les filles, ne pas attendre qu'il y ait trop de points d'écart pour les faire jouer. Je veux voir Léa et Katia jouer avec de l'adversité. Quand il y a vingt points d'écart, ce n'est pas pareil. Je voulais les faire rentrer dans le match pour qu'elles se sentent concernées tout de suite. J'ai pris un risque, la preuve (Lyon est revenu en partie durant ce laps de temps, ndlr), mais on a envie qu'elles montent d'un cran. J'espère que Léa sera encore avec nous la saison prochaine, donc c'est important qu'elle puisse prendre du temps de jeu. Il faut qu'on arrive à jouer sans celles qu'on a appelé cette saison les quatre fantastiques (Sharp, Krawczyk, Hurt et Dijon, ndlr). En face, c'était un peu le centre de formation de Lyon qui était sur le terrain. Faire entrer le nôtre n'était pas incohérent.



Un mot sur Pauline, qui arrête sa carrière ?

C'est une fille extraordinaire. Elle est tout le temps heureuse de venir à l'entraînement, elle a tout le temps le sourire. On a eu une relation assez fusionnelle. Beaucoup de gens ont dit des choses sur elle, mais nous nous sommes tout de suite bien entendus. Elle m'a tout de suite fait confiance alors qu'elle avait tout connu et qu'elle avait été championne d'Europe avec l'équipe de France. J'avais l'impression de continuer à lui apprendre des choses alors que je n'avais rien à lui apprendre. C'est toujours agréable de jouer avec des files d'expérience ayant cette mentalité-là. Quand Marine a su mercredi qu'elle ne serait plus là, elle a pleuré pendant deux heures. Elle était proche des jeunes.



Et Courtney, vous n'aurez peut-être pas beaucoup de joueuses de ce niveau-là dans votre carrière...

En effet. Il y en aura des différentes, mais sans doute pas beaucoup d'aussi fortes. C'est une joueuse de un contre un exceptionnelle, hors normes. Elle a des qualités athlétiques vraiment impressionnantes. On a vu des grandes joueuses venir ici, des Jekabsone, des Paoline Salagnac, qui ont fait leurs classes à Mondeville. Mondeville est un tremplin, que ce soit pour les jeunes françaises ou pour les étrangères. On va discuter avec Courtney mais je sais pertinemment, et elle l'a compris aussi; qu'il faut qu'elle voie autre chose. Il faut qu'elle se mette la barre plus haut.


« Je ne me fixe pas de date limite »


Quel est le programme pour vous désormais ?

Je vais faire Pâques en famille. Je vais essayer de ne pas répondre aux agents pendant deux jours. Ça va être dur, mais je vais essayer. J'aimerais que toutes les joueuses restent encore une semaine de façon à faire un bilan individuel mardi et une soirée ensemble. On va s'attacher ensuite à travailler énormément sur la saison prochaine. Il va falloir qu'on aille auprès des partenaires publics et privés, et qu'on construise quelque chose. Il faut qu'on reconstruise le club financièrement, qu'on reconstruise le club sportivement avec les jeunes. Il y a un gros travail à faire. L'équipe de France approche, il va aussi falloir que je m'en occupe !



Ce sera encore une reconstruction la saison prochaine, après cette année davantage inscrite dans la continuité ?

Évidemment, ça va changer. Déjà, quand on enlève Courtney, ce n'est pas rien. Il faut qu'on arrive à garder quand même une ossature et recruter des joueuses qui ont envie de travailler dur. Pour venir à Mondeville, il faut aimer ça. Ce sera une saison très, très difficile la saison prochaine. Il faudra avoir un gros mental, une grosse volonté. On ne va pas reconstruire. Ça fait deux ans que je coache, je n'ai pas peur. Ce sera la continuité de notre jeu, de ce que j'ai envie de faire, de ce que font les dirigeants. Les effectifs restent souvent deux ans en place. S'il y a des clubs qui s'intéressent aux filles, c'est qu'on a fait du bon boulot aussi.



Quid de l'avenir de Julie Vanloo à Mondeville ?

Je ne sais pas encore. Je vais d'abord discuter avec elle, après on verra. Je voulais que Julie se concentre sur sa fin de saison, elle qui est vite dans l'émotion. Je voulais vraiment qu'elle passe un cap sur sa fin de saison parce que j'ai trouvé qu'elle était au ralenti sur toute la première partie de saison. Je suis content, parce que sur les cinq-six derniers matchs, elle a passé ce cap. Maintenant, on discutera ensemble, calmement, à partir de mardi.



Avez-vous une idée du calendrier ?

Pas vraiment. Il va d'abord falloir voir comment on pourra avancer financièrement. Je ne me fixe pas de date limite. Je me dis même que je peux peut-être attendre jusqu'au mois d'août pour recruter une étrangère. Je ne vais pas me presser. 


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