Camille Leclerc championne de France en patronne

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Plusieurs fois médaillée les années précédentes mais jamais montée sur la plus haute marche du podium dans cette compétition, Camille Leclerc a franchi un cap en devenant championne de France en individuel, dimanche matin. La rameuse caennaise a parfaitement assumé son statut de favorite. Une étape importante sur la route semée d'embûches de Rio 2016.


Camille Leclerc n'est pas devenue une star en huit minutes et quelques secondes, dimanche 12 avril. « Ça reste de l'aviron, je ne suis pas une joueuse de foot », sourit-elle. Elle n'a pas changé de statut à mesure qu'elle avalait les 2000 mètres de course sur l'eau de Cazaubon, contre le vent et cinq adversaires résignées. Elle n'a pas changé tout court, une fois la ligne d'arrivée franchie, le câlin avec sa maman partagé, et la médaille d'or passée autour du cou. « J'ai reçu beaucoup de messages et ça me touche beaucoup, mais je reste la même personne. » Ce pourrait être le fruit de l'habitude, puisque ce titre n'est jamais que le septième de sa carrière encore jeune, mais c'est surtout l'envie d'aller plus loin encore. Camille Leclerc n'a jamais caché son ambition ni lésiné sur les moyens pour en être digne. Sur ce chemin où les Jeux Olympiques font figure de Graal, la Caennaise a franchi une étape de plus dans le Gers. Peut-être plus forte et symbolique que les précédentes. En glanant sa première récompense nationale dans cette compétition individuelle, elle s'est installée sur le toit de l'aviron féminin français chez les poids légers. Certes, en l'absence de Julie Maréchal, double tenante du titre gênée par des douleurs persistantes au dos, mais bien avec la prestance d'une patronne. « J'ai trouvé ce que je cherchais. Je suis vraiment contente. J'ai fait une course aboutie en finale. Je me suis rassurée et j'ai même passé un petit cap. »


Camille Leclerc, si prompte à douter d'elle-même malgré un palmarès à faire pâlir d'envie n'importe quel compétiteur, a sûrement pris conscience de certaines choses dans ce rendez-vous incontournable en vue des futures échéances internationales. Elle a d'abord assumé le statut qui lui collait à la peau à l'abord de ces championnats. La favorite, c'était elle. « Je partais pour gagner mais c'était loin d'être joué d'avance. Ça faisait deux-trois ans que je pensais à ce titre. Cette année, c'était un passage obligatoire. Je ne me voyais faire deuxième ou troisième, c'est clair et net. » Camille Leclerc, 1m77 de détermination, a donc pris le taureau par les cornes et signé le meilleur temps des séries puis des demi-finales. Couloir numéro 3 en finale, elle est restée sur sa lancée en confisquant la tête des opérations dès les premiers coups de pelle. Jamais la Bas-Normande, très largement devant dès les premiers 500 mètres, n'a douté. « Les conditions n'étaient pas faciles car je n'aime pas le vent contre. Je ne me suis pas posé de question et je suis partie le couteau entre les dents. Je n'ai pas totalement respecté ce que Matthieu (Chapron, son entraîneur, ndlr) m'avait demandé. Avec trois secondes d'avance à la mi-course, inconsciemment on a tendance à se dire que c'est acquis. J'ai laissé Laura (Tarantola, deuxième, ndlr) revenir dans le troisième 500, mais je ne me suis jamais sentie en danger. »

Une année chargée... et charnière


Oui, Camille Leclerc a bien passé un pallier. L'expérience emmagasinée n'y est certainement pas pour rien, l'entraînement non plus. Entre les stages en équipe de France et les douze séances hebdomadaires à l'INSEP, la progression est somme toute logique. « Non seulement je m'entraîne beaucoup, mais surtout je m'entraîne mieux. Je rentre encore plus dedans. Physiquement, j'ai passé un grand cap. Après, c'est toujours en dents de scie mentalement... Je vais essayer de voir un préparateur mental pour gagner un cran là-dessus. » Les échéances qui attendent la rameuse en valent la peine. Fin-mai, elle disputera les championnats d'Europe en double, probablement avec la Grenobloise Laura Tarantola. L'objectif d'entrer dans le Top 12 est quasi fondamental en vue des championnats du monde, lesquels se dérouleront en septembre. C'est cette compétition, organisée à Aiguebelette, qui ouvrira les portes des Jeux Olympiques. Le défi est grand pour les Françaises, dans une catégorie des poids légers loin de figurer parmi les meilleures sur la scène internationale. « On monte petit à petit en puissance », souligne néanmoins la nouvelle championne de France.


Avant de se replonger dans une succession de stages, Camille Leclerc peut prendre le temps de savourer de son succès. « C'est une récompense personnelle, un aboutissement personnel. Je suis fière de l'avoir fait. » L'étudiante en école de kiné, qui continue de mener les deux de front avec réussite, briguera un huitième titre national début juin. Cette fois, ce sera avec Agathe Pichon, grande absente des championnats de France en raison de pépins physiques. Le duo caennais rêve de conserver l'or obtenu avec brio l'année dernière. De belles perspectives en vue pour la Société Nautique de Caen et du Calvados.

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