Tension, émotion, et Le Kremlin-Bicêtre champion

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Futsal. Kremlin-Bicêtre United – Toulon TE 5-5 (5-4 tab), finale du Championnat de France D1. L'affiche proposée par la Fédération française de football promettait et elle n'a pas déçu. Il faut bien avouer que ce n'est pas toutes semaines que les amateurs de futsal peuvent profiter d'une opposition mettant aux prises les deux meilleures formations hexagonales. Quand de surcroît, le favori de cette finale du championnat de France, Le Kremlin-Bicêtre, peut compter sur un kop survolté d'une centaine de personnes aussi bruyants les unes que les autres. Malgré une assistance étrangement clairsemée (les joies de la plage auraient-elles eu raison de cette affiche ?), ça sentait la poudre dans un Palais des Sports plus habitué au basket et au handball. Quoi de mieux cependant comme vecteur de développement de l'activité futsal que ce must de la discipline ?



La minute d'Abdelssamad Mohammed


Les débats étaient lancés sur de bonnes bases et il ne fallait pas attendre bien longtemps pour voir le tableau lumineux s'activer. Le Toulonnais Juanito se fendait d'une remontée du terrain en solo côté gauche et distillait une belle frappe croisée millimétrée qui trompait Mohammed (0-1, 5') et refroidissait les ardeurs initiales des Franciliens, bien rentrés dans la partie. Ça allait d'un but à l'autre et les Kremlinois n'étaient pas en reste. Belhaj, un des internationaux français du contingent val-de-marnais, trouvait le répondant nécessaire et se muait en renard des surface, giclant au second poteau pour propulser le ballon au fond des filets (1-1, 7').

Mais après Juanito, c'est une autre cartouche de l'armada hispanophone toulonnaise (cinq Espagnols, en plus de trois Brésiliens) qui sortait de sa boîte. Busquets commençait alors son show et venait donner un nouvel avantage aux Varois qui, malgré un statut d'outsider, faisaient montre d'une belle maîtrise (1-2, 8'). Explosivité, technicité, tous les ingrédients étaient réunis pour que les spectateurs se régalent autour d'une finale plus ouverte qu'il n'y paraissait avant-coup.

Les gardiens tenaient également à montrer qu'ils n'étaient pas venus pour faire du tourisme. Sergi côté varois, tout en élasticité, et Mohammed, en version roc massif, affichaient chacun d'entre eux les spécificités différentes de ce poste si particulier. S'ensuivait alors la minute Abdelssamad Mohammed, lui aussi rejeton de la sélection tricolore. A peine entré en jeu, il allait faire admirer sa patte gauche, tout d'abord à la réception d'un corner (2-2, 12') avant dans les secondes qui suivaient d'expédier une frappe puissante à distance qui trouait l'infortuné Sergi (3-2). Toulon venait de prendre un coup sur la tête et allait au fil des minutes rencontrer les pires difficultés à approcher l'arrière-garde adverse, au point de rentrer aux vestiaires avec ce petit but à refaire.


Les prolongations pour Toulon au buzzer


Changement de configuration au retour des vestiaires. La fluidité collective et l'expression individuelle laissaient davantage place à une succession de duels qui devenaient au fil des minutes de plus en plus âpres, excessifs pour certains. L'équipe du Kremlin-Bicêtre instaurait un rapport de force que les Varois avaient bien du mal à endiguer. Les joueurs de Mastropierre commençaient néanmoins à sortir de la tête de l'eau et Fuentes était à deux doigts d'égaliser mais perdait son duel face à l'envergure de Mohammed.

La seconde période était plus décevante, la tension montait sur le terrain, et les Franciliens défendaient leur but d'avance comme des morts de faim. L'issue finale approchait, Fuentes encore lui frappait le poteau et le score restait en l'état, jusqu'aux derniers instants de la partie où Christophe Paitreault, arbitre international originaire de Caen, venait punir une intervention de la main d'un défenseur kremlinois dans la surface, tout cela … à 7 centièmes de seconde du buzzer. Cruel pour les partenaires de Tache. Quoi qu'il en soit, Busquets conservait suffisamment de sang-froid pour égaliser (3-3) et envoyer tout ce petit monde en prolongations.


Une folle séance de tirs aux buts


Une équipe de Toulon évidemment revigorée, des Franciliens qui venaient de prendre un coup sur la tête, la donne venait de changer, et le scénario hitchcockien entrevu depuis quarante minutes prenait alors une autre dimension et la combinaison à une touche de balle des Varois offrait sur un plateau un nouveau but à Busquets (3-4, 43'). Trop peu cependant pour enfoncer un Belhaj qui profitait du travail de ses partenaires pour relancer son équipe (4-4, 46'). Et il ne fallait pas plus de deux minutes supplémentaires pour que le Brésilien Da Silva ne croie délivrer tout un peuple à deux minutes du terme 5-4, 48'). Mais c'était sans compter sur la force mentale des p'tits gars du Sud qui venait à 40 secondes du buzzer, expédier une mine à distance que le poteau aidait gentiment à finir au fond des filets. Incroyable !

Place donc à la terrible séance des tirs aux buts (3 tireurs par équipe). Les premiers tireurs de chaque équipe faisaient preuve d'une maîtrise étonnante pour maintenir un suspense haletant. Place par la suite aux premières mises en échec. Toulon faisait le choix de changer son gardien pendant la séance. Aigoun a le pénalty de la victoire au bout du pied mais le jeune gardien toulonnais repousse. Commençait alors une grosse polémique lorsque monsieur Paitreault se décidait à faire retirer. Après l'expulsion de deux Varois et des énervements en tous genres, ce même Aigoun offrait finalement le titre et un ticket pour la coupe d'Europe au Kremlin-Bicêtre United. Hugo Sintra, le coach des vainqueurs, ne revenait pas de « ce scénario fou. J'ai plus que tout apprécié la détermination incroyable montrée par les joueurs. Malgré le fait qu'on se soit retrouvé à 5 fautes, on a gardé cette même envie. Je suis très fier des garçons. Personnellement, je n'ai jamais connu un tel match. Psychologiquement, ç'a été très dur. Notre objectif de début de saison était d'atteindre les play-offs. Une fois atteint cet objectif, évidemment on voulait ce titre. De mon côté, la coupe d'Europe, ce sera une première avec Le Kremlin-Bicêtre. C'est beau. » Dans le camp des vaincus, c'est un Felice Mastropierre sous le coup de la déception qui a accepté de nous livrer sa réaction dès le coup de sifflet final : « ce match, c'est beaucoup d'émotion. On aurait mérité de gagner. Perdre sur le terrain ne m'aurait pas dérangé. Mais redonner une chance à l'adversaire alors que notre gardien a stoppé son tir au but, c'est très dur, et injuste… Malgré tout cela la bataille a été belle et dans mon esprit on a gagné. Je suis très très fier des joueurs. » Le mot de la fin sera pour Mickaël Tache, capitaine heureux du KB United : « c'était une superbe rencontre de futsal. C'a été du 50/50 au niveau du mérite. On a connu un scénario fou, avec cette victoire qui nous tendait les bras jusqu'à 7 centièmes de la fin. Toulon a ensuite pris l'ascendant durant la prolongation mais on a repris le dessus pour rafler la mise aux tirs aux buts. Personnellement il y a deux semaines je ne m'imaginais pas jouer cette rencontre à cause d'une blessure. C'était en plus mon dernier match, alors forcément, arrêter sur ce titre c'est magnifique. » Mais samedi au Palais des Sports, c'est le futsal qui a gagné.


 


KREMLIN-BICETRE - TOULON : 5-5 (3-2) / 5-4 tab

Arbitre : M. Paitreault.

KREMLIN-BICETRE : Belhaj, Tache, Pezeron, Rondon, Aigoun, Bouderigah, A. Mohammed, Da Silva, M. Mohammed, Sakrani, Lourenzo, Lopez. Ent : H. Sintra.

TOULON : Gomez, Busquets, Héréria, Gouled, Garibaldi, Souza, Rahotomalala, Kerroumi, De Menezas, El Hafiani, Fuentes, Guitierrez. Ent : F. Mastropierre.

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